favicon
C R O C I N F O S

[66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire] ADCI interpelle le pouvoir sur le bilan social

[66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire] ADCI interpelle le pouvoir sur le bilan social

Assalé Tiémoko Antoine, président du mouvement politique ADCI

À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance ivoirienne, Assalé Tiémoko Antoine, président du mouvement politique ADCI, reconnaît les progrès infrastructurels du pays mais interpelle le pouvoir sur la cherté de la vie, la décentralisation et la sécurité foncière.

ABIDJAN, 7 août 2026 (crocinfos)– À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président du mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), Assalé Tiémoko Antoine, a livré une appréciation nuancée de la gouvernance du pays, reconnaissant les progrès réalisés dans les infrastructures tout en appelant le pouvoir à renforcer son action sur le terrain social.

Dans son adresse aux Ivoiriens, le responsable politique estime que les réalisations enregistrées depuis 2010 sous la gouvernance du RHDP sont difficilement contestables. Il cite notamment les routes, les établissements scolaires et universitaires ainsi que les infrastructures sanitaires construites dans plusieurs régions.

« Il faudrait faire preuve d’une éclatante mauvaise foi pour ne pas reconnaître ces réalisations », affirme-t-il. Mais, selon lui, l’évaluation de l’action publique ne peut se limiter aux ouvrages réalisés. Elle doit également prendre en compte les conditions concrètes dans lesquelles vivent les citoyens.

C’est sur ce terrain qu’Assalé Tiémoko Antoine situe la principale faiblesse du bilan gouvernemental. « Le bilan social demeure le véritable boulet du régime RHDP », soutient-il.

Le président de l’ADCI pointe particulièrement la cherté de la vie. Il évoque la hausse du coût des denrées alimentaires, des loyers, du transport, de l’électricité et du carburant, estimant que ces charges réduisent progressivement le pouvoir d’achat des ménages.

À Abidjan, il cite notamment le kilogramme de viande de bœuf qui, selon lui, « frôle désormais les 4 000 FCFA ». Il met cette situation en rapport avec le salaire minimum interprofessionnel garanti, qu’il situe à 75 000 FCFA.

Tout en reconnaissant les mesures prises par le gouvernement pour amortir les conséquences des crises économiques internationales, le responsable politique considère que leur efficacité doit être appréciée au regard de la situation réellement vécue par les populations.

« Les souffrances vécues par les populations appellent également une réflexion sincère sur les réponses à leur apporter », affirme-t-il.


Décentralisation, foncier et confiance dans l’État

Assalé Tiémoko Antoine inscrit également son analyse dans la problématique de l’aménagement du territoire. Selon lui, Abidjan continue de concentrer une part importante des investissements, des emplois et des opportunités économiques, au détriment de nombreuses localités de l’intérieur du pays.

Il estime qu’une décentralisation plus effective permettrait de rapprocher la décision publique des citoyens, de favoriser le développement économique local et de réduire les déséquilibres territoriaux.

Le président du politique mouvement ADCI juge cependant le processus encore insuffisant. Vingt-trois ans après l’adoption de la législation organisant le transfert de certaines compétences de l’État aux collectivités territoriales, il affirme que les ressources financières effectivement transférées représenteraient moins de 4 % du budget de l’État.

Pour lui, cette situation réduit l’autonomie réelle des communes et des régions, notamment dans des domaines tels que la voirie locale.

La sécurité foncière constitue l’autre volet majeur de son interpellation. Assalé Tiémoko Antoine considère qu’un titre définitif délivré par l’administration doit produire une véritable sécurité juridique au profit de son titulaire. La crédibilité de l’État, soutient-il, dépend aussi de sa capacité à garantir les droits qu’il reconnaît lui-même.

Il évoque dans ce contexte certaines opérations de déguerpissement, notamment à Koumassi Campement, estimant que des citoyens ayant obtenu des documents administratifs de propriété vivent aujourd’hui dans l’incertitude.

Face à ces préoccupations, l’ADCI propose le concept de « Société de confiance », fondé sur la justice sociale, la sécurité juridique, la responsabilité publique et la cohérence entre les engagements de l’État et leur traduction concrète.

Le mouvement appelle également à une gestion plus rigoureuse des ressources publiques et à une réduction du train de vie de l’État.

« Construire des salles de classe est nécessaire. Construire des infrastructures est indispensable. Mais cela ne suffit pas », insiste Assalé Tiémoko Antoine, ancien bénéficiaire du programme américain International Visitor Leadership Program (IVLP).

Pour le président du mouvement politique ADCI, le développement national doit également reposer sur une vision dépassant les échéances électorales et s’inscrire dans une perspective de long terme.

« Les générations futures ne nous jugeront pas uniquement sur les infrastructures que nous leur aurons laissées. Elles nous jugeront sur la qualité de la société que nous leur aurons léguée », conclut-il, avant de lancer : « Vive la République. Vive la Côte d’Ivoire. »


François M’Brah II, correspondant régional à Bouaké