Yaya Fofana, président du MFA.jpg
Dans cette tribune, Yaya Fofana, président du MFA, appelle à la responsabilité collective dans la construction nationale de la Côte d’Ivoire, soulignant l’importance de dire sans rompre et d’agir sans s’effacer, pour préserver l’équilibre national.
Par Yaya Fofana, président du MFA
Il arrive des moments dans la vie d’une nation où les mots cessent d’être de simples expressions pour devenir des actes. Non pas des actes de rupture, mais des actes de responsabilité, portés par le souci de préserver l’essentiel.
La Côte d’Ivoire s’est construite sur un héritage exigeant, celui d’une paix active et d’un équilibre constamment recherché entre les hommes, les sensibilités et les légitimités. Cet équilibre n’est jamais acquis. Il se cultive avec méthode, vigilance et sens de la mesure.
Comme l’enseignait le Président Félix Houphouët-Boigny, « la paix n’est pas un mot, c’est un comportement ». Elle ne se limite ni aux discours ni aux apparences. Elle repose sur une pratique quotidienne faite d’écoute, de respect et de reconnaissance mutuelle.
C’est pourquoi la parole, lorsqu’elle s’inscrit dans cet héritage, ne saurait être assimilée à une contestation. Elle est une contribution. Elle rappelle que toute construction durable suppose l’implication réelle de ceux qui y prennent part.
Dans toute organisation, il existe une ligne subtile entre la fidélité et l’effacement. Or, comme le rappelait encore le Président Houphouët-Boigny, « on ne bâtit rien de solide dans le silence des frustrations ». Les systèmes les plus stables ne sont pas ceux qui réduisent les voix, mais ceux qui savent les organiser autour d’un cap commun.
La fidélité véritable ne s’exprime pas dans l’ombre. Elle s’inscrit dans la clarté, dans la constance et dans la capacité à dire sans déstabiliser. Elle est une force d’équilibre, non un facteur de désordre.
C’est dans cet esprit que certains engagements doivent être compris. Non comme des postures isolées, mais comme l’expression d’une exigence de cohérence. Une cohérence entre les principes proclamés et les pratiques observées.
Car une nation ne vacille pas lorsque la parole est maîtrisée. Elle se fragilise lorsque le silence devient la norme et que l’expression se réduit à l’approbation.
Il ne s’agit pas de remettre en cause ce qui a été construit. Il s’agit de veiller à ce que cet édifice continue de porter ses promesses. Et cela suppose parfois d’oser dire, avec responsabilité et mesure, ce qui mérite d’être ajusté.
La Côte d’Ivoire avance lorsqu’elle parvient à conjuguer autorité et écoute, stabilité et ouverture, fidélité et responsabilité. Elle se renforce lorsqu’elle reconnaît que l’unité ne se décrète pas, mais se construit dans la participation de tous.
Comme l’affirmait le Président Félix Houphouët-Boigny, « la vraie richesse de la Côte d’Ivoire, ce sont les Ivoiriens ». C’est en valorisant chaque contribution, chaque engagement sincère, que la Nation consolide sa trajectoire.
Il ne s’agit donc ni de s’opposer, ni de s’effacer. Il s’agit d’assumer pleinement sa part de responsabilité dans la construction commune.
Les équilibres durables ne reposent jamais sur l’effacement des uns, mais sur la capacité de tous à assumer pleinement leur part dans la construction nationale.
Fait, le 25 mars 2026