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Le peuple ivoirien, après une longue attente silencieuse, ne murmure plus. Il juge. Yaya Fofana, président du Mouvement des Forces d’Avenir, appelle à comprendre ce moment historique où la réalité doit prévaloir.
Par Yaya Fofana, président MFA
Il y a des moments où le silence d’un peuple devient plus lourd que tous les discours.
Pendant longtemps, on a cru que le peuple ivoirien se taisait. En réalité, il observait. Il retenait. Il attendait.
Un peuple ne parle pas toujours avec des mots. Il parle avec ce qu’il endure. Et surtout avec ce qu’il finit par ne plus accepter.
Et quand ce moment arrive, il ne fait pas de bruit. Il s’impose.
Un peuple patient n’est pas un peuple faible. C’est un peuple qui sait que le temps finit toujours par lui donner raison.
Aujourd’hui, ce temps approche.
Dans les quartiers, dans les villages, dans les marchés, dans les gbakas, une même parole circule, sans agitation mais avec gravité.
On veut être respectés.
Pas dans les promesses.
Pas dans les annonces.
Pas dans les cérémonies.
Mais dans la réalité.
Le peuple ne demande pas l’impossible.
Il demande de vivre dignement.
De voir ses efforts reconnus.
De sentir que sa vie compte réellement dans les décisions prises en son nom.
C’est simple. Mais c’est fondamental.
On peut parler de croissance.
On peut montrer des chiffres.
On peut inaugurer des projets.
Mais quand la réalité du peuple ne change pas profondément, la réussite devient fragile.
Et parfois même… contestée dans le silence.
Car le peuple n’est pas contre le progrès.
Il veut en faire partie.
Il ne rejette pas les efforts.
Il veut en voir les fruits.
Un peuple peut patienter longtemps.
Il peut comprendre les contraintes.
Il peut accepter les sacrifices.
Mais il n’accepte jamais durablement d’être tenu à distance.
Quand cette distance s’installe, doucement, presque invisiblement, ce n’est plus seulement une incompréhension.
C’est un écart qui grandit.
Et l’histoire nous enseigne une chose simple.
Quand l’écart devient trop grand, le temps se charge de le réduire.
Toujours.
C’est pourquoi il faut entendre ce moment avec lucidité.
Car gouverner, ce n’est pas seulement diriger.
C’est sentir.
C’est anticiper.
C’est parfois accepter de passer le relais au bon moment, pour protéger l’essentiel.
Dans la tradition houphouëtiste, les grandes décisions ne se prennent pas sous la pression des événements, mais dans la maîtrise du temps, lorsque celui qui conduit comprend qu’il est parfois plus grand de transmettre que de durer.
L’alternance n’est pas une faiblesse.
C’est une preuve de maîtrise.
C’est la marque des grandes nations.
Et surtout, la signature des grands hommes d’État.
Il y a dans l’histoire des rendez-vous silencieux que seuls certains savent reconnaître.
Des moments où l’on ne perd rien en transmettant.
Au contraire…
On gagne tout.
Respect.
Héritage.
Reconnaissance durable.
Car au fond, ce n’est pas la durée au pouvoir qui fait la grandeur.
C’est la manière dont on choisit de le quitter.
La Côte d’Ivoire est à ce type de moment.
Un moment rare.
Un moment précieux.
Un moment que l’histoire observe déjà.
Il y a ceux qui attendent que les choses leur échappent.
Et il y a ceux qui choisissent d’écrire eux-mêmes la suite.
Le peuple, lui, avance.
Calmement.
Silencieusement.
Mais sûrement.
Et quand il arrive à maturité, il ne conteste plus.
Il décide.
Alors il faut écouter ce qui ne se dit pas encore publiquement.
Comprendre ce qui ne s’exprime pas encore bruyamment.
Car c’est là que se joue l’essentiel.
Et que chacun prenne ses responsabilités.
Devant le peuple.
Devant le temps.
Devant l’histoire.
Car à la fin, il n’y a ni bruit ni agitation.
Il y a un verdict.
Le peuple ne murmure plus.
Il juge.
Fait, le 19 avril 2026