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Le ministère ivoirien de la Justice réfute les accusations de corruption et d’extorsion de fonds visant le Pôle pénal économique et financier, publiées par Jeune Afrique, et précise le cadre de la coopération judiciaire avec les États-Unis.
Abidjan, le 31 octobre 2026 (crocinfos.net) – Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a fermement démenti les informations publiées par l’hebdomadaire Jeune Afrique dans un article paru le vendredi 30 octobre 2026, faisant état d’un présumé réseau de corruption et d’extorsion de fonds au sein du Pôle pénal économique et financier (PPEF).
Selon cette publication, la Gendarmerie nationale aurait mené une enquête sur la base d’informations transmises par le Federal Bureau of Investigation (FBI), conduisant notamment à la découverte de trois comptes bancaires à l’étranger liés au réseau présumé.
Dans un communiqué rendu public le samedi 31 octobre 2026, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jean Sansan Kambile, a réfuté ces affirmations, estimant qu’elles ne reposaient sur aucun fondement.
Le ministère assure qu’aucun service américain n’a saisi l’État de Côte d’Ivoire d’une telle affaire. Il précise également qu’aucune enquête de la Gendarmerie nationale portant sur ces faits n’est en cours au sein du PPEF, contrairement à ce qu’affirme l’article de Jeune Afrique.
Le ministère précise le cadre de la présence du FBI
Pour expliquer la présence d’agents du FBI au sein du Pôle pénal économique et financier, le ministère de la Justice invoque la coopération judiciaire entre la Côte d’Ivoire et les États-Unis.
Cette collaboration a notamment conduit à la création d’une task force réunissant le PPEF, ses enquêteurs, des procureurs américains et des agents du FBI spécialisés dans la lutte contre la sextorsion et le blanchiment de capitaux.
D’après le communiqué, ce dispositif a permis de résoudre plusieurs affaires de sextorsion impliquant des victimes américaines. Certaines d’entre elles se seraient suicidées à la suite des faits.
Dans le cadre de ces dossiers, le PPEF aurait procédé à plusieurs interpellations, suivies de procès et de condamnations à de lourdes peines d’emprisonnement.
Le ministère souligne par ailleurs que les procureurs américains et les agents du FBI ont effectué plusieurs visites au sein de cette juridiction et ont été reçus à plusieurs reprises par les hautes autorités judiciaires ivoiriennes.
Des félicitations américaines saluées par Abidjan
Toujours selon le communiqué, les autorités américaines ont vivement félicité le Pôle pénal économique et financier à la suite de l’arrestation et de la condamnation de cybercriminels.
Le ministère de la Justice a également salué l’engagement des responsables et des acteurs de cette juridiction dans la lutte contre la criminalité financière.
Jean Sansan Kambile a notamment mis en avant leur contribution au retrait de la Côte d’Ivoire de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les juridictions soumises à une surveillance renforcée en raison de lacunes stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Par cette mise au point, le ministère entend distinguer les accusations relayées par Jeune Afrique du cadre officiel de la coopération judiciaire entre Abidjan et Washington, qu’il présente comme un dispositif ayant contribué à la lutte contre la cybercriminalité et la criminalité financière.
Médard KOFFI