À titre d'illustration
Le président Alassane Ouattara aurait suspendu les cérémonies d’hommage du RHDP, jugées coûteuses et sources de tensions internes, ouvrant un débat sur la réorientation des ressources publiques vers les besoins sociaux prioritaires.
ABIDJAN, 2 juillet 2026 (crocinfos)– La décision prêtée au président ivoirien Alassane Ouattara par le confrère Africa Intelligence dans sa publication du jour, de suspendre les cérémonies d’hommage organisées en son nom par le parti au pouvoir pourrait traduire un recentrage de l’action politique vers les investissements concrets et les préoccupations sociales, au détriment de manifestations jugées coûteuses et politiquement instrumentalisées.
Selon Africa Intelligence, le chef de l’État aurait demandé l’arrêt de ces cérémonies initiées par des cadres, élus et militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Aucune confirmation officielle n’avait été apportée par la présidence ou la direction du parti au moment de la publication.
Plusieurs régions, dont le Tonkpi, le Guémon et San Pedro, préparaient des rassemblements d’envergure. Dans le Tonkpi, une cérémonie prévue le 11 juillet a été reportée à une date ultérieure par le président du conseil régional et ministre-conseiller à la présidence, Abdallah Albert Toikeusse Mabri, sans précision sur les motifs.
Ces cérémonies, financées par des contributions locales issues d’élus, de cadres et d’opérateurs économiques, auraient vu leurs coûts augmenter au fil des années, suscitant des réserves dans un contexte de tensions liées au coût de la vie. Elles s’inscrivent dans un environnement où les attentes sociales demeurent fortes, notamment en matière d’infrastructures routières, d’accès à l’eau potable, d’emploi des jeunes, de santé et d’éducation.
Au-delà de leur dimension financière, ces événements seraient devenus des espaces de compétition interne au sein du RHDP. La dernière grande cérémonie connue s’est tenue le 9 mai à Touba, dans la région du Bafing, où des appels à la cohésion interne avaient été lancés face à des tensions entre cadres locaux. Un précédent rassemblement à Adzopé avait déjà mis en évidence des divergences internes, marquées par l’absence de plusieurs hauts responsables du pouvoir.
Dans ce contexte, la suspension évoquée pourrait être interprétée comme une tentative de limiter les rivalités internes et de réorienter les ressources politiques vers des actions plus directement perceptibles par les populations.
La portée exacte de la mesure reste toutefois incertaine en l’absence de déclaration officielle. Il n’est pas établi s’il s’agit d’une interdiction définitive, d’une suspension temporaire ou d’un encadrement renforcé.
Si elle est confirmée, cette orientation pourrait signaler un changement de méthode politique, privilégiant la réponse aux besoins socio-économiques plutôt que la multiplication de cérémonies publiques de soutien, dont l’utilité est de plus en plus interrogée au sein de l’opinion.
Charles Kpan