légende
En Côte d’Ivoire, la rupture du dialogue entre Alassane Ouattara et Tidjane Thiam interroge l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, dont l’appel permanent à la concertation reste un repère pour la paix nationale et la cohésion nationale.
Abidjan, le 25 janvier 2026 (crocinfos.net) – Le Président Alassane OUATTARA et l’actuel leader du PDCI-RDA, Cheick Tidjane THIAM, se réclament tous deux de l’héritage politique et moral du père de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny.Alassane OUATTARA fut l’unique Premier ministre du Président Houphouët-Boigny, tandis que Cheick Tidjane THIAM est présenté comme le petit-fils et héritier direct de la chefferie akouè, ethnie du premier Président ivoirien.Depuis quelque temps, le dialogue est rompu entre ces deux hautes personnalités politiques du pays, pour des raisons essentiellement politiques. Pourtant, Félix Houphouët-Boigny aimait rappeler que « le dialogue est l’arme des forts », soulignant qu’il permet d’éviter les conflits et de préserver la paix.
Au nom de cette mémoire nationale, les deux dirigeants gagneraient à se rencontrer dans le cadre d’un dialogue inclusif.
Un tel échange serait non seulement un hommage à l’héritage du père fondateur, mais aussi un signal fort en faveur de la cohésion nationale, d’autant plus que les deux hommes furent, chacun à leur manière, liés à Félix Houphouët-Boigny.
La situation actuelle de Cheick Tidjane THIAM, président du PDCI-RDA et leader suivi par des millions de militants, suscite des interrogations. Ce dernier vit hors de Côte d’Ivoire et a récemment déclaré, lors d’une interview télévisée, craindre une arrestation s’il rentrait au pays. À ce jour, aucune information officielle ne fait état d’une procédure judiciaire engagée contre lui.
Dans ce contexte, un geste d’apaisement du président Alassane OUATTARA, en sa qualité de garant de l’unité nationale et de « père de la Nation », serait de nature à rassurer et à détendre le climat politique.
Pour faciliter ce rapprochement, le rôle des Premières dames, Mesdames Thérèse Marie Houphouët-Boigny et Dominique Ouattara, pourrait être déterminant. Toutes deux entretiennent une relation historique et symbolique avec la mémoire de Félix Houphouët-Boigny.
Leur médiation, fondée sur l’écoute et l’humanisme, pourrait contribuer à un dégel politique et à une réconciliation entre Alassane OUATTARA et Cheick Tidjane THIAM. Comme le dit l’adage, « la femme est mère » et porte en elle la sensibilité nécessaire à l’apaisement des tensions.
Cette initiative pourrait également bénéficier d’un soutien international.
À cet égard, l’ancien Président français Nicolas Sarkozy, ami de longue date du président Alassane OUATTARA, pourrait jouer un rôle de facilitateur et de garant moral d’une rencontre cruciale, souhaitée par une grande majorité d’Ivoiriens.
L’écrivain ivoirien Amadou Kourouma disait que « les morts ne sont pas morts ».
De là où il se trouve, Félix Houphouët-Boigny ne saurait être heureux de voir son petit-fils empêché de rentrer dans son pays sous la gouvernance de son ancien Premier ministre.
Il est donc temps d’apaiser les tensions, de « mettre balle à terre » et de rappeler que la politique ne doit pas diviser durablement. Humaniser les relations politiques demeure une exigence pour le bien-être et la stabilité des populations ivoiriennes.
Par Adou Évariste, analyste politique