favicon
C R O C I N F O S

[JSCST 2026] Tiassalé lance huit jours de fête et un appel fort contre l’orpaillage clandestin

[JSCST 2026] Tiassalé lance huit jours de fête et un appel fort contre l’orpaillage clandestin

légende

La ville de Tiassalé a officiellement lancé samedi 29 août 2026 la 8e édition de ses Journées socio-culturelles et sportives, avec un appel fort à combattre l’orpaillage clandestin et à renforcer la cohésion sociale locale.

Tiassalé, le 1er septembre 2026 (crocinfos.net) – La ville de Tiassalé a officiellement lancé, ce samedi 29 août 2026, la 8ᵉ édition de ses Journées socio-culturelles et sportives de Tiassalé (JSCST). Organisée sur l’esplanade de la mairie, la cérémonie d’ouverture a été marquée par les traditionnels défilés des différentes couches socioprofessionnelles, des associations, des jeunes, des femmes ainsi que des communautés vivant dans la commune.

Pendant huit jours et huit nuits, Tiassalé vibrera au rythme de nombreuses compétitions sportives, prestations artistiques, activités culturelles et rencontres communautaires. Particularité de cette édition : les compétitions sont désormais ouvertes à des participants venus de plusieurs localités du pays, notamment Abidjan, Aboisso, Bingerville, Lakota, Béoumi, Yamoussoukro, Dabou et Taabo. Une ouverture nationale qui confirme, selon les organisateurs, la montée en puissance de l’événement.

La veille de la cérémonie officielle, une vaste opération de nettoyage avait été organisée dans la ville. Le maire Assalé Tiémoko y avait lui-même pris part aux côtés des populations, dans le but de rendre la commune propre et accueillante avant le démarrage des festivités.

Lancées en 2018, les JSCST avaient pour ambition de proposer aux jeunes des activités structurées pendant les grandes vacances, de valoriser les talents locaux et de renforcer les liens entre les différentes communautés. Huit ans plus tard, la manifestation est présentée par le maire comme le plus grand événement socio-culturel et sportif de la région de l’Agnéby-Tiassa. Elle constitue également une période d’intense activité pour les hôtels, les restaurants, les transporteurs, les artisans et les commerçants de la ville.

« Le danger est dans nos assiettes »

Placée sous le thème « Intégrité, engagement citoyen, amour de la patrie et lutte contre l’orpaillage illégal », cette 8ᵉ édition a également servi de tribune au maire pour dénoncer les ravages de l’exploitation clandestine de l’or.

Dans son discours, Assalé Tiémoko a insisté sur les conséquences de cette activité sur les sols, les terres agricoles, les forêts, les cours d’eau et la santé des populations. Pour lui, la lutte contre l’orpaillage illégal doit être considérée comme « un devoir patriotique », car aucun développement durable ne peut se construire sur la destruction de l’environnement.

Sortant de son discours écrit, le maire s’est particulièrement adressé aux chefs de village et aux garants des communautés.

« Certains disent que les chefs des villages sont complices. Alors, je voudrais parler aux chefs de Tiassalé, aux garants des communautés : ne laissez pas les orpailleurs clandestins s’installer sur vos sols », a-t-il lancé.

Assalé Tiémoko a ensuite durci le ton : « Le chef qui va se livrer à ça aura pour premier ennemi le maire de la ville. On ne va pas accepter ça. »

Pour illustrer la gravité de la situation, il a évoqué les terres agricoles détruites dans certaines zones du pays, où les populations ne pourraient plus cultiver ni manioc, ni igname, ni cacao, « tout ça pour quelques grammes d’or ».

« Nous devons tous être vigilants. Parce que le danger est dans nos assiettes. Le danger est dans nos verres », a-t-il averti, en référence à la pollution des sols, des cultures et des ressources en eau.

Le maire a aussi interpellé les services chargés de la surveillance des forêts, s’étonnant que les tronçonneuses et les planches soient rapidement repérées, tandis que des bulldozers parviennent à pénétrer dans les forêts classées.

« Ou bien les bulldozers se transforment en vélos pour rentrer dans les forêts ? », a-t-il ironisé, avant d’ajouter que chacun devait assumer sa part de responsabilité.

Le sport et la culture comme instruments de cohésion

Représentant le préfet du département de Tiassalé, le sous-préfet Assalé Essé a, pour sa part, rappelé que la culture et le sport ne se limitaient pas au divertissement. Ils constituent, selon lui, des instruments essentiels de cohésion sociale, de fraternité et de vivre-ensemble.

Il a invité les populations, particulièrement les jeunes, à participer activement aux différentes activités inscrites au programme afin de partager leurs passions, renforcer les liens d’amitié et apprendre les uns aux côtés des autres.

Félicitant le maire et son équipe pour l’organisation de la manifestation, le représentant de l’autorité préfectorale a souhaité que cette édition soit « un moment inoubliable, un moment de communion et un moment de fraternité », avant de déclarer officiellement ouvertes les 8ᵉ Journées socio-culturelles et sportives de Tiassalé.

Durant une semaine, la ville ambitionne ainsi de conjuguer fête, sport, culture, citoyenneté et sensibilisation environnementale. Avec, en toile de fond, un message ferme : la protection des terres, des forêts et des cours d’eau ne relève pas seulement des autorités, mais de la responsabilité de tous.

Médard KOFFI