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Le SYNAFECI sollicite des explications du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget sur une somme de 34,645 milliards de FCFA qu’il affirme liée à des établissements scolaires chrétiens et à des paiements contestés.
Abidjan, le 4 octobre 2026 (crocinfos.net) – Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, dont copie est parvenue à notre rédaction, le président national du SYNAFECI, Gré Faustin, sollicite des éclaircissements sur une affaire portant, selon l’organisation, sur 34.645.149.994 FCFA.
La correspondance, référencée 407/2026/10/1/GE-JC/FG, s’inscrit dans le cadre de la concertation entre le Gouvernement ivoirien et le SYNAFECI, initiée en janvier 2024 par le Chef de l’État. Le syndicat patronal sollicite notamment une audience avec le ministre Adama Coulibaly ainsi qu’une intervention publique sur les différents points soulevés.
Le SYNAFECI évoque des préoccupations financières et fiscales
Selon la lettre, plusieurs séances de travail se sont tenues en janvier et février 2024 entre une délégation du SYNAFECI, des représentants du Trésor public et de la Direction générale des Impôts (DGI), sous la supervision de Vassogbo Bamba, alors Directeur de Cabinet adjoint et représentant du ministre.
À cette occasion, le SYNAFECI affirme avoir soumis des préoccupations financières portant sur 39.048.705.069 FCFA, ainsi que différentes questions fiscales et administratives appelant, selon lui, des réponses du Gouvernement.
L’organisation déplore notamment l’absence de communication d’une liste détaillée de prétendus paiements de factures, des préoccupations fiscales, la lourdeur administrative, la mise en œuvre du processus de bonne gouvernance, le reversement d’une partie de la Taxe spéciale d’équipement (TSE) et la mise à disposition d’un palier du bâtiment abritant le siège de la CGECI.
Le SYNAFECI évoque également des questions relatives à l’impunité et à l’escroquerie, sans qu’il soit possible, sur la seule base de cette lettre, d’établir la réalité de ces accusations.
Une somme de 34,645 milliards de FCFA au cœur des interrogations
La principale interrogation soulevée dans la correspondance concerne une somme de 34.645.149.994 FCFA que le SYNAFECI affirme être liée à des établissements scolaires chrétiens.
L’organisation affirme qu’aucun détail ne lui aurait été communiqué sur la destination de cette somme par le Trésor public. Elle mentionne également un autre paiement allégué de 997.001.250 FCFA concernant un établissement scolaire.
Le SYNAFECI déclare avoir reçu, au cours d’une rencontre tenue le 25 septembre 2026 à Abidjan, des informations présentées comme graves par un certain M. Zahui. Selon la lettre, celui-ci aurait cité plusieurs noms, dont celui du ministre, et présenté différents documents, notamment des photographies, des courriers, un document attribué au DGA du Trésor public Beugré Koffi Amos, un mandat ainsi que des bordereaux de transmission de mandats.
Le syndicat précise toutefois ne pas avoir disposé, au moment de cette rencontre, de l’ensemble des éléments de preuve, les documents présentés ayant été repris par leur détenteur.
Des affirmations que le SYNAFECI dit devoir vérifier
Dans sa correspondance, le SYNAFECI indique avoir reçu, le 30 septembre, certains documents qui lui auraient été transmis par M. Zahui.
Selon le récit rapporté dans la lettre, ce dernier aurait également affirmé que le ministre aurait dépêché auprès de lui un secrétaire d’État aux Affaires étrangères présenté comme un envoyé spécial, afin de lui signifier qu’il serait prêt à rembourser les 34.645.149.994 FCFA.
Toujours selon M. Zahui, les bénéficiaires ne souhaiteraient toutefois plus recevoir cette somme et auraient indiqué que la créance n’existerait pas.
Le SYNAFECI souligne lui-même que cette révélation « reste à vérifier » et demande, de ce fait, des éclaircissements aux autorités compétentes.
Le syndicat pose plusieurs questions au ministre
Dans sa lettre ouverte, Gré Faustin demande notamment pourquoi le SYNAFECI n’a pas été reçu au cabinet du ministre à la suite des séances de travail de janvier et février 2024 et pourquoi ses collaborateurs du Trésor public ne communiqueraient pas la liste détaillée des prétendus paiements.
L’organisation s’interroge également sur les conditions dans lesquelles une éventuelle créance aurait été traitée et sur l’identité des bénéficiaires.
Elle demande notamment que soient clarifiées les affirmations attribuées à M. Zahui concernant un éventuel règlement de la somme, ainsi que la question de l’existence ou non de la créance.
Le SYNAFECI pose aussi la question de savoir, dans l’hypothèse où les factures seraient fausses, qui aurait intérêt à les établir et comment un éventuel paiement aurait pu intervenir.
La lettre évoque enfin des informations selon lesquelles le président du REC et certains fournisseurs de l’État auraient été menacés.
Une demande d’éclaircissements adressée au Gouvernement
Au terme de sa correspondance, le président national du SYNAFECI demande au ministre de l’Économie, des Finances et du Budget d’apporter à la nation « les éclaircissements nécessaires » sur cette affaire.
Le syndicat affirme que les éléments portés à sa connaissance laisseraient penser que les 34.645.149.994 FCFA auraient été prélevés sur les caisses de l’État. Cette affirmation demeure, à ce stade, une allégation contenue dans la lettre ouverte et nécessite, le cas échéant, des éléments vérifiables et les explications des autorités mises en cause.
Le SYNAFECI indique, en conclusion, détenir des « documents de preuves » en sa possession.
Médard KOFFI