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C R O C I N F O S

[Côte d’Ivoire] ADCI réclame des garanties avant la réforme de la gouvernance électorale

[Côte d’Ivoire] ADCI réclame des garanties avant la réforme de la gouvernance électorale

Roger YOUAN, le Secrétaire Exécutif du mouvement politique ADCI

ADCI conditionne son soutien à la réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire à des garanties de transparence, d’impartialité, de consultation nationale et de sécurisation juridique du processus électoral annoncé par le gouvernement.

YAMOUSSOUKRO, 25 juin 2026 (crocinfos) – Le mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI) a demandé jeudi que la réforme annoncée de la gouvernance électorale soit précédée d’une consultation nationale et assortie de garanties juridiques destinées à assurer l’indépendance, la transparence et la crédibilité du processus électoral.

Dans un communiqué signé par son secrétaire exécutif, Roger Youan, ADCI indique avoir participé, le 22 juin, à une séance d’information organisée par le gouvernement à l’intention des partis politiques et des organisations de la société civile.

Selon le mouvement politique, le projet gouvernemental prévoit de remplacer la Commission électorale indépendante (CEI) par trois structures distinctes chargées, respectivement, de l’organisation matérielle des scrutins, du recensement des suffrages et de la supervision générale du processus électoral.

ADCI considère cette séparation des fonctions comme une « rupture salutaire » avec le modèle d’une commission unique, mais estime qu’une modification de l’architecture institutionnelle ne suffira pas à rétablir la confiance des électeurs.

Le mouvement rappelle que les scrutins organisés sous l’égide de la CEI ont été marqués par plusieurs crises, notamment celle de 2010-2011, qui a fait environ 3.000 morts et provoqué d’importants déplacements de populations.

ADCI formule quatre principales exigences. Il demande d’abord la publication des projets de textes régissant les futurs organes ainsi que leur soumission à une consultation nationale avant leur examen par le Parlement.

Le mouvement réclame ensuite que les membres de ces institutions soient sélectionnés à la suite d’un appel public à candidatures, sur la base de critères vérifiables de compétence, d’intégrité et d’impartialité, afin d’écarter les nominations partisanes ou discrétionnaires.

ADCI préconise également la publication, en temps réel, des procès-verbaux de chaque bureau de vote. Ce dispositif devrait, selon lui, permettre aux citoyens et aux acteurs politiques de vérifier les résultats et de prévenir toute modification des suffrages exprimés.

Le mouvement politique demande par ailleurs une définition précise des compétences de chacun des trois organes et de leurs rapports avec le Conseil constitutionnel, afin d’éviter les conflits d’attributions et les vides juridiques durant le processus électoral.

Enfin, ADCI souhaite qu’un consensus formalisé soit recherché auprès des partis politiques, de la société civile, des organisations non gouvernementales, des responsables religieux et des autres « forces vives de la nation » avant la transmission du projet à l’Assemblée nationale.

Le mouvement appelle également à une révision du Code électoral et, le cas échéant, de la Constitution, afin d’assurer leur cohérence avec la nouvelle organisation envisagée.

« Une réforme qui ne répondrait pas à ces exigences ne serait qu’un rhabillage institutionnel », affirme ADCI, qui dit vouloir participer au débat de manière « active, positive et sans complaisance ».


Athanase Kangah