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[Koumassi-Campement] La voix d’une députée brise le silence parlementaire

[Koumassi-Campement] La voix d’une députée brise le silence parlementaire

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Lors d’un point-presse à Abidjan, une responsable politique a répondu aux médias sur une affaire de déguerpissement à Koumassi-Campement, appelant à la transparence institutionnelle et à l’intervention du Parlement dans le respect du droit.

ABIDJAN, 24 juin 2026 (Crocinfos) — Les enquêtes judiciaires ouvertes après les démolitions du quartier Koumassi-Campement ne doivent pas conduire le Parlement ivoirien à l’attentisme, estime la députée de Koumassi, Adjaratou Traoré-Coulibaly, qui réclame des explications sur la chaîne de décision ayant conduit à l’opération du 3 juin.

Ce jour-là, des engins ont détruit de nombreuses habitations et des commerces au quartier Houphouët-Boigny, dit « Campement ». L’opération était présentée comme l’exécution d’une décision judiciaire relative à un litige foncier portant sur environ 34 hectares.

Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a cependant indiqué que la juridiction saisie avait rejeté la demande de démolition. Cette requête ne concernait, selon le parquet, que cinq habitations et non l’ensemble du site.

Alloui Brou Jacques, présenté comme l’instigateur de l’opération, a été interpellé le 18 juin à Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët. Il demeure présumé innocent tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi sa culpabilité.

Plusieurs responsables ont également été entendus. Parmi eux figurent Boa Krapa Valérie, directrice générale des services techniques du District autonome d’Abidjan, Ballet Narcisse Toussaint, maire de Koumassi, et Kindo Moumouni, responsable de l’entreprise SEKF, propriétaire des engins mobilisés.

La Haute Autorité pour la bonne gouvernance, présidée par Épiphane Zoro Bi Ballo, a engagé des vérifications documentaires. Elles portent notamment sur les titres fonciers, les autorisations administratives, le recours à la force publique et les responsabilités des administrations concernées.

Pour Adjaratou Traoré-Coulibaly, l’affaire ne saurait toutefois être limitée à un seul homme. « La vérité doit remonter toute la chaîne de responsabilité », affirme l’élue, qui a annoncé le dépôt d’une question orale avec débat à l’Assemblée nationale.

Sa démarche vise notamment Jean Sansan Kambilé, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, et Moussa Sanogo, ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie.

Les conditions d’intervention des services du District autonome d’Abidjan et de la force publique pourraient également justifier l’audition d’Ibrahim Cissé Bacongo, ministre-gouverneur d’Abidjan, ainsi que de Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre chargé de la Défense. Ces auditions relèveraient toutefois d’une décision des organes compétents du Parlement.

L’existence d’une procédure judiciaire ne suspend pas le contrôle parlementaire. L’Assemblée nationale et le Sénat peuvent examiner les responsabilités politiques et administratives sans interférer dans la détermination des responsabilités pénales individuelles.

À Koumassi-Campement, les bulldozers se sont tus. La question de savoir qui les a autorisés, elle, demeure entière.


Kpan Charles