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C R O C I N F O S

[Violences sexuelles en conflit] Namizata Sangaré place la dignité humaine au cœur de la riposte.

[Violences sexuelles en conflit] Namizata Sangaré place la dignité humaine au cœur de la riposte.

Une école ouvre ses portes dans la zone exempte d'armes à l'est du complexe de la « Maison des Nations Unies » de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) à Juba.

À l’occasion du 19 juin 2026, Namizata Sangaré rappelle l’urgence juridique et humaine de lutter contre les violences sexuelles en conflit, crimes internationaux graves affectant enfants et civils, appelant à justice, protection et réparation effective.

ABIDJAN, 19 juin 2026 (crocinfos)L’experte ivoirienne en droits humains Namizata Sangaré, ancienne présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), a placé la dignité humaine et la protection des personnes vulnérables au cœur de son engagement, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit.

Dans une présentation consacrée au thème « Faire de la vulnérabilité une arme en temps de guerre », Mme Sangaré rappelle que le développement humain ne peut être dissocié du respect des engagements internationaux souscrits par les États. Pour elle, la ratification des conventions et traités impose des obligations concrètes de prévention, de protection, de poursuite des auteurs et de réparation des victimes.

Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies, la journée du 19 juin vise à sensibiliser l’opinion publique à l’utilisation des violences sexuelles comme méthode de guerre et à renforcer la solidarité envers les survivantes et survivants. Ces crimes touchent particulièrement les enfants, filles comme garçons, souvent réduits au silence par la peur, la stigmatisation, les pressions familiales ou les normes sociales.

La violence sexuelle contre les enfants figure parmi les six violations graves recensées par le Conseil de sécurité de l’ONU dans les conflits armés. Elle peut servir à terroriser les populations, désorganiser les communautés, provoquer des déplacements forcés ou imposer une domination durable.

Ses conséquences sont multiples : traumatismes psychologiques, blessures, infections, grossesses précoces, exclusion sociale, traite et travail forcé. Le silence des victimes, souligne la présentation, ne saurait être assimilé à un consentement.

Sur le plan juridique, le viol et d’autres formes de violence sexuelle peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité lorsqu’ils remplissent les conditions prévues par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. La Côte d’Ivoire, État partie depuis 2013, est tenue de combattre l’impunité et de renforcer son dispositif national.

Mme Sangaré appelle ainsi les pouvoirs publics, les institutions judiciaires, les organisations internationales et la société civile à consolider les mécanismes d’alerte, l’assistance médicale et psychosociale, la protection des témoins et l’accès des victimes à la justice et à la réparation effective.


Athanase Kangah