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À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance ivoirienne, Yaya Fofana, président du MFA, appelle à une souveraineté économique accrue, à la justice sociale et à une réforme institutionnelle au sein du RHDP.
ABIDJAN, 4 août 2026 – Le président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), Yaya Fofana, a appelé les Ivoiriens à dépasser la seule célébration de l’indépendance politique pour engager le pays dans la conquête d’une souveraineté économique, industrielle, alimentaire, numérique et culturelle, dans une déclaration publiée mardi à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté internationale.
Membre fondateur du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le responsable politique a rendu hommage aux présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié, ainsi qu’aux acteurs connus ou anonymes ayant contribué à la construction de l’unité nationale.
Selon lui, l’indépendance ne doit pas être considérée comme un simple héritage historique, mais comme « un contrat vivant », renouvelé par le travail, la fraternité entre les citoyens et la loyauté envers les institutions républicaines.
Yaya Fofana a également salué l’action des Forces de Défense et de Sécurité, en cohérence avec le thème retenu pour cette commémoration : « Forces de Défense et de Sécurité au service de la paix, de l’unité et du développement ». Il a notamment rendu hommage aux militaires tombés dans la lutte contre le terrorisme dans le nord du pays, ainsi qu’aux différents corps participant à la protection du territoire et des institutions.
l’appartenance politique, régionale ou communautaire ne saurait remettre en cause l’égalité des citoyens ni l’unité de l’État.
Le président du MFA a, par ailleurs, présenté le choix de Yopougon pour accueillir les cérémonies officielles comme un symbole de réconciliation nationale. Il a estimé que la Côte d’Ivoire ne devait plus être envisagée à travers des territoires politiquement opposés, des bastions électoraux ou des zones considérées comme hostiles.
Pour Yaya Fofana, chaque région, chaque ville et chaque communauté constitue une composante égale du patrimoine national. Il a ainsi appelé à consolider une République dans laquelle l’appartenance politique, régionale ou communautaire ne saurait remettre en cause l’égalité des citoyens ni l’unité de l’État.
Une fidélité revendiquée au RHDP, assortie d’exigences de réforme
Sur le plan économique, le président du MFA a plaidé pour une accélération de la transformation locale des matières premières agricoles. Il propose notamment d’atteindre, à l’horizon 2030, un taux de transformation locale de 50 % pour le cacao et de 40 % pour l’anacarde, dans le cadre d’un plan industriel national.
Tout en reconnaissant les performances macroéconomiques enregistrées par la Côte d’Ivoire, il a estimé que la croissance devait produire des effets plus directement perceptibles dans la vie quotidienne des populations.
« La croissance ne se mesure pas seulement dans les tableaux », a-t-il soutenu, en évoquant notamment le coût du logement, des transports, de l’éducation, des soins de santé et l’évolution du pouvoir d’achat.
Le MFA préconise, à ce titre, la réalisation de 200 000 logements accessibles d’ici 2030, la création d’au moins 500 000 emplois formels destinés aux personnes âgées de moins de 35 ans au cours du prochain quinquennat, ainsi qu’un dispositif renforcé de protection du secteur informel.
La formation politique souhaite également la création d’un ministère spécifiquement consacré aux petites et moyennes entreprises, considérées comme des acteurs essentiels de la création d’emplois et de la diversification de l’économie nationale.
Abordant la gouvernance institutionnelle, Yaya Fofana a appelé à une transmission générationnelle fondée sur l’ouverture des instances de décision aux jeunes cadres, une meilleure représentation des femmes et une préparation méthodique de la relève politique et administrative.
une institution électorale consensuelle constitue une garantie importante pour la crédibilité des scrutins et la préservation de la paix sociale.
Il a également proposé une recomposition de la Commission électorale selon un système dit des « trois tiers », reposant sur une représentation de l’administration, des forces politiques et de la société civile organisée. Selon lui, une institution électorale consensuelle constitue une garantie importante pour la crédibilité des scrutins et la préservation de la paix sociale.
Sur le positionnement du MFA, Yaya Fofana a réaffirmé l’appartenance historique de son mouvement au RHDP. Il a décrit cette fidélité comme « loyale, exigeante et constructive », tout en précisant qu’elle ne devait être ni silencieuse ni servile.
Le responsable politique a annoncé la poursuite des démarches visant à obtenir la pleine réhabilitation du MFA dans les instances dirigeantes du RHDP. Cette demande ne constituerait, selon lui, ni une revendication circonstancielle ni une recherche de fonctions, mais une exigence de cohérence historique, de mémoire politique et de justice interne.
Il a rappelé que le MFA avait participé à la création du rassemblement houphouëtiste et qu’il entendait continuer à y contribuer par ses propositions, son implantation territoriale et sa présence auprès de la jeunesse.
Yaya Fofana a enfin invité les jeunes à privilégier la formation, le travail, la discipline et l’engagement civique. Il a également plaidé pour une politique publique en faveur de la diaspora, comprenant notamment des mesures de bancarisation transfrontalière, des incitations fiscales à l’investissement productif et un accès équitable aux marchés publics.
Au niveau régional, il a appelé à une CEDEAO renouvelée, capable de rétablir un dialogue politique avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Il a estimé que la Côte d’Ivoire devait jouer un rôle actif dans la médiation et la reconstruction de la coopération ouest-africaine, au regard des enjeux économiques et sécuritaires communs.
Concluant sa déclaration, le président du MFA a appelé les Ivoiriens à préserver une République unie, solidaire et respectueuse de sa diversité. Il a réaffirmé que l’houphouëtisme devait demeurer une doctrine de rassemblement, de dialogue et de construction nationale.
« La Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’héritiers, elle a besoin de continuateurs », a-t-il déclaré, avant de rendre hommage aux soldats, aux femmes ivoiriennes, à la jeunesse et aux membres de la diaspora.
Athanase Kangah