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C R O C I N F O S

[Sénégal] La rupture politique se dessine entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

[Sénégal] La rupture politique se dessine entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

À titre d'illustration

Les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko se sont intensifiées, marquant une rupture politique qui pourrait redéfinir l'avenir politique du Sénégal à travers une nouvelle recomposition.

Abidjan (Côte d’Ivoire), le 8 mars 2026 (crocinfos)---La fracture politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko semble désormais inéluctable. Après plusieurs semaines de tensions latentes, leurs divergences se manifestent publiquement, mettant en lumière une cohabitation de plus en plus difficile au sommet de l'État.

Le 7 mars, à Dakar, la coalition "Diomaye Président" a officialisé son indépendance politique vis-à-vis du Pastef, le parti de Sonko, en tenant sa première assemblée générale. L'événement, marquant un tournant pour le président Faye, a été l'occasion de poser les bases d'une nouvelle dynamique politique. "La coalition doit se déployer dans tous les départements, toutes les communes et quartiers du Sénégal", a-t-il souligné devant 500 partisans. Ce rassemblement montre la volonté de Faye de capitaliser sur le soutien populaire en vue des élections locales de 2027 et de la présidentielle de 2029.

La rupture avec le Pastef s'est amorcée en novembre 2025, après le limogeage de la proche de Sonko, Aïssatou Mbodj, et la désignation d’Aminata Touré à sa place. Un affront que Sonko n’a pas manqué de dénoncer, arguant que Faye n’avait pas l'autorité pour prendre une telle décision.

Les tensions se sont intensifiées avec la gestion économique du pays. Les négociations avec le FMI, dans le cadre d'un programme de prêts de 1,8 milliard de dollars, sont au point mort, exacerbées par les révélations sur les dettes mal déclarées sous l'administration Sonko.

De son côté, Sonko, dont l'éligibilité à la présidentielle de 2029 reste incertaine en raison d'une condamnation à six mois de prison pour diffamation, n'a pas écarté l'idée d'une "cohabitation douce" ou d'un retour à l'opposition. "Rien ne m'empêche d'être candidat!", a-t-il lancé, bien que la loi d'amnistie qui le couvre fasse débat parmi les juristes.

Dans ce contexte de tensions croissantes, le paysage politique sénégalais s'oriente vers une recomposition inédite, avec des implications profondes pour la stabilité du gouvernement et de l'opposition.


Fulgence KOUAME