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À Abidjan, OPESEA-Vie et UAF-A ont lancé une campagne médiatique et digitale pour promouvoir l’intégration du genre dans le futur Code minier ivoirien, à l’approche des débats sur la réforme du secteur.
Abidjan, le 22 juillet 2026 (crocinfos.net) – OPESEA-Vie et UAF-A mobilisent les médias pour intégrer l’égalité de genre dans le futur Code minier ivoirien et promouvoir un secteur extractif plus inclusif.
Côte d’Ivoire : OPESEA-Vie plaide pour l’intégration du genre dans le futur Code minier
L’Organisation pour la prévention, l’environnement, la santé, l’éducation et l’agriculture-vie (OPESEA-Vie), avec l’appui d’Urgent Action Fund-Africa (UAF-A), a lancé une campagne de plaidoyer médiatique et digital en faveur d’une meilleure intégration de la dimension genre dans le futur Code minier ivoirien.
Cette initiative a été officiellement présentée lors d’un atelier de mobilisation des médias organisé mardi 21 juillet 2026 à Abidjan. Elle intervient alors que la Côte d’Ivoire procède à la révision de son Code minier de 2014, afin de l’adapter aux nouveaux défis du secteur extractif.
À travers cette campagne, les initiateurs entendent sensibiliser l’opinion publique et interpeller les décideurs sur la nécessité d’intégrer explicitement la notion de genre dans le nouveau texte avant son adoption.
L’absence de dispositions spécifiques dénoncée
Selon les acteurs de la société civile engagés dans ce plaidoyer, le projet de réforme du Code minier introduit plusieurs innovations techniques. Toutefois, ils déplorent l’absence de dispositions suffisamment explicites en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.
La secrétaire générale de l’OPESEA-Vie, Kouahilou Siamy Lydie, a ainsi présenté la campagne comme une « offensive médiatique et digitale d’urgence ». Elle a invité les journalistes à relayer largement les propositions contenues dans le mémorandum de plaidoyer afin de contribuer à influencer les débats parlementaires à venir.
Des femmes davantage exposées aux conséquences de l’exploitation minière
Pour l’organisation, les femmes figurent parmi les premières victimes des impacts sociaux et économiques liés à l’exploitation minière, alors qu’elles demeurent largement sous-représentées dans les instances de gouvernance et les emplois du secteur.
Elles sont notamment confrontées à des difficultés d’accès aux compensations foncières, à la précarité économique, aux risques sanitaires liés aux activités minières ainsi qu’aux violences basées sur le genre sur les sites d’exploitation.
Face à ces inégalités, un consortium d’organisations de la société civile a élaboré un mémorandum proposant plusieurs amendements au projet de Code minier.
Des quotas et des mécanismes de protection proposés
Parmi les principales recommandations figurent l’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans les instances de gouvernance minière et au sein des entreprises extractives. Le mémorandum préconise également de réserver 15 % des marchés de sous-traitance aux entreprises dirigées par des femmes.
Les organisations proposent par ailleurs que les compensations soient directement versées aux exploitantes agricoles concernées, ainsi que la mise en place de mécanismes obligatoires de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre sur les sites miniers.
Le mémorandum recommande également l’introduction de sanctions en cas de non-respect des engagements en matière d’inclusion.
Vers un secteur minier plus inclusif
Au-delà de la défense des droits des femmes, les initiateurs de cette campagne estiment qu’une meilleure prise en compte de la dimension genre contribuerait à améliorer la gouvernance du secteur minier, à favoriser une redistribution plus équitable des retombées économiques et à promouvoir une croissance plus inclusive.
Prévue sur quatre semaines, la campagne s’appuiera notamment sur les réseaux sociaux autour du mot-dièse #MonCodeMinierInclusif. L’objectif est d’amplifier les messages de plaidoyer et de susciter un débat national sur l’avenir d’un secteur minier ivoirien davantage inclusif et équitable.
Médard KOFFI