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C R O C I N F O S

[Fournisseurs de l’État] Le SYNAFECI interpelle le gouvernement sur les impayés et la fiscalité

[Fournisseurs de l’État] Le SYNAFECI interpelle le gouvernement sur les impayés et la fiscalité

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Le SYNAFECI a exposé, mardi 22 septembre 2026 à Abidjan, ses préoccupations sur les impayés de l’État, la fiscalité et les difficultés administratives, tout en appelant le gouvernement à accélérer les règlements.

Abidjan, le 24 septembre 2026 (crocinfos.net) – Le Syndicat national des fournisseurs de l’État de Côte d’Ivoire (SYNAFECI) a présenté, mardi 22 septembre 2026 à la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, au Plateau, une série de préoccupations relatives au paiement des factures des fournisseurs de l’État et à la fiscalité.

Réunis de 11 h à 12 h 30 dans le cadre de la « Grande réunion des fournisseurs de l’État et des contribuables », les responsables du SYNAFECI ont notamment évoqué des créances qu’ils évaluent à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, ainsi que des difficultés rencontrées auprès de plusieurs administrations et structures publiques.

Plus de 39 milliards FCFA de créances évoqués

Parmi les principales préoccupations soumises depuis janvier 2024 au gouvernement ivoirien figure un montant global de 39 048 705 069 FCFA présenté par le SYNAFECI comme correspondant à des sommes dues par différentes structures étatiques.

L’organisation indique également avoir renouvelé certaines préoccupations fiscales auprès des autorités le 2 mars 2026.

Le syndicat cite notamment le cas du Trésor public, auquel il reproche de ne pas lui avoir communiqué une liste détaillée des paiements qu’il affirme avoir effectués.

Le SYNAFECI évoque, à ce titre, une somme de 34 645 149 994 FCFA qui, selon ses informations, concernerait des établissements scolaires chrétiens, catholiques, protestants et méthodistes. L’organisation affirme que le directeur général adjoint du Trésor public, Beugré Keffi Amos, aurait indiqué, par courrier, que cette somme avait été intégralement réglée.

Le SYNAFECI indique toutefois avoir sollicité, en juin 2026, les présidents de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire et de la Conférence de l’Église méthodiste de Côte d’Ivoire afin qu’ils se rapprochent eux-mêmes du Trésor public pour obtenir des informations sur cette créance.

L’organisation fait également état d’une autre créance de 997 001 250 FCFA qu’un établissement scolaire affirme ne pas avoir perçue.

Une créance remontant à 1987

Le SYNAFECI cite par ailleurs la situation d’une fournisseur de l’État, Adjoua Marie Antoinette D., âgée de 87 ans, dont la créance serait supérieure à 55 millions de FCFA et remonterait à 1987.

Selon l’organisation, environ 13 millions de FCFA seraient payés chaque année au titre de cette dette, alors qu’une autorisation de rallonge budgétaire au profit de la mairie de Gagnoa permettrait, selon elle, d’apurer définitivement la créance.

Le syndicat appelle ainsi les autorités compétentes à examiner cette situation et d’autres dossiers similaires.

Le cas de l’Inspection générale des finances

L’Inspection générale des finances (IGF) figure également parmi les préoccupations soulevées.

Le SYNAFECI affirme que certaines prestations, dont les montants avoisineraient 800 milliards de FCFA, n’auraient pas encore fait l’objet d’audits dont les conclusions seraient communiquées aux fournisseurs concernés.

L’organisation dit avoir reçu un courrier de l’IGF indiquant que les audits avaient été clôturés depuis 2023, tout en déplorant l’absence, selon elle, d’informations adressées individuellement aux fournisseurs sur la suite réservée à leurs dossiers.

Plus de deux milliards FCFA évoqués dans le dossier SOGEPIE

Le syndicat aborde également le dossier de la liquidation de la SOGEPIE, devenue SONAPIE.

Selon le SYNAFECI, plusieurs factures de fournisseurs de l’État, pour un montant estimé à plus de deux milliards de FCFA, resteraient impayées.

L’organisation affirme avoir sollicité une audience auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, présenté comme responsable de cette structure et représentant du gouvernement ivoirien dans le cadre de concertation avec le SYNAFECI.

La SNDI et les collectivités également concernées

La Société nationale de développement informatique (SNDI) est également citée dans le document présenté par le syndicat.

Le SYNAFECI estime que les sommes dues à certains fournisseurs pourraient atteindre des centaines de milliards de FCFA, pour des prestations réalisées notamment au profit de la Présidence de la République et d’autres structures publiques.

Selon l’organisation, les responsables de la SNDI expliqueraient certaines difficultés de paiement par la non-mise à disposition de subventions par le Trésor public. Le syndicat rapporte toutefois que le Trésor public contesterait cette explication et rappelle que la SNDI dispose d’une autonomie.

Le cas de la mairie de San Pedro est également évoqué. Le SYNAFECI affirme que la commune devait plus d’un milliard de FCFA à certains fournisseurs de l’État et que plusieurs créances resteraient impayées malgré différentes démarches auprès des autorités compétentes.

Les préoccupations fiscales au cœur des échanges

La Direction générale des impôts (DGI) constitue un autre volet important du plaidoyer du SYNAFECI.

L’organisation affirme avoir tenu plusieurs séances de travail et audiences avec l’administration fiscale depuis 2024, jusqu’au 10 septembre 2026, autour de différentes préoccupations.

Parmi celles-ci figurent les redressements fiscaux contestés par certains contribuables, les pénalités jugées excessives, les fermetures d’entreprises dénoncées comme abusives, ainsi que les modalités liées aux Factures normalisées électroniques (FNE) et aux Reçus normalisés électroniques (RNE).

Le SYNAFECI évoque également le cadre d’échange avec la DGI, le reversement d’une partie de la Taxe spéciale d’équipement (TSE) aux organisations professionnelles du secteur privé, ainsi que la question des mainlevées avant le règlement des factures.

Le SYNAFECI reconnaît certaines avancées

Dans son plaidoyer adressé au gouvernement ivoirien, le SYNAFECI reconnaît toutefois certaines mesures qu’il considère comme positives.

L’organisation cite notamment la création du Compte unique du Trésor (CUT), qui, selon elle, a contribué à réduire certaines difficultés liées au paiement des fournisseurs de l’État.

Elle mentionne également les appels d’offres électroniques comme une avancée dans la modernisation des procédures de commande publique.

Le syndicat estime néanmoins que plusieurs difficultés persistent dans les relations entre les entreprises, les contribuables et l’administration publique.

Une médiation fiscale réclamée

Au-delà des questions liées aux impayés, le SYNAFECI demande au gouvernement d’engager de nouvelles mesures pour améliorer l’environnement économique et fiscal.

L’organisation dénonce notamment ce qu’elle considère comme des inégalités de traitement des usagers, une lourdeur administrative et des difficultés dans le traitement des engagements, des audits et des factures des fournisseurs de l’État.

Elle appelle également à davantage de concertation entre les administrations et les opérateurs économiques.

Parmi ses principales propositions figure la suspension des FNE et RNE, le temps d’une concertation avec les acteurs concernés, ainsi que la mise en place d’un cadre d’échange fiscal.

Le SYNAFECI propose en outre la création d’un nouveau module de paiement des factures des fournisseurs de l’État et surtout d’une structure de médiation fiscale destinée à faciliter le règlement des différends entre contribuables et administration fiscale.

Un plaidoyer adressé au gouvernement

À travers cette réunion, le SYNAFECI entend donc maintenir le dialogue avec les pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées par les fournisseurs de l’État et les contribuables.

L’organisation dit apprécier l’existence du cadre de concertation avec le gouvernement ivoirien et souhaite que celui-ci permette de trouver des solutions concrètes aux dossiers qu’elle présente.

Le plaidoyer porte notamment sur le règlement des créances, l’amélioration des relations avec les administrations publiques, la clarification de certains dossiers d’audit et le renforcement du dialogue fiscal.

Le document est signé par Faustin Gré, président national du SYNAFECI, à Abidjan, le mardi 22 septembre 2026.

Médard KOFFI