le Secrétaire général du RESA-FISC, Zéreyé Zedou Narcisse
Le conflit entre BACID et RESA-FISC se intensifie après des accusations de mauvaise gestion des fonds et de violation des contrats. Les deux parties s’affrontent publiquement, chacun soutenant sa version des événements.
Abidjan (Côte d’Ivoire), 13 mars 2026 (crocinfos)---Le conflit entre le Bureau Africain de Construction d'Investissement et Divers (BACID) et le Renouveau Syndical des Agents du Fisc (RESA-FISC) s’intensifie. Après les déclarations publiques du directeur général de BACID, Rachidi Salami, sur la gestion financière et la revalorisation des prix dans le cadre de son projet immobilier, le Secrétaire général du RESA-FISC, Zéreyé Zedou Narcisse, a apporté une réplique détaillée qui soulève des questions cruciales sur la transparence financière et la gestion de ce projet destiné à loger des agents fiscaux.
M. Salami défend BACID, revalorisation des prix justifiée
Dans une interview télévisée, Rachidi Salami a justifié l’augmentation des prix des maisons par l’inflation des matériaux et la hausse de la valeur du terrain. Selon lui, BACID a reçu un total de 800 millions de FCFA pour la construction de logements, démentant les accusations de RESA-FISC qui affirment que deux milliards de FCFA auraient été transférés à l’entreprise. Salami a insisté sur le fait que les paiements effectués directement auprès de BACID étaient les seuls valides, rejetant les documents fournis par RESA-FISC comme non authentiques.
Salami a également contesté les montants avancés par Zéréyé, précisant que l’argent qu’il aurait reçu ne correspondait pas aux allégations. « Ce n'est pas BACID qui a reçu cet argent », a-t-il déclaré. Il a en outre rappelé que le projet immobilier avait démarré bien avant l’implication de RESA-FISC et que la superficie initialement convenue pour le projet était de 8 hectares et non 40, comme l’a affirmé Zéréyé.
Réponse du RESA-FISC, contestation sur la gestion des prix et des paiements
Zéreyé Zedou Narcisse n’a pas tardé à réagir, réfutant les explications de Salami. Pour lui, l’argument de la revalorisation des prix est inacceptable, en vertu des règles fondamentales du secteur immobilier. Il rappelle que les souscripteurs ont signé des contrats de réservation en 2018, dans lesquels le prix des maisons était clairement fixé. Selon Narcisse, toute modification des prix constitue une violation des engagements pris par le promoteur. "Le promoteur n’a plus le droit de réévaluer les prix après la signature des contrats", affirme-t-il.
Narcisse ajoute que les souscripteurs ont payé des acomptes via un compte de recouvrement géré par RESA-FISC, et non directement auprès de BACID. Il précise que des montants importants, atteignant plusieurs centaines de millions de FCFA, ont été collectés et transférés à l’entreprise, contredisant les affirmations de Salami selon lesquelles seuls les paiements directs seraient valides. « En moyenne, 100 millions de FCFA étaient transférés chaque mois », affirme-t-il, fournissant des preuves matérielles pour étayer ses propos.
Il accuse également BACID de mauvaise gestion en ne reconnaissant pas ces fonds, pourtant prévus dans un protocole d’accord signé par les deux parties. « Si vous ne reconnaissez pas des montants d’au moins 100 millions de FCFA qui transitent chaque mois dans vos livres comptables, cela montre un sérieux problème de gestion », dénonce Narcisse.
Le syndicaliste va plus loin en pointant des irrégularités dans la qualité des logements livrés par BACID. Il affirme que certaines maisons ne respectent pas les normes stipulées dans le cahier des charges, ce qui accentue le sentiment de méfiance envers le promoteur immobilier.
BACID se défend, preuves et respect des lois
Dans une lettre adressée à Maître Abie Modeste, avocat à la Cour, BACID a réfuté les accusations de Zéréyé et réitéré que les paiements effectués directement à BACID étaient les seuls valides. L’entreprise insiste sur le fait que les souscripteurs ayant respecté leurs engagements financiers ont bien été logés. Le PDG de BACID, Rachidi Salami, a qualifié de « contre-vérités » les accusations de Zéréyé, affirmant que l’entreprise n’a pas peur des accusations sans fondement et que les preuves de sa gestion étaient disponibles. Il a précisé que la société était prête à fournir ces éléments devant la justice, dans le cadre d'une procédure de règlement amiable.
En outre, BACID a dénoncé des "intrusions répétées" sur ses sites, qu’elle estime avoir perturbé ses activités et l’ordre public. Elle réaffirme son engagement à respecter les lois en vigueur et à faire preuve de transparence dans ses opérations.
Un projet immobilier dans l’impasse
L’affaire entre BACID et RESA-FISC met en lumière des dysfonctionnements financiers et contractuels dans un projet immobilier qui, au départ, visait à offrir des logements abordables aux agents fiscaux. Cependant, le projet s’est transformé en une véritable crise de confiance entre les parties prenantes, avec des accusations mutuelles de mauvaise gestion et de manipulation.
La question centrale demeure : comment un projet censé bénéficier aux souscripteurs a-t-il pu se transformer en un imbroglio financier et contractuel ? Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer si la justice tranchera en faveur de l'une ou l'autre des parties et si des mesures seront prises pour restaurer la confiance dans ce projet immobilier.
Charles KPAN