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Au pôle pénal économique et financier, une audience retardée a débouché sur un renvoi ferme dans une affaire d’escroquerie et de blanchiment, après plusieurs reports liés à un protocole d’accord toujours non produit.
ABIDJAN, 16 juin 2026 (crocinfos) — L’audience du pôle pénal, économique et financier, ouverte mardi 16 juin 2026 avec plus d’une heure de retard, a été marquée par un rappel ferme du tribunal dans une affaire d’escroquerie présumée et de blanchiment de capitaux, sur fond de règlement amiable toujours non finalisé.
La présidente du tribunal, également présidente du pôle pénal, économique et financier, participait dans la matinée à une conférence internationale avec Interpol. Malgré cet agenda institutionnel, elle a maintenu les dossiers inscrits au rôle, provoquant un démarrage tardif des débats.
À l’installation du tribunal, première surprise : aucun avocat n’était présent dans la salle. Le prévenu de la première affaire a été introduit, en présence notamment d’une dame constituée partie civile. Une assistante de l’avocate de la défense a alors sollicité la parole, indiquant être porteuse d’un message du conseil du prévenu.
La présidente a lu publiquement le courrier. L’avocate y faisait état d’une indisponibilité pour raison de santé, tout en précisant que les discussions relatives à un règlement amiable entre les parties progressaient.
La réponse du tribunal a été immédiate. « Le tribunal n’est pas lié par les discussions autour du protocole d’accord entre les parties », a déclaré la présidente. Elle a rappelé que l’affaire avait déjà fait l’objet de sept renvois et que, chaque fois, la défense invoquait la production attendue du protocole définitif.
« Le tribunal a voulu appliquer la maxime selon laquelle un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès », a-t-elle poursuivi, avant de prévenir l’émissaire de la défense : « Répétez in extenso à l’avocate. À la date du renvoi, avec ou sans protocole d’accord, le tribunal va connaître de l’affaire et prendre une décision. Le renvoi est ferme. »
Le dossier vise E.A.H., administrateur de la société EICS, poursuivi pour escroquerie portant sur des numéraires de 179,350 millions de FCFA et de 2,5 milliards de FCFA, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Le prévenu, qui était détenu, bénéficie actuellement d’une liberté provisoire. Il demeure présumé innocent jusqu’à une décision définitive.
L’affaire, pendante depuis décembre 2025, concerne un programme immobilier. Selon les éléments évoqués à l’audience, plus de 150 souscripteurs attendraient toujours d’entrer en possession de terrains ou de maisons.
Les conseils de la défense avaient indiqué être parvenus à un accord avec les victimes en vue d’un règlement amiable. Le tribunal avait accepté les précédents renvois afin de permettre la production du protocole d’accord définitif.
Cette fois, la juridiction a fixé une limite. L’affaire a été renvoyée au 29 juin 2026, avec la mention : « renvoi ferme pour retenue et plaidoiries ».
Athanase Kangah, info Fernand Dedeh