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C R O C I N F O S

[Audition d’Assalé Tiémoko à la Préfecture de Police d’Abidjan] Les médias tenus à l’écart

[Audition d’Assalé Tiémoko à la Préfecture de Police d’Abidjan] Les médias tenus à l’écart

De gauche à droite : Stéphane Bahi (DP de l’Éléphant Déchaîné), Koné Sériba (Pdt de l’ONJI-CI) et André Silver Konan (Gérant de AfrikSoir) à la guérite de la Préfecture de police d’Abidjan le 22 avril vers 10h

Convoqué ce mercredi 22 avril 2026 par le Service des Enquêtes Générales sur instruction du parquet, le président de l’ADCI, Assalé Tiémoko, a été entendu en l’absence de la presse. Les journalistes présents sur les lieux ont été priés de demeurer à l’extérieur de la Préfecture de Police d’Abidjan.

Abidjan, le 22 avril 2026 (crocinfos.net)Il est 10 heures passées de quelques minutes lorsque nous parvenons à la guérite de la Préfecture de police d’Abidjan. À l’intérieur, le président du mouvement politique Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire (ADCI), Assalé Tiémoko, est entendu par des enquêteurs, sur instruction du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau.

Devant l’entrée, au bord de la grande route menant à Abobo, le directeur de publication de L’Éléphant Déchaîné, Stéphane Bahi, se tient debout. Le visage fermé, il n’a guère le loisir de s’exprimer. Un chef de poste s’avance alors avec courtoisie et s’enquiert des motifs de notre présence dès mon arrivée. Après nous être présentés comme des journalistes, nous indiquons être venus recueillir des information pour mieux informer nos lecteurs sur l’audition du président du mouvement politique ADCI.

La réponse de l’agent est sans équivoque : « Nous avons reçu pour instructions de la hiérarchie de ne pas laisser accéder les journalistes. »


Un accès verrouillé pour la presse

À 10 heures 30 minutes, le dispositif demeure inchangé. Le confrère André Silver Konan et plusieurs autres confrères nous rejoignent. Tous sont contraints de patienter à l’extérieur du périmètre sécurisé. Personne ne doit entrer dans l’enceinte de l’institution. Une grande première dans ma vie de journaliste.

À l’intérieur, selon les informations recueillies, Assalé Tiémoko est entendu en présence de son conseil, composé de Me Oumou Sanogo, avocate personnelle du président, et de Christian Adagba, avocat de l’ADCI, conformément aux garanties prévues par l’article 90 nouveau du Code de Procédure Pénale.


Entre impératif d’enquête et droit d’informer

Si le huis clos peut se justifier par les nécessités de l’enquête préliminaire, l’absence totale de communication officielle laisse place aux interrogations. À l’heure où nous écrivons, ni le parquet ni la Préfecture de Police n’ont communiqué sur les motifs de la convocation.

Pour les professionnels des médias présents, l’impossibilité d’accéder ne serait-ce qu’à la cour de l’institution pose la question de l’équilibre entre secret de l’instruction et droit du public à l’information, garanti par la loi n°2013-867 du 23 décembre 2013.

L’audition se poursuivait encore en fin de matinée, loin des regards de la presse.

Nous sommes tout simplement indésirables.


Médard KOFFI