La rencontre des différentes parties ce 23 février chez Yao Noël
Le 19 février 2026, la justice a suspendu le Congrès de l’UNJCI suite à des irrégularités dans la candidature de Franck Ettien. La crise monte d’un cran, avec des accusations mutuelles et des démarches légales en cours.
Abidjan (Côte d’Ivoire) le 23 février 2026 (crocinfos)---Le 19 février 2026, un tournant décisif est survenu dans la crise qui secoue l’Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI). La justice a ordonné la suspension du Congrès de l'organisation, à la suite de contentieux sérieux concernant la candidature de Franck Ettien à la présidence du Conseil exécutif. Cette décision a intensifié les tensions parmi les journalistes membres de l'UNJCI et a ouvert la voie à une nouvelle phase de confrontations publiques, où les déclarations se multiplient, accusant et appelant à l’action.
La décision de justice, bien loin d’être anodine, signale la gravité des manquements au sein de l’UNJCI. Le Collectif pour le Respect des Textes de l’UNJCI, dans une déclaration du 23 février 2026, a salué cette décision tout en dénonçant la violation flagrante des statuts et des règlements internes. Selon le Collectif, la candidature de Franck Ettien a été validée malgré son inéligibilité manifeste, en raison de son statut de fonctionnaire et de l’absence des documents requis, notamment la carte de journaliste professionnel, un élément essentiel pour pouvoir candidater.
Le Collectif a aussi souligné un passage en force orchestré par le président du Conseil exécutif sortant. Ce dernier aurait persisté à imposer un candidat non conforme aux règles de l’UNJCI, contribuant à la fragilisation de l’organisation. Selon le Collectif, l’absence de régulation interne, comme en 2022, a permis cette situation, alors que des précédents judiciaires existent où des candidatures ont été invalidées pour des raisons similaires.
En ce qui concerne l’inéligibilité, le Collectif rappelle que plusieurs critères requis pour la candidature à la présidence, comme l’absence d’un statut de fonctionnaire et la possession des cartes exigées, ont été ignorés dans le cas de Franck Ettien. Le fait que ce dernier soit toujours officiellement inscrit sur les listes du personnel du Conseil régional du Gbôklé malgré sa prétendue démission est un point de tension majeur. De plus, des cartes de membre ont été antidatées pour lui permettre de se présenter, ce qui constitue une fraude manifeste.
Le Collectif pour le Respect des Textes de l’UNJCI
Face à cette situation, le Collectif appelle à l’invalidation immédiate de la candidature de Franck Ettien et exige une reprise rapide du processus électoral, dans le respect des textes. Il met également en avant la fin du mandat du président sortant, Jean-Claude Coulibaly, qui, selon le Collectif, n’est plus légitimé à agir au nom de l’UNJCI depuis l’expiration de son mandat, le 26 novembre 2025. Cette demande s’accompagne d’un refus catégorique de toute tentative de prolongation artificielle de son mandat sous prétexte de la suspension du Congrès par la justice.
Le Collectif insiste sur l’importance d’établir une instance ad hoc, neutre et transparente, pour organiser les élections dans les meilleurs délais. Parallèlement, il a saisi la justice pour des faits de faux, usage de faux et fraude administrative, dans le but de garantir la conformité du processus électoral.
L'exclusion du Collectif et la crise politique au sein de l’UNJCI
Alors que la situation se radicalise, le Collectif pour le Respect des Journalistes Ivoiriens a exprimé son mécontentement face à son exclusion de la réunion convoquée par le Conseil des Sages, censée intervenir pour la sortie de crise. Le Collectif déplore ce manque de transparence et d'inclusivité, soulignant que la résolution de la crise ne peut être crédible si une partie prenante clairement identifiée est écartée du processus. Il appelle à la révision de la méthode de concertation, afin de permettre à toutes les voix légitimes d'être entendues.
Le Collectif pour le Respect des Journalistes Ivoiriens
Le Collectif insiste sur le fait que toute démarche de sortie de crise doit respecter les principes démocratiques, en veillant à ce que l’ensemble des parties prenantes, y compris les voix dissidentes, puisse participer à la discussion. L’inclusivité et l’équité sont des éléments essentiels pour garantir une résolution véritablement transparente et durable du conflit.
Le 23 février 2026, la réunion du Conseil des Sages, présidée par Yao Noël, a eu lieu dans un contexte tendu. Ce rassemblement a réuni les Past Présidents de l’UNJCI et certains représentants des candidats en lice. La réunion visait à proposer un plan de sortie de crise. Cependant, l'initiative a été accueillie avec scepticisme, notamment en raison du réveil tardif des Sages, qui n’ont agi que lorsque le Congrès a été suspendu par la justice. Cette intervention tardive laisse place à des interrogations sur l'efficacité et la légitimité de la médiation.
Bien que cette réunion ait abouti à un plan de sortie de crise, celui-ci n’a pas pu garantir une résolution immédiate, en raison de la persistance des accusations de fraude, d’illégitimité et de manipulation politique. Le manque de concertation précoce et l’exclusion de certains acteurs ont contribué à exacerber la méfiance entre les différentes parties en jeu.
La crise au sein de l’UNJCI ne semble pas près de se résoudre, malgré les appels à la concertation. Le réveil tardif des Sages, après la suspension du Congrès, a fragilisé davantage le processus de médiation. Si des efforts sont faits pour apaiser la situation, la crise demeure un enjeu crucial pour la crédibilité de la profession journalistique en Côte d’Ivoire. Une véritable sortie de crise nécessitera une approche inclusive et transparente, respectant les principes démocratiques, afin d’assurer une organisation véritablement légitime et respectueuse de ses statuts.
Médard KOFFI