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L’Africa Jamming Festival célèbre dix ans d’engagement pour la visibilité et les droits des instrumentistes ivoiriens. Pour son édition anniversaire, le festival prévoit une année d’activités consacrées à la formation et à leur reconnaissance professionnelle.
Abidjan, le 28 octobre 2026 (crocinfos.net) - Dix ans de musique, de transmission et de solidarité, mais aussi de plaidoyer pour la reconnaissance des instrumentistes ivoiriens. L’Africa Jamming Festival entend franchir une nouvelle étape avec une édition anniversaire qui ambitionne de rapprocher les musiciens du grand public, de valoriser leurs talents et d’améliorer leurs conditions de vie.
Les grandes articulations de cette 10ᵉ édition ont été présentées le mardi 27 octobre 2026, lors d’une conférence de presse organisée au studio Beshamel, à Yopougon Saint-Pierre. Initiée par Xavier Xavson, commissaire général du festival et promoteur de Musicos Group, cette plateforme est née d’un constat : malgré leur contribution essentielle à la création musicale, les instrumentistes restent souvent dans l’ombre des chanteurs.
« En 10 ans, on a permis aux musiciens de sortir de l’ombre », a souligné Xavier Xavson, mettant en avant le travail accompli par le festival depuis sa création.
La visibilité et la protection sociale au cœur du combat
Au fil des éditions, l’Africa Jamming Festival a développé des initiatives destinées à mettre en lumière le savoir-faire des instrumentistes. Des prestations enregistrées et des vidéos professionnelles leur permettent notamment de présenter leurs compétences, de valoriser leur travail et de gagner en visibilité auprès du public et des professionnels de la musique.
L’un des acquis majeurs de cette dynamique est la mise en place de la Mutuelle des instrumentistes de Côte d’Ivoire (MICI), qui compte près de 1 000 adhérents, selon les organisateurs. Cette structure contribue à la reconnaissance professionnelle de ses membres et porte leurs revendications, notamment en matière de protection sociale.
Pour Xavier Xavson, l’enjeu dépasse ainsi la seule promotion artistique. Il s’agit de défendre la place des instrumentistes dans l’industrie musicale, de mieux faire reconnaître leur contribution aux œuvres et de favoriser une amélioration durable de leurs conditions de travail.
« Le vrai combat derrière le Jamming, c’est la dignité du musicien », a-t-il affirmé.
Une célébration étalée sur une année entière
Pour marquer ce dixième anniversaire, les organisateurs ont opté pour un format inédit. Contrairement aux éditions précédentes, généralement concentrées autour du 1ᵉʳ novembre, les festivités doivent s’étendre de novembre 2026 à novembre 2027.
Cette programmation prévoit plusieurs rendez-vous consacrés à la formation, à la découverte des talents et à la valorisation des métiers de la musique. Trois masterclasses sont annoncées entre janvier et mars 2027 à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC).
Le programme prévoit également des Street Jams, qui investiront les espaces publics et les grands carrefours d’Abidjan, ainsi qu’un Jamming Tour dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. La caravane doit notamment faire escale à San Pedro, Yamoussoukro, Divo, Bouaké et Man.
Une soirée spéciale est par ailleurs annoncée le 21 juin 2027, à l’occasion de la Fête de la musique. À ces activités s’ajoutent un Jamming France, un gala de distinction, les Jamming Awards et une grande soirée Jamming Classique, prévue pour clôturer cette année anniversaire.
Les dates précises et les lieux de plusieurs rendez-vous restent toutefois à confirmer par les organisateurs.
À travers cette programmation, l’Africa Jamming Festival entend consolider son rôle de plateforme de transmission et de défense des droits des instrumentistes, tout en favorisant les échanges avec la diaspora et les scènes musicales internationales.
David Tayoraud plaide pour davantage de solidarité dans le showbiz
Parrain artistique de cette édition anniversaire, David Tayoraud a insisté sur la nécessité de mieux accompagner les initiatives portées par les professionnels de la musique en Côte d’Ivoire.
Selon lui, le manque de solidarité figure parmi les difficultés auxquelles se heurte le secteur. « Quand un artiste se lève pour initier quelque chose, il n’a personne pour l’accompagner », a-t-il regretté, appelant les acteurs culturels à dépasser leurs divisions et à soutenir davantage les projets collectifs.
Le parrain artistique a également plaidé pour une professionnalisation accrue des métiers de la musique. La ponctualité, la discipline et le respect des engagements constituent, à ses yeux, des exigences indispensables à l’évolution du secteur.
Il a, en outre, souligné la nécessité d’assurer une rémunération juste aux instrumentistes et de mieux prendre en compte leur contribution à la réalisation des œuvres musicales. Une reconnaissance qui, selon cette vision, doit se traduire non seulement par une plus grande visibilité, mais aussi par de meilleures conditions professionnelles.
Transformer dix ans de visibilité en reconnaissance durable
Dix ans après ses débuts, l’Africa Jamming Festival entend désormais consolider les acquis de son action et donner une nouvelle dimension à son plaidoyer en faveur des instrumentistes.
Au-delà des concerts et des distinctions, cette édition anniversaire remet au centre du débat la place des musiciens dans l’écosystème culturel ivoirien. Formation, protection sociale, rémunération et solidarité professionnelle constituent autant de défis à relever pour faire évoluer durablement leur statut.
Car derrière chaque voix qui captive le public, il y a aussi des instrumentistes dont le talent contribue à la richesse des œuvres musicales. Pour le festival porté par Xavier Xavson, l’ambition est désormais de faire en sorte que ces professionnels soient davantage entendus, respectés et justement rémunérés.
Médard KOFFI