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[Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire] De Laure Nesmon Pie appelle à une « justice climatique féministe » intégrant les droits des femmes

[Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire] De Laure Nesmon Pie appelle à une « justice climatique féministe » intégrant les droits des femmes

De Laure Nesmon Pie, la présidente de l’ONG Opinion Éclairée alerte sur les impacts sociaux, environnementaux et économiques de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Ph. Archives

L’ONG Opinion Éclairée appelle la Côte d’Ivoire à renforcer la lutte contre l’orpaillage illégal par une approche intégrant les droits des femmes, face aux conséquences environnementales, économiques et sociales qui touchent particulièrement les communautés rurales.

ABIDJAN, 2 août 2026 (crocinfos) – L’ONG Opinion Éclairée appelle les autorités ivoiriennes à intégrer une approche sensible au genre dans la lutte contre l’orpaillage illégal, estimant que les conséquences de cette activité clandestine affectent particulièrement les femmes rurales.

Dans un communiqué publié ce jour, 2 août, sa présidente, De Laure Nesmon Pie, salue les efforts engagés par l’État ivoirien contre l’exploitation illégale de l’or, tout en plaidant pour une réponse publique prenant davantage en compte les impacts sociaux et environnementaux du phénomène.

« L’orpaillage illégal impose aux femmes rurales un triple fardeau : celui de la pauvreté, des impacts climatiques et du patriarcat », affirme la présidente de l’ONG.

Cette prise de position intervient après la réunion du Conseil national de sécurité du 23 juillet 2026, au cours de laquelle les autorités ivoiriennes ont fait le point sur les actions menées contre l’orpaillage clandestin.

Selon les données communiquées par l’organisation, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), créé en 2021, aurait permis entre 2021 et le premier semestre 2026 le déguerpissement de plus de 8 500 sites clandestins, le déferrement de 4 474 individus, dont 65 % de ressortissants étrangers, ainsi que la saisie de plus de 960 millions de francs CFA et d’environ 136 kilogrammes d’or.


Une menace environnementale et sociale persistante

À titre d'illustration


Malgré ces résultats, le Conseil national de sécurité a relevé la persistance et l’extension du phénomène sur plusieurs zones du territoire national.

Le gouvernement a annoncé un renforcement du dispositif de lutte, notamment à travers une implication accrue des autorités administratives, traditionnelles et coutumières, des Forces de défense et de sécurité, ainsi qu’une coopération renforcée avec les pays d’origine de certains exploitants clandestins.

Pour Opinion Éclairée, cette réponse doit toutefois dépasser la seule dimension sécuritaire.

« L’orpaillage illégal ne constitue pas uniquement une atteinte aux ressources naturelles. Il produit également des conséquences sociales profondes, particulièrement sur les femmes, les filles et les jeunes vivant dans les zones affectées », souligne De Laure Nesmon Pie.

L’organisation recommande notamment :
la reconnaissance et la prise en compte des impacts différenciés de l’orpaillage illégal sur les femmes et les hommes ;
la protection et la réparation des communautés affectées, avec une attention particulière aux femmes cheffes de famille et aux coopératives agricoles féminines ;
la participation effective des femmes, des filles et des jeunes aux décisions relatives à la gestion des ressources minières et à l’adaptation climatique.

L’organisation évoque notamment les risques liés à l’exploitation sexuelle, à l’insécurité alimentaire et à la dégradation des terres agricoles.

Elle rappelle les conclusions d’une étude menée par des chercheurs de l’Université Peleforo Gon Coulibaly sur les effets sociaux de l’orpaillage clandestin, ainsi que les alertes formulées en 2016 par l’ONG Action pour la protection des droits de l’Homme (APDH) concernant l’utilisation du mercure et du cyanure dans les activités minières artisanales.

Selon l’ONG, ces produits chimiques contribuent à la pollution des sols et des eaux, réduisant les capacités agricoles des communautés rurales et aggravant la vulnérabilité économique des femmes.


Trois axes proposés par l’ONG

Dans son plaidoyer, Opinion Éclairée demande aux autorités ivoiriennes, aux collectivités territoriales et aux partenaires techniques et financiers d’intégrer une analyse féministe dans les politiques publiques liées à l’exploitation minière et à la restauration environnementale.

L’organisation recommande notamment :

  1. la reconnaissance et la prise en compte des impacts différenciés de l’orpaillage illégal sur les femmes et les hommes ;
  2. la protection et la réparation des communautés affectées, avec une attention particulière aux femmes cheffes de famille et aux coopératives agricoles féminines ;
  3. la participation effective des femmes, des filles et des jeunes aux décisions relatives à la gestion des ressources minières et à l’adaptation climatique.

« Notre démarche en faveur d’une justice climatique féministe ne s’oppose pas au développement. Nous nous opposons à un modèle extractif qui sacrifie les droits des femmes et les écosystèmes », déclare De Laure Nesmon Pie.

L’ONG Opinion Éclairée rappelle que son engagement s’inscrit dans le cadre des objectifs liés à l’égalité de genre et à la justice climatique, notamment l’Objectif de développement durable 5 des Nations unies, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Créée en 2019, Opinion Éclairée se présente comme une organisation féministe intersectionnelle ivoirienne engagée pour la justice de genre, les droits des femmes et des jeunes, la gouvernance démocratique, la justice sociale et climatique ainsi que l’accès à l’information.


Athanase Kangah