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Le Dr Ahoua Don Mello monte au créneau après les poursuites visant Justin Katinan Koné, dénonçant une instrumentalisation de la justice et appelant au respect de l’État de droit et des libertés démocratiques.
Abidjan, le 12 septembre 2026 (crocinfos.net) - Le Dr Ahoua Don Mello a réagi, samedi 12 septembre 2026, au communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan relatif aux poursuites engagées contre Justin Katinan Koné, cadre du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Dans un communiqué signé par son directeur de la communication, Ahilé Fernand dit Léo Côte d’Ivoire, Ahoua Don Mello exprime sa « vive préoccupation » face à l’évolution de cette affaire judiciaire. Il estime que les poursuites engagées contre Katinan Koné soulèvent des interrogations sur le respect de l’État de droit et des libertés démocratiques.
Selon lui, le responsable du PPA-CI aurait initialement fait l’objet d’une plainte civile en diffamation déposée par le RHDP, parti au pouvoir, après avoir dénoncé des défaillances de l’État dans le dossier de l’orpaillage clandestin. Il soutient que cette procédure aurait ensuite évolué vers des accusations pénales liées à de prétendus actes de violence remontant à la période électorale.
Pour Ahoua Don Mello, cette évolution constituerait une manœuvre visant à contourner les garanties légales dont bénéficierait Katinan Koné en raison de son statut politique. Il dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « traquenard » et d’« instrumentalisation flagrante de la justice à des fins de règlement de comptes politiques ».
La loi antiterroriste au cœur des préoccupations
L’ancien responsable politique s’inquiète également de l’utilisation de la loi n°2024-360 du 11 juin 2024 relative à la répression du terrorisme dans le cadre de poursuites visant des acteurs politiques.
Ahoua Don Mello considère qu’un tel recours aux dispositions antiterroristes contre des responsables politiques engagés dans des activités militantes constituerait, selon lui, un précédent susceptible de fragiliser l’exercice des libertés démocratiques en Côte d’Ivoire.
Il appelle, à ce titre, le Gouvernement à ne pas assimiler les manifestations politiques au terrorisme et souhaite que les moyens de la Section antiterroriste soient prioritairement consacrés à la lutte contre la menace terroriste en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.
Appel à la libération des détenus politiques
Dans son communiqué, Ahoua Don Mello réaffirme sa solidarité avec Justin Katinan Koné ainsi qu’avec les autres acteurs politiques faisant l’objet de poursuites qu’il considère comme politiques.
Il demande notamment la libération immédiate des dirigeants et militants politiques détenus, ainsi que le respect de la présomption d’innocence et des garanties liées à un procès équitable.
Le responsable politique appelle également le Gouvernement à privilégier le dialogue démocratique pour le règlement des différends politiques. Pour lui, les tensions politiques ne devraient pas être réglées par la répression judiciaire ou l’incarcération.
La communauté internationale interpellée
Ahoua Don Mello invite par ailleurs la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme et les différentes composantes de la société ivoirienne à accorder une attention particulière à ce qu’il décrit comme une aggravation du « déficit démocratique » en Côte d’Ivoire.
Tout en réaffirmant son engagement en faveur de la démocratie, de la liberté d’expression et de la justice sociale, il estime que le débat politique ne saurait être étouffé par une judiciarisation systématique.
Le communiqué, daté d’Abidjan le 12 septembre 2026, est signé pour le Dr Ahoua Don Mello par Ahilé Fernand dit Léo Côte d’Ivoire, directeur de la Communication.
Le Pharisien