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[Bitumage] La maigre portion de bitume dans la préfecture de Toulépleu décriée

[Bitumage] La maigre portion de bitume dans la préfecture de Toulépleu décriée

À titre d'illustration

Toulépleu ne bénéficiera que d’un seul kilomètre de bitume sur l’axe Zouan-Hounien-Toulépleu, une annonce décevante pour les habitants qui espéraient une meilleure couverture, comme c’est le cas dans d’autres départements.

Toulépleu, le 18 février 2026 (crocinfos)---La ville de Toulépleu, située dans la région du Cavally, se retrouve au cœur d’une situation préoccupante concernant l’extension de son réseau routier. En effet, contrairement à de nombreuses autres villes du pays, qui bénéficient généralement d'un aménagement plus ambitieux, la préfecture de Toulépleu ne recevra qu’un seul kilomètre de bitume sur l’axe reliant Zouan-Hounien à Toulépleu, une nouvelle qui suscite l'incompréhension et la déception des populations locales.

L'annonce a été faite lors d'une réunion de sensibilisation tenue le 10 février 2026, à la préfecture de Toulépleu, en présence de nombreux acteurs politiques, administratifs et communautaires. Sous la présidence de Bini Koffi Etienne, préfet de la ville, cette réunion a permis d'apporter des éclairages sur l’état d’avancement des travaux routiers dans la région. Parmi les participants, on retrouvait N’guessan Fabrice de l’AGEROUTE, M. Amadou, représentant de la société LRA, ainsi que le maire Denis Kah Zion et plusieurs chefs de village, de quartiers, et de communautés. La rencontre a essentiellement porté sur les travaux de bitumage de la route reliant Zouan-Hounien à Toulépleu, une infrastructure attendue depuis plusieurs années par les populations locales.

Les travaux, d'un coût global estimé à 43 milliards de FCFA, ont démarré sous la direction de la société LRA, qui a pris la relève de la société OUAR dans le cadre de ce projet. Bien que le chantier progresse, notamment entre Zouan-Hounien et Bin-Houyé, avec des machines visibles sur le terrain à Katouo, l'information la plus attendue, celle de la portion de route qui sera réellement bitumée dans la ville de Toulépleu, a jeté un froid.


Un seul kilomètre de bitume pour Toulépleu

La grande annonce de la réunion fut celle du nombre de kilomètres de bitume qui seront finalement alloués à la ville de Toulépleu. N'guessan Fabrice, représentant de l’AGEROUTE, a indiqué que, malgré l’ampleur des travaux et les attentes des populations, seul un kilomètre de route serait bitumé à l’intérieur de la ville de Toulépleu. Ce kilomètre débutera à la sous-préfecture et s’arrêtera au "Carrefour 116", au centre-ville, avec, dans le meilleur des cas, une possible extension jusqu’au rond-point du "Carrefour Bonheur". Cette information a été un véritable choc pour les habitants de Toulépleu, qui espéraient beaucoup plus. En effet, dans d’autres départements du pays, il est de coutume que les voiries des chefs-lieux bénéficient de six kilomètres de bitume, voire de trois kilomètres dans les sous-préfectures.

La déception est d’autant plus grande que Toulépleu, en raison de sa position géographique stratégique à la frontière libérienne, occupe une place importante dans le pays. Considérée comme la vitrine de la Côte d'Ivoire pour ceux qui arrivent du Liberia, la ville aurait dû bénéficier, selon les attentes des populations, d’un bitumage plus conséquent de ses rues. Malheureusement, cette situation révèle les inégalités dans le traitement des différentes villes du pays en termes d'infrastructures routières.


Les raisons de cette décision

La question qui demeure est de savoir pourquoi Toulépleu ne bénéficie que d’une portion aussi modeste de bitume, alors que d’autres villes du pays en reçoivent bien davantage. Selon les autorités, cette situation serait liée à des considérations techniques et financières, mais aussi à des choix stratégiques dans l’allocation des ressources. L’entreprise Souroubat, qui s’occupe des travaux sur l’axe Bloléquin-Pékan-Barrages, a précisé dans sa convention qu’elle ne prendrait pas en charge le bitumage de la voirie de Toulépleu. Quant à la société LRA, elle arrivera à Toulépleu pour ne bitumer qu’un kilomètre de route, et la ville ne bénéficiera donc d’aucun aménagement supplémentaire.

Les autorités locales, bien qu’elles aient pris acte de cette décision, semblent quelque peu démunies face à la situation. Le maire Denis Kah Zion et les autres responsables locaux devront désormais négocier avec les autorités centrales et les entreprises de construction afin d’obtenir des aménagements supplémentaires pour leur ville. Malheureusement, les populations risquent de devoir se contenter de ce qui leur est accordé, à moins que des actions de plaidoyer plus vigoureuses n'interviennent dans les mois à venir.


Les conséquences pour Toulépleu

Cette situation a de lourdes conséquences pour Toulépleu, une ville qui, bien que bénéficiant d’une position stratégique, peine à se doter des infrastructures nécessaires à son développement. Les rues non bitumées dans le centre-ville ne permettront pas de favoriser une circulation fluide, ce qui est essentiel pour la vie économique locale. En outre, l’absence d’un aménagement de qualité compromettra l’attractivité de la ville, tant pour les investisseurs que pour les touristes.

Toulépleu, qui aurait dû se voir offrir une infrastructure de qualité à la hauteur de son statut de ville frontalière, se retrouve une fois de plus à la traîne, avec une portion de bitume trop insignifiante pour répondre aux besoins croissants de ses habitants.

En conclusion, bien que des progrès aient été réalisés en matière d’infrastructures routières dans la région, les attentes des populations de Toulépleu semblent avoir été déçues. Un seul kilomètre de bitume, ce n'est qu’une maigre portion au regard des besoins urgents de la ville, et les autorités devront désormais faire preuve de détermination pour améliorer cette situation.


Guégon Armand, correspondant régional dans le Tonkpi