favicon
C R O C I N F O S

[Koumassi-Campement] Drame humain avant les examens

[Koumassi-Campement] Drame humain avant les examens

Image générée par IA. À titre d'illustration.

À Koumassi-Campement, le déguerpissement brutal de familles en pleine période d’examens suscite indignation et compassion, tandis que des élèves, privés de repères, affrontent leurs épreuves dans la détresse et l’incertitude, sans réel accompagnement public humain.

Le déguerpissement des populations de Koumassi-Campement, intervenu en plein mois des examens à grand tirage en Côte d’Ivoire, continue de susciter indignation, incompréhension et douleur. Au-delà des débats administratifs, fonciers ou judiciaires, une réalité humaine s’impose avec acquité : des familles entières ont été arrachées à leur quotidien, des élèves ont vu leur équilibre brisé à la veille d’épreuves décisives, et des parents, déjà fragilisés, ont été abandonnés à eux-mêmes.

Les bulldozers sont passés, laissant derrière eux des gravats, des larmes et des vies suspendues. Là où se trouvaient des maisons, des cahiers, des uniformes scolaires, des souvenirs de famille et des rêves d’enfants, il ne reste désormais que boue, désolation et incertitude. La volonté de moderniser la commune, de lui donner un visage plus attrayant et conforme aux standards des grandes métropoles, peut être comprise. Mais aucun développement, aussi ambitieux soit-il, ne saurait se construire au prix de la dignité humaine, encore moins sur la détresse d’enfants en période d’examens.

Les élèves sont aujourd’hui les premières victimes silencieuses de cette opération. Comment réviser sereinement lorsque l’on dort à ciel ouvert ? Comment se présenter à une épreuve avec l’esprit tranquille lorsque ses effets scolaires ont été détruits, perdus ou trempés par la pluie ? Comment demander à un enfant de composer dans la concentration, alors que sa famille vient d’être jetée dans l’angoisse du lendemain ? Ces jeunes, qui devraient être entourés, protégés et encouragés, affrontent désormais les examens avec la peur, la fatigue et l’humiliation comme compagnons.

Le silence des autorités compétentes ne fait qu’aggraver le sentiment d’injustice. Jeter des milliers de personnes à la rue, sans solution de relogement, sans compensation claire et sans accompagnement humain, constitue une blessure profonde infligée à la conscience nationale.

Au centre de cette affaire figure le nom d’Alloui Brou, présenté comme revendiquant des droits sur le site concerné. Selon certaines déclarations, il affirme avoir acquis légalement cet espace de plus de 34 hectares et disposer de décisions de justice en sa faveur. Toutefois, ces affirmations soulèvent de nombreuses interrogations, notamment au regard de ses anciennes responsabilités communales et des accusations ou soupçons évoqués dans l’opinion publique. Ces éléments méritent d’être examinés avec rigueur, transparence et impartialité.

Le silence des autorités compétentes ne fait qu’aggraver le sentiment d’injustice. Jeter des milliers de personnes à la rue, sans solution de relogement, sans compensation claire et sans accompagnement humain, constitue une blessure profonde infligée à la conscience nationale. Une enquête sérieuse doit être ouverte afin d’établir les responsabilités, de protéger les victimes et de mettre fin à ces drames fonciers qui défigurent l’image d’une Côte d’Ivoire moderne, juste et respectueuse de la dignité humaine.


Koné Sériba