Jean-Claude Coulibaly, président du Conseil Exécutif...
Jean-Claude Coulibaly et Bertin N’Guessan suspendent leur participation à la médiation de l'UNJCI après l'assignation judiciaire de Franck ETTIEN. Cette décision survient en plein processus de désescalade, suite à une plainte pour « faux ».
Abidjan, 3 mars 2026 (crocinfos) – Jean-Claude Coulibaly, président du Conseil Exécutif, et Bertin N’Guessan, président du Conseil d'Administration de l’Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), ont co-signé un communiqué conjoint annonçant leur suspension du processus de médiation lancé par le Conseil des Sages. Cette décision fait suite à l'assignation judiciaire de Franck ETTIEN, membre sortant du Conseil exécutif et candidat à la présidence de l’UNJCI, accusé de « faux et usage de faux ».
Le lundi 23 février dernier, le Conseil exécutif et le Conseil d'administration de l’UNJCI avaient été reçus au domicile du président du Conseil des sages, Yao Noël, pour discuter d'un plan de sortie de crise, alors qu’une plainte pour « faux et usage de faux » avait été déposée quelques jours plus tôt par le Collectif pour le respect des textes de l’UNJCI. Cette rencontre avait rassemblé Mme Marie-Paule Djédjé, membre du Conseil des Sages, ainsi que MM. Honorat de Yedagne et Amos Béonaho, membres du Collectif des past-présidents de l'UNJCI. Les échanges ont porté sur un plan visant à désamorcer les tensions au sein de l’organisation. Ce processus avait été conçu dans un esprit de dialogue et de responsabilité collective, excluant toute action judiciaire afin de préserver l’unité de la profession.
...et Bertin N’Guessan, président du Conseil d'Administration de l’Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI). Ph.Dr
Cependant, selon le communiqué, « notre surprise et notre profonde amertume » ont été grandes lorsqu'ils ont appris que Franck ETTIEN avait reçu, le matin même, une assignation à comparaître devant le juge pénal pour une affaire de faux, suite à une plainte déposée par le Collectif pour le respect des textes de l'UNJCI. Les deux responsables ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « coup de pouce » judiciaire, considérant cela comme une rupture avec l’esprit du processus de médiation en cours. Ils rappellent que l'UNJCI a pour mission de défendre les droits et la dignité des journalistes, et non de devenir le théâtre de confrontations judiciaires internes. « Notre organisation ne saurait devenir un espace où des journalistes contribuent à l'incarcération d'autres journalistes pour des différends relevant de la vie associative », soulignent-ils.
Dans ce contexte, le Conseil d'administration et le Conseil exécutif ont décidé de suspendre leur participation à la médiation jusqu’au retrait de la plainte portée devant la juridiction pénale. Ils appellent toutes les parties concernées à faire preuve de responsabilité, de retenue et à respecter les engagements pris dans le cadre du dialogue.
L’UNJCI, fondée pour promouvoir la solidarité et les droits des journalistes, se retrouve ainsi dans une situation délicate, alors que la crise interne menace d’aggraver davantage les relations au sein de la famille professionnelle. La décision de suspendre la participation à la médiation pourrait ralentir la recherche de solutions pacifiques, à moins qu'un retrait rapide de l’action judiciaire ne soit observé.
Médard KOFFI