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Face aux signes du temps, il est crucial qu’une Nation fasse preuve de lucidité, non pas en parlant fort, mais en écoutant avec discernement, afin de restaurer la confiance et garantir une paix durable.
Par Yaya Fofana, Président du MFA
Il existe, dans la vie d’une Nation, des moments où le courage le plus exigeant n’est pas de parler fort, mais de parler juste. Reconnaître qu’un malaise s’installe n’est jamais une faiblesse. C’est au contraire un acte de responsabilité. Lorsque le peuple ressent confusément que quelque chose se dérègle, que la trajectoire collective semble hésiter, le devoir de ceux qui portent les institutions est d’entendre ce murmure avant qu’il ne se transforme en cri.
Notre pays mérite la vérité, la justice et le respect. Les institutions républicaines n’ont pas été conçues pour servir des intérêts particuliers, mais pour garantir l’égalité et la protection de chaque citoyen, du plus humble au plus puissant. C’est en consolidant l’indépendance de la justice, en renforçant la crédibilité du processus électoral et en revalorisant le rôle du Parlement et la défense des citoyens par le Sénat que la confiance pourra être restaurée et les consciences apaisées. Une République solide ne redoute pas la critique, elle s’en nourrit pour se corriger et se renforcer.
Les signes d’inquiétude qui traversent aujourd’hui la société, tensions diffuses, frustrations sociales, incompréhensions persistantes, ne doivent ni être minimisés ni méprisés. Ils constituent un signal d’alerte, une invitation à mieux écouter et à mieux partager les fruits du progrès. Il ne saurait y avoir d’opposition entre stabilité et liberté. Le véritable enjeu consiste à concilier l’autorité légitime de l’État avec le respect des droits, la continuité nationale avec l’ouverture nécessaire au changement. C’est ainsi que naît une paix durable et non une simple accalmie fragile.
Notre pays mérite la vérité, la justice et le respect. Les institutions républicaines n’ont pas été conçues pour servir des intérêts particuliers, mais pour garantir l’égalité et la protection de chaque citoyen, du plus humble au plus puissant.
Ce message s’adresse à tous, responsables politiques, leaders d’opinion, autorités religieuses et traditionnelles, jeunesse, femmes, travailleurs, monde rural comme urbain. Personne n’est superflu lorsqu’il s’agit de relever une Nation. Les visions peuvent diverger, mais la patrie demeure unique. Le débat, la contestation et la proposition sont légitimes dès lors qu’ils s’inscrivent dans le cadre républicain et dans le respect des lois, des symboles et des institutions qui transcendent les individus. Comme l’enseignait le Président Félix Houphouët-Boigny, la paix véritable ne se conserve pas par la force mais par l’écoute, le dialogue et le respect mutuel.
L’avenir ne doit être guidé ni par la peur ni par la résignation, mais par une lucidité sereine et une ambition collective. Il s’agit d’ouvrir un dialogue politique sincère, d’entendre les alertes, de corriger les dérives et de préserver ce qui unit. Aucune trajectoire nationale n’est irréversible, une route peut toujours être redressée lorsque la volonté commune l’emporte. Les grandes Nations avancent lorsque leurs dirigeants savent reconnaître le moment où l’histoire attend moins la prolongation d’une œuvre que son accomplissement durable à travers des institutions apaisées et une confiance renouvelée entre les générations.
Notre pays a déjà traversé des épreuves que beaucoup pensaient insurmontables. Chaque fois, il s’est relevé en choisissant le rassemblement plutôt que la revanche, la loi plutôt que l’arbitraire, la vision plutôt que l’improvisation. C’est ce choix de responsabilité, de respect et d’avenir qu’il nous appartient aujourd’hui de renouveler.
Fait le 23 février 2026