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C R O C I N F O S

[UNARTCI] La guerre de succession entre Gadji Celi et Ken Adamo plonge les artistes dans l’incertitude

[UNARTCI] La guerre de succession entre Gadji Celi et Ken Adamo plonge les artistes dans l’incertitude

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L’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire traverse une crise majeure opposant Gadji Celi à Ken Adamo. Deux assemblées générales concurrentes ont débouché sur une fracture institutionnelle inédite au sein de l’organisation artistique ivoirienne.

Abidjan, le 27 mai 2026 (crocinfos.net) – La crise entre Gadji Celi et Ken Adamo secoue l’UNARTCI après deux assemblées générales concurrentes organisées à Abidjan. L’organisation des artistes ivoiriens fait désormais face à un bicéphalisme inquiétant.

UNARTCI : vers une coexistence forcée entre Gadji Celi et Ken Adamo ?

L’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (UNARTCI) traverse l’une des plus graves crises de son histoire. Ce qui n’était au départ qu’un différend de leadership entre deux figures majeures du milieu artistique ivoirien s’est progressivement transformé en une véritable bataille pour le contrôle de l’organisation.

Autrefois proches collaborateurs, Gadji Celi et Ken Adamo semblent désormais engagés dans une confrontation sans retour, au point de fragiliser durablement l’unité de la faîtière des artistes ivoiriens.

Une succession devenue source de tensions

À l’origine de cette crise, le départ en exil de Gadji Celi en 2011, dans un contexte sociopolitique particulièrement tendu en Côte d’Ivoire. Avant son départ, l’ancien capitaine des Éléphants et figure emblématique de la musique ivoirienne aurait confié l’intérim de la structure à Ken Adamo.

Durant près d’une décennie, ce dernier assure la gestion de l’UNARTCI et consolide progressivement son influence au sein de l’organisation. Mais le retour de Gadji Celi en Côte d’Ivoire va raviver les tensions autour de la légitimité du pouvoir au sein de l’union.

Selon plusieurs observateurs du milieu culturel, Gadji Celi estimait légitime de reprendre la direction de l’organisation qu’il dirigeait avant son départ. De son côté, Ken Adamo considérait que toute transition devait passer par les mécanismes statutaires prévus, notamment le congrès annoncé pour le mois d’août 2026.

Des médiations sans succès

Face à la montée des tensions, plusieurs tentatives de médiation auraient été engagées afin d’éviter l’implosion de l’organisation. Des acteurs du monde culturel et certaines personnalités proches des deux camps auraient tenté de rapprocher les positions.

Mais ces initiatives n’ont visiblement pas permis de trouver un compromis durable. La méfiance mutuelle et les divergences sur l’interprétation des textes internes de l’UNARTCI ont accentué la rupture.

Profitant de ce que certains qualifient de « vide juridique », Gadji Celi va alors s’allier à Aimond Williams pour reprendre la main sur la structure.

Deux assemblées générales pour une seule organisation

La fracture devient officiellement visible avec l’organisation de deux assemblées générales distinctes à quelques jours d’intervalle.

Le 18 mai 2026, le camp proche de Gadji Celi organise une assemblée générale à la Rose Blanche, à Abidjan, au cours de laquelle Aimond Williams est élu président.

Quelques jours plus tard, le 25 mai 2026, le camp de Ken Adamo tient à son tour son propre scrutin à Yopougon, affirmant également sa légitimité à conduire les destinées de l’UNARTCI.

Cette double élection plonge désormais l’organisation dans une situation de confusion institutionnelle inédite, avec deux directions revendiquant chacune la légalité et la reconnaissance des artistes.

Le spectre d’un bicéphalisme durable

Au-delà du conflit de personnes, cette crise révèle surtout les faiblesses structurelles et organisationnelles de plusieurs organisations socioprofessionnelles en Côte d’Ivoire, souvent confrontées à des problèmes de succession et de gouvernance.

Le risque aujourd’hui pour l’UNARTCI est celui d’un bicéphalisme durable, susceptible d’affaiblir la voix des artistes ivoiriens auprès des pouvoirs publics et des partenaires culturels.

Dans les milieux artistiques, nombreux sont ceux qui appellent désormais à une médiation plus large afin d’éviter une fracture irréversible. Car derrière cette bataille de leadership, c’est également l’image et la crédibilité de l’organisation qui se jouent.

En attendant une éventuelle sortie de crise, l’UNARTCI avance désormais avec deux camps opposés, deux légitimités revendiquées et une communauté artistique divisée sur l’avenir de sa principale organisation représentative.

Médard KOFFI