Le président de l’organisation, Wahoué Denis, au cours d’une conférence de presse organisée au Groupe scolaire Afridougou, à Gagnoa, en présence de représentants de plusieurs organes de presse.
À Gagnoa, l’AAPEE-CI propose la bivalence des enseignants comme une piste de réforme pour répondre aux défis persistants de l’école ivoirienne, marquée selon l’association par des insuffisances structurelles affectant la qualité des apprentissages.
GAGNOA, 18 juillet 2026 (crocinfos) – L’Association autonome des parents d’élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (AAPEE-CI) estime que la bivalence des enseignants pourrait constituer une réponse pertinente aux besoins du système éducatif ivoirien, à condition qu’elle soit accompagnée d’une formation pédagogique approfondie dans les disciplines concernées.
Cette position a été exprimée, vendredi 17 juillet 2026, par le président de l’organisation, Wahoué Denis, au cours d’une conférence de presse organisée au Groupe scolaire Afridougou, à Gagnoa, en présence de représentants de plusieurs organes de presse.
Intervenant à la suite de la proclamation des résultats des examens à grand tirage de la session 2025-2026, notamment le CEPE, le BEPC et le Baccalauréat, M. Wahoué Denis a indiqué que cette rencontre visait à analyser les performances enregistrées avec « objectivité », à saluer les avancées constatées, à identifier les insuffisances persistantes et à proposer des réformes susceptibles d’améliorer durablement la qualité de l’éducation en Côte d’Ivoire.
Tout en se félicitant des progrès observés à certains niveaux, le président de l’AAPEE-CI a invité le gouvernement à engager une réflexion approfondie sur les difficultés structurelles qui, selon lui, continuent de peser sur les performances du système éducatif.
L’association pointe notamment l’insuffisance du financement du secteur, le déficit d’infrastructures scolaires, le manque d’enseignants et de personnels d’encadrement pédagogique ainsi que les insuffisances relevées dans la qualification pédagogique d’une partie du corps enseignant.
Selon les chiffres avancés par le président de l’AAPEE-CI, les établissements publics ne représenteraient que 22 % de l’offre dans l’enseignement secondaire général, tout en accueillant 43 % des effectifs d’élèves. Il a également évoqué une part de 9,95 % du budget national consacrée à l’éducation, qu’il juge insuffisante au regard des besoins du secteur.
Face à ces contraintes, l’AAPEE-CI considère que la bivalence, permettant à un enseignant d’intervenir dans deux disciplines, pourrait contribuer à réduire certains déficits. L’organisation insiste toutefois sur la nécessité d’une formation suffisamment approfondie dans la seconde discipline afin de préserver la qualité des enseignements.
Pour Wahoué Denis, cette exigence de qualification devrait également concerner les enseignants du secteur privé exerçant sous le régime de l’autorisation d’enseigner. Compte tenu de la place importante de l’enseignement privé dans le système éducatif ivoirien, le renforcement de la formation de ces enseignants constitue, selon l’association, un enjeu majeur pour l’amélioration des apprentissages.
L’AAPEE-CI plaide également pour une plus grande autonomie des Comités de gestion des établissements scolaires (COGES). Elle demande, en outre, une révision des modalités de versement des quotes-parts issues des inscriptions en ligne, dénonçant leur paiement tardif et leur réduction, qui affecteraient le fonctionnement de certains établissements.
Au terme de la conférence, l’organisation a estimé que la persistance de ces insuffisances structurelles demeure un obstacle au redressement durable de l’école ivoirienne. Elle appelle, en conséquence, à accompagner les réformes envisagées, notamment la bivalence, de mesures de formation, de financement et d’encadrement adaptées afin d’améliorer durablement les performances du système éducatif national.
Casmir Kouadio, correspondant