Hu Yang (à droite), chef de la mission chinoise d’assistance technique, inspecte les équipements de la salle des machines de la centrale hydroélectrique de Kinkon avec des techniciens guinéens, à Pita (région de Mamou, Guinée). (Xinhua/Liu Qiong)
Au cœur du Fouta-Djalon, la centrale hydroélectrique de Kinkon illustre depuis 60 ans la coopération sino-guinéenne, produisant une énergie durable tout en renforçant les liens humains, techniques et économiques entre la Chine et la Guinée.
Abidjan, le 10 juin 2026 (crocinfos.net) — La centrale de Kinkon, symbole de l’amitié sino-guinéenne, célèbre 60 ans d’existence. Elle continue de fournir de l’électricité en Guinée tout en incarnant une coopération durable entre ingénieurs chinois et techniciens locaux.
Au cœur du massif du Fouta-Djalon en Guinée, la rivière Kokoulo serpente à travers les montagnes, tandis que l'électricité produite par la centrale hydroélectrique de Kinkon alimente des villes et des villages du pays.
Le 9 juin 1966, la centrale hydroélectrique de Kinkon, construite par China International Water & Electric Corporation (CWE), filiale de la China Communications Construction Group Company Limited (CCCG), a été officiellement remise à la Guinée.
Ce projet a marqué une étape importante tant pour la Guinée que pour la Chine. Il s'agissait de la première centrale hydroélectrique achevée en Guinée après l'indépendance et du premier projet hydroélectrique réalisé par la Chine sous forme d'aide complète à l'étranger, les experts chinois ayant assuré l'ensemble des étapes, depuis les études et la conception jusqu'à la construction.
Au cours des six dernières décennies, cette centrale, dotée d'une puissance installée de 3.400 kilowatts, est restée en exploitation. Produisant en moyenne 16 millions de kilowattheures d'électricité par an, elle alimente depuis longtemps les préfectures de Pita, Labé, Dalaba et Mamou. Les habitants la considèrent comme un joyau qui illumine les nuits de Guinée.
Symbole de l'amitié sino-guinéenne, la centrale hydroélectrique de Kinkon a figuré à deux reprises sur les billets guinéens de 5.000 francs. Au-delà de l'éclairage des foyers et des communautés, elle a été le témoin de plusieurs générations de bâtisseurs chinois et guinéens œuvrant côte à côte pour un développement commun.
"Au départ, je pensais rentrer en Chine après avoir accompli une mission d'assistance technique de deux ans à la centrale. Finalement, je suis resté 15 ans", a déclaré Hu Yang, impliqué dans le projet d'assistance technique pour la centrale depuis 2011.
Selon lui, son ambition a toujours été de veiller au bon fonctionnement de la centrale afin qu'elle continue de servir les populations locales. Ce qui l'a retenu en Guinée n'est pas seulement le sens des responsabilités envers son travail, mais aussi les liens d'amitié noués avec les habitants.
Un jour, un chef de village est venu au campement chinois avec des médicaments antipaludiques et du matériel de protection. "Il nous a dit : 'Vous faites aussi partie de notre village. Vous êtes nos frères et nous devons veiller à votre santé et à votre sécurité.'", a rappelé Hu Yang.
Les agriculteurs locaux réservent souvent leurs légumes les plus frais aux employés chinois, tandis que les ingénieurs chinois profitent de leurs passages dans les villages pour aider les habitants à inspecter et à réparer les lignes électriques.
Au fil des années, la centrale hydroélectrique est devenue bien plus qu'un simple projet d'ingénierie. Elle porte également une profonde signification en matière d'échanges humains.
"Participer à l'effort visant à maintenir la centrale de Kinkon en fonctionnement continu pendant 60 ans constitue l'une des plus grandes fiertés de ma carrière", a affirmé Hu Yang.
Dembadouno Pelico, qui avait commencé à travailler comme stagiaire en 2003 et est devenu directeur de la centrale hydroélectrique de Kinkon depuis 2025, a indiqué que les techniciens guinéens et chinois forment désormais une équipe parfaitement coordonnée.
"Les travaux, nous les faisons ensemble. S'il y a une panne, nous évoluons ensemble. La communication, elle est entre nous", a-t-il témoigné.
Grâce à la formation continue et à l'accompagnement assurés par la partie chinoise, les compétences et le savoir-faire technique ont été progressivement transmis. Un nombre croissant de techniciens guinéens occupent aujourd'hui des postes clés dans l'exploitation et la gestion de la centrale.
"Je souhaite vraiment que la collaboration continue et que les liens soient aussi plus forts qu'avant", a déclaré M. Pelico, exprimant également le souhait que la coopération bilatérale dans le domaine hydroélectrique puisse s'étendre à davantage de régions du pays et bénéficier à un plus grand nombre de personnes.
Souleymane Diallo, ingénieur retraité de 73 ans, a vu grandir la centrale hydroélectrique de Kinkon au fil des décennies.
"(...) C'était vraiment impressionnant. C'était la première fois qu'on avait (le courant) depuis le temps colonial, qu'on (en) avait suffisamment 24 heures sur 24", a-t-il expliqué.
Témoin, dans son enfance, de l'achèvement de la centrale hydroélectrique de Kinkon, M. Diallo est devenu ingénieur et a ensuite participé à la construction des centrales hydroélectriques de Kaléta et de Souapiti.
Selon CWE Guinée, l'entreprise est profondément engagée dans le développement hydroélectrique du pays depuis les années 1960 et a participé à plusieurs projets majeurs, notamment Kinkon, Kaléta et Souapiti.
Les centrales hydroélectriques de Kaléta et de Souapiti figurent parmi les projets énergétiques les plus importants de Guinée. Ensemble, elles fournissent actuellement environ 80% de l'électricité du pays, contribuant de manière significative à la sécurité énergétique, à l'amélioration des conditions de vie et au développement écologique.
Il y a 60 ans, la centrale hydroélectrique de Kinkon a apporté la lumière de l'industrie moderne au massif du Fouta-Djalon. Six décennies plus tard, elle continue d'alimenter le développement économique et social de la Guinée grâce à un flux constant d'énergie propre.
A l'image de la rivière Kokoulo qui coule sans interruption à ses côtés, l'amitié et la coopération incarnées par cette centrale continuent de prospérer dans la nouvelle ère, éclairant un avenir de développement partagé entre la Chine et la Guinée.
Source : Xinhua