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C R O C I N F O S

[Sénégal] Ousmane Sonko au perchoir avec 132 voix sur 133 députés votants (actualisé)

[Sénégal] Ousmane Sonko au perchoir avec 132 voix sur 133 députés votants (actualisé)

À titre d'illustration

Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 165 députés, confirmant son retour au centre du jeu politique après son départ de la Primature.

ABIDJAN (Côte d’Ivoire), le 26 mai 2026 (crocinfos)– Ousmane Sonko a été élu, mardi 26 mai, président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 133 votants, dans une Assemblée qui compte 165 députés, consacrant le retour institutionnel de l’ancien Premier ministre au cœur du jeu politique sénégalais.

Le scrutin, organisé en séance plénière à Dakar, a enregistré 133 votants, selon les résultats proclamés. Ousmane Sonko a obtenu 132 voix pour, contre zéro voix contre, une abstention et aucun bulletin nul. Ce score, quasi unanime parmi les députés ayant pris part au vote, lui confère une légitimité parlementaire forte, même si le résultat doit être distingué de l’effectif total de l’institution, fixé à 165 députés.

La nuance est importante. En termes strictement parlementaires, l’ancien Premier ministre a été élu avec 132 voix sur 133 votants, soit environ 99,25 % des suffrages exprimés et pris en compte dans le scrutin. Rapporté à l’effectif total de l’Assemblée nationale, ce score représente 80 % des 165 sièges. Autrement dit, 132 députés ont effectivement porté leur choix sur Ousmane Sonko, tandis que 32 députés n’ont pas pris part au vote ou n’ont pas été comptabilisés parmi les votants.

Cette élection intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, quelques jours après le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, le 22 mai 2026. Reuters a rapporté que cette décision s’inscrivait dans un climat de tensions croissantes entre les deux anciens alliés, sur fond de difficultés économiques et de discussions complexes avec le Fonds monétaire international.

Le retour de Sonko à l’Assemblée nationale avait été précédé d’une séquence institutionnelle rapide. Les députés avaient été convoqués en plénière pour statuer sur sa réintégration comme député et procéder à l’élection d’un nouveau président de l’institution, après la démission d’El Malick Ndiaye du perchoir. Anadolu indiquait, avant la séance, que le Parlement devait examiner ces deux points à l’ordre du jour. Le vote apparaît ainsi comme un repositionnement stratégique majeur. Écarté de la tête du gouvernement, Ousmane Sonko retrouve une fonction institutionnelle de premier plan. Le président de l’Assemblée nationale dirige les travaux parlementaires, encadre l’organisation des débats, veille au fonctionnement de l’institution et occupe une place déterminante dans l’équilibre des pouvoirs.

Cette accession au perchoir confirme également le poids du Pastef dans l’hémicycle. Le parti d’Ousmane Sonko domine largement l’Assemblée nationale depuis les législatives de novembre 2024. Anadolu rappelle que le Pastef avait remporté 130 sièges sur 165, donnant à cette formation une majorité parlementaire écrasante.

Pour les partisans de Sonko, cette élection constitue une réponse politique nette à son départ de la Primature. Elle montre que l’ancien chef du gouvernement ne sort pas affaibli de la séquence, mais se repositionne dans une autre institution clé de la République. Il quitte l’exécutif, mais prend la tête de l’organe chargé de voter la loi, d’examiner le budget et de contrôler l’action gouvernementale.

Pour ses adversaires, cette nouvelle configuration pourrait ouvrir une période de tensions entre l’exécutif et le législatif, notamment si des divergences apparaissent entre le président Bassirou Diomaye Faye, le nouveau gouvernement et la majorité parlementaire conduite par le Pastef.

L’enjeu dépasse donc la seule trajectoire d’Ousmane Sonko. Il concerne désormais l’équilibre institutionnel du Sénégal. Avec un ancien Premier ministre à la tête de l’Assemblée nationale et un nouvel exécutif chargé de conduire l’action gouvernementale, le Parlement pourrait devenir l’un des principaux lieux de confrontation, d’arbitrage et de recomposition politique.

En obtenant 132 voix sur 133 votants, Ousmane Sonko s’installe au perchoir avec un soutien massif des députés ayant participé au scrutin. Cette élection confirme qu’après son départ de la Primature, il demeure l’un des principaux centres de gravité de la vie politique sénégalaise.


Athanase Kangah