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C R O C I N F O S

[Société] MaFondation alerte sur le gaspillage alimentaire

[Société] MaFondation alerte sur le gaspillage alimentaire

Aissata Camara, présidente de l’ONG de MaFondation appelle à des investissements urgents dans les infrastructures post-récolte, à la modernisation des systèmes logistiques et à la mise en place de politiques alimentaires cohérentes.

MaFondation alerte sur le gaspillage alimentaire en Afrique, estimé à plus de 70 millions de tonnes par an, alors que la faim touche des centaines de millions de personnes, appelant à une action structurelle urgente.

ABIDJAN, 17 juin 2026 (crocinfos) — Le gaspillage alimentaire en Afrique demeure un « paradoxe inacceptable » face à la persistance de la faim sur le continent, a alerté l’organisation MaFondation à l’occasion de la Journée mondiale contre la faim, appelant à une refonte des systèmes de stockage, de distribution et de valorisation des denrées.

Dans un communiqué du 15 juin, l’organisation souligne que l’Afrique perd chaque année plus de 70 millions de tonnes d’aliments, soit une part importante de sa production agricole, alors même que le continent dispose d’un potentiel agricole parmi les plus élevés au monde. Selon les données reprises par MaFondation, entre 30 % et 40 % des denrées alimentaires produites sont perdues ou gaspillées avant d’atteindre les consommateurs, ce taux pouvant dépasser 50 % pour les fruits et légumes en Afrique subsaharienne, en raison notamment de l’insuffisance des infrastructures de stockage, des lacunes des réseaux de transport et de la faiblesse des chaînes de froid.

À l’échelle mondiale, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim, dont une proportion significative en Afrique, rappelle l’organisation, qui estime que les progrès vers l’Objectif de développement durable n°2 des Nations Unies, visant l’éradication de la faim d’ici 2030, restent insuffisants. « Le temps du constat est révolu. L’heure est à l’acte », insiste MaFondation.

Pour l’organisation, la problématique ne réside pas uniquement dans la production, mais dans la gestion post-récolte des ressources alimentaires. Elle estime que la réduction des pertes constitue un levier central pour améliorer la sécurité alimentaire. « Nourrir les populations africaines ne requiert pas uniquement de produire davantage ; cela exige de mieux conserver, mieux distribuer et mieux valoriser ce qui est déjà produit », indique-t-elle dans sa déclaration.

MaFondation soutient que la faim en Afrique « n’est pas une fatalité », mais le résultat de déséquilibres structurels pouvant être corrigés par des politiques publiques volontaristes et des investissements ciblés dans les chaînes de valeur agricoles.

L’organisation appelle les États, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile à engager des actions coordonnées autour de plusieurs priorités, dont le développement d’infrastructures post-récolte, la modernisation des capacités de stockage et l’extension des chaînes de froid, ainsi que l’amélioration des réseaux de transport en zones rurales.

Elle propose également la mise en place d’un « Pacte africain pour zéro faim, zéro gaspillage à l’horizon 2035 », visant notamment une réduction de 50 % des pertes alimentaires, la création d’emplois dans la valorisation des déchets alimentaires et le renforcement des équipements de conservation dans les zones rurales.

Parmi les autres mesures avancées figurent le soutien aux producteurs locaux via l’accès aux équipements et à la formation, la transformation des invendus en produits dérivés (jus, farines, aliments pour bétail, compost), ainsi que la création de mécanismes communautaires de redistribution des excédents alimentaires vers les écoles, centres de santé et populations vulnérables.

MaFondation plaide également pour l’instauration de politiques alimentaires nationales intégrant la lutte contre le gaspillage, une réorientation des financements de développement vers les maillons les plus fragiles de la chaîne alimentaire, ainsi que la création d’un label « zéro perte alimentaire » destiné à certifier les acteurs engagés dans la réduction des pertes.

Fondée par M’ma Camara et Aïssata Camara, MaFondation se présente comme une organisation engagée dans la lutte contre la faim et le gaspillage alimentaire en Afrique, et promeut la souveraineté alimentaire à travers des initiatives communautaires. Elle résume sa mission en trois axes : « valoriser, protéger, nourrir ».


Athanase Kangah