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À Abidjan, l’ONG Alliance Côte d’Ivoire a renforcé les capacités des journalistes sur la tuberculose, en prélude au lancement d’un concours national de productions médiatiques. Objectif : améliorer l’information, promouvoir le dépistage précoce et lutter contre la stigmatisation persistante liée à la maladie.
L’ONG Alliance Côte d’Ivoire intensifie son engagement dans la lutte contre la tuberculose en misant sur les médias. En prélude au lancement d’un concours national de productions médiatiques, l’organisation a réuni, le 3 avril 2026 à Abidjan, des professionnels de l’information pour une session de formation dédiée à cette maladie encore méconnue et stigmatisée.
Depuis 2016, Alliance Côte d’Ivoire s’impose comme un acteur majeur du leadership communautaire dans la lutte contre la tuberculose, aussi bien au niveau national que sous régional. Pour l’année 2026, l’organisation bénéficie d’un appui financier du partenariat international Stop TB Partnership, destiné à renforcer l’implication des personnes infectées et affectées, ainsi que la responsabilisation des communautés.
Dans ce contexte, les médias apparaissent comme un levier stratégique pour améliorer la sensibilisation, encourager le dépistage précoce et promouvoir l’observance du traitement. C’est dans cette dynamique qu’un Concours national des productions médiatiques sur la tuberculose, en lien avec les droits humains, est annoncé du 8 avril au 8 mai 2026. L’initiative est conduite sous l’égide du ministère de la Santé, à travers le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), en collaboration avec des organisations spécialisées et des plateformes médiatiques.
Intervenant lors de la formation, le professeur Domoua Serges Kouaho, pneumologue, a rappelé la gravité de la maladie. « La tuberculose demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. Elle se transmet par voie aérienne à travers des microgouttelettes émises par les malades contagieux », a-t-il expliqué. Il a insisté sur les signes d’alerte, notamment la toux persistante de plus de deux semaines, la fièvre nocturne, l’amaigrissement, la fatigue ou encore la perte d’appétit.
Selon lui, toute personne présentant ces symptômes doit être considérée comme un cas présumé et se rendre immédiatement dans un centre de santé pour un dépistage. Il a également rappelé que la prise en charge de la tuberculose est entièrement gratuite en Côte d’Ivoire, les médicaments étant fournis par l’État.
De son côté, Kambou Sansan, responsable du programme tuberculose, a mis en lumière un défi majeur : le déficit de notification des cas. « Près de 16 000 cas attendus ne sont pas recensés dans les centres de santé. Cela s’explique en grande partie par le manque d’information des populations », a-t-il déploré.
Il a souligné que de nombreuses personnes ignorent encore les symptômes de la maladie, tandis que d’autres pensent, à tort, que la tuberculose a disparu. Cette méconnaissance contribue à la propagation de la maladie et à la persistance de la stigmatisation. En Côte d’Ivoire, environ 37 % des patients tuberculeux subissent encore des discriminations au sein de leurs communautés.
Les populations vivant dans des conditions précaires, marquées par la promiscuité et le manque d’aération, sont particulièrement exposées. À cela s’ajoutent des facteurs comportementaux, tels que la consommation d’alcool ou de drogues, ainsi que des contextes de vulnérabilité liés aux déplacements de populations.
Face à ces défis, Alliance Côte d’Ivoire entend faire des journalistes des relais essentiels de l’information sanitaire. L’objectif est de diffuser des messages fiables, de promouvoir les structures de santé et de contribuer à briser les barrières d’accès aux soins.
À travers cette initiative, l’ONG espère accroître significativement le taux de dépistage et de notification des cas, tout en réduisant la stigmatisation. Une démarche qui s’inscrit dans la vision globale de santé publique : ne laisser personne de côté dans la lutte contre la tuberculose.
Y. KOBO