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[Eau potable en Côte d’Ivoire] Amedé Koffi Kouakou prévoit des travaux pour renforcer la distribution

[Eau potable en Côte d’Ivoire] Amedé Koffi Kouakou prévoit des travaux pour renforcer la distribution

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La Côte d’Ivoire dispose de capacités importantes de production d’eau potable, mais son acheminement demeure un défi, notamment à Abidjan, où l’urbanisation rapide exige le renforcement des réseaux de distribution.

Abidjan, le 22 septembre 2026 (crocinfos.net) – À l’occasion des Journées Portes Ouvertes du Groupe de la Banque mondiale, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amedé Koffi Kouakou, est intervenu lors d’un panel de haut niveau consacré à « La problématique de l’Eau pour une croissance inclusive ».

En présence de Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice de Division de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, le ministre a d’abord salué la coopération entre la Côte d’Ivoire et l’institution financière internationale.

Selon lui, ce partenariat se traduit par plusieurs investissements structurants au bénéfice des populations. Parmi les projets cités figure le Projet d’Appui à la Sécurité de l’Eau et à l’Assainissement (PASEA), inscrit dans un programme global de financement de 825 millions de dollars destiné à soutenir l’accès à l’eau et à l’assainissement.

À Abidjan, le défi reste celui de la distribution

Pour le gouvernement, l’accès universel et continu à l’eau potable constitue une priorité. Le ministre a toutefois relevé que la principale difficulté ne réside pas nécessairement dans la disponibilité de la ressource, mais dans la capacité des infrastructures à l’acheminer jusqu’aux populations.

Cette situation est particulièrement visible à Abidjan, où l’extension rapide des zones urbaines n’a pas toujours été suivie par le développement des réseaux de distribution.

« Du coup, le 1 million de m³, nous ne distribuons que la moitié. Donc, il y a de l’eau pour la population. Mais je l’ai dit aussi, ce que vous voyez, Abidjan s’est agrandi et malheureusement ce qu’il faut, ce sont les canalisations pour donc amener de l’eau dans ces quartiers-là », a expliqué Amedé Koffi Kouakou.

Cette situation met en évidence le décalage entre les capacités de production disponibles et les infrastructures nécessaires pour assurer leur acheminement vers les quartiers nouvellement urbanisés.

Des travaux pour renforcer les réseaux

Face à cette problématique, le gouvernement entend accélérer le développement des infrastructures hydrauliques. Amedé Koffi Kouakou a indiqué que des dispositions sont prises en collaboration avec le Premier ministre, sur instruction du Président de la République, afin d’améliorer la desserte des populations.

« Nous y travaillons avec Monsieur le Premier Ministre sur les instructions du Président de la République. Bientôt, les travaux auront démarré, de sorte que toute cette eau disponible puisse arriver aux populations », a-t-il annoncé.

Le ministre a précisé que cette problématique dépasse le seul cadre d’Abidjan. Plusieurs grandes villes de l’intérieur disposent également de ressources en eau, mais nécessitent un renforcement de leurs infrastructures de distribution.

« À Bouaké nous avons de l’eau, à San-Pédro nous avons de l’eau, dans beaucoup de grandes villes nous avons de l’eau », a-t-il relevé.

Dans les zones confrontées à la baisse du niveau des nappes phréatiques ou au tarissement de certains forages, des solutions alternatives sont également envisagées pour maintenir la continuité de l’approvisionnement, aussi bien en milieu urbain que rural.

Du taux de couverture à l’accès effectif

Au-delà du développement des infrastructures, le ministre a insisté sur la nécessité de mesurer les progrès à partir de l’accès réel des populations à l’eau potable.

Il a ainsi établi une distinction entre le taux de couverture, qui renvoie à l’existence du service, et le taux d’accès, qui traduit la possibilité effective pour les populations de disposer de l’eau potable.

« Ce qui est important pour nous, c’est qu’il faut que vous puissiez accéder à l’eau potable (…) Ce que nous, on veut, c’est l’accès. Il faut que l’eau arrive chez vous », a affirmé le ministre.

Le gouvernement entend notamment améliorer le raccordement des populations lors de la mise en service de nouveaux réseaux dans les villages et les localités.

« Nous sommes en train de travailler pour que chaque fois qu’on va mettre de l’eau dans un village ou dans une petite localité, tout le monde soit connecté en même temps », a-t-il ajouté.

Eau potable et assainissement, un même enjeu

Le ministre a également insisté sur le lien entre l’accès à l’eau potable et l’assainissement. L’augmentation de la consommation d’eau entraîne mécaniquement une production accrue d’eaux usées, dont la collecte, l’évacuation et le traitement constituent des enjeux importants pour la santé publique et le cadre de vie.

« L’assainissement, quand vous avez de l’eau potable, lorsque vous utilisez l’eau, automatiquement de l’eau usée, donc c’est de l’eau sale. Évidemment, le traitement des deux va ensemble », a expliqué Amedé Koffi Kouakou.

Il a également appelé à une meilleure maîtrise des eaux usées afin d’éviter leur rejet ou leur circulation sans contrôle dans les espaces habités.

« Parce que si les milieux ne sont pas bien assainis, vous pouvez tomber malade », a-t-il prévenu.

À travers cette approche, le département de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité entend agir simultanément sur la production d’eau potable, le renforcement des réseaux de distribution, l’accès effectif des populations et la gestion des eaux usées.

Médard KOFFI