À titre d'illustration
Les députés ivoiriens arborent fièrement l'écharpe du pouvoir, mais quelle est la véritable signification de cet attribut symbolique ? Ce texte explore les enjeux et l'influence de ces symboles dans les circonscriptions politiques.
Par Pascal Kouassi
Ils sont présidents d'institution, ministres d'État, ministres, DG... Ils se sont fait élire députés et ont cédé la place à d'autres militants de leur parti. J'ai vu des députés suppléants poser fièrement avec leurs bienfaiteurs, l'écharpe sur l'épaule droite dans une position altière, souriant comme un génie devant le gros animal offert par le demandeur du bonheur.
Dans une circonscription même, on a demandé à la population de choisir le candidat du pouvoir afin que leur ville soit comme Yamoussoukro.
Ils n'étaient pas assez forts pour rivaliser avec leurs adversaires. S'ils s'étaient présentés eux-mêmes, beaucoup d'entre eux auraient échoué, hormis bien sûr dans les régions où l'évocation du seul nom du président du parti fait gagner les élections. On lit la joie sur leur visage. Désormais "Honorable". Ils doivent avoir le triomphe modeste. À Botro, Dimbokro, Yamoussoukro et bien d'autres circonscriptions, on a voté le titre et la poche du candidat. Des populations qui veulent avancer au même titre que les autres ont finalement décidé de voter pour les candidats du pouvoir, qui procurent le bonheur au quotidien, qui font rêver; d'autres n'ont pas voulu verser par terre le visage du candidat ministre choisi par le président et, par conséquent, tourner le dos au développement et au succès de leurs enfants : "opposant ne procure pas d'emplois." Dans une circonscription même, on a demandé à la population de choisir le candidat du pouvoir afin que leur ville soit comme Yamoussoukro. Vous connaissez des Ivoiriens qui n'aiment pas l'argent, qui n'aiment pas le bonheur tout court ?