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Le Conseil national de sécurité a renforcé, mercredi 30 septembre 2026 à Abidjan, les moyens des forces engagées contre l’orpaillage illégal, avec une première dotation en véhicules, motos, zodiacs et équipements de renseignement.
Abidjan, le 1er octobre 2026 (crocinfos.net) – Le Conseil national de sécurité (CNS) a procédé, mercredi 30 septembre 2026, à la caserne de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, à la remise d’une première dotation en moyens roulants, de navigation et de renseignement aux forces engagées dans la lutte contre l’orpaillage illégal.
La cérémonie, présidée par le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, vise à renforcer les capacités opérationnelles des unités déployées dans les zones affectées par le phénomène. Les équipements sont destinés notamment au Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI), à la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI) ainsi qu’aux forces locales, sous la coordination des préfets.
Une première dotation avant la livraison d’un lot plus important
Cette première tranche comprend 30 véhicules pick-up, 35 véhicules de transport de troupes, 300 motos, 12 zodiacs et des drones. Elle s’inscrit dans une commande globale du CNS comprenant, au total, 48 pick-up, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, 35 drones et 10 GPS.
Les moyens remis doivent notamment améliorer la mobilité des unités, la surveillance des zones difficiles d’accès, les capacités d’intervention ainsi que le renseignement.
Selon Téné Birahima Ouattara, cette acquisition doit contribuer à la protection des populations, à la sécurisation du territoire et à la préservation des ressources nationales. Le ministre a également appelé les différents acteurs à renforcer le partage d’informations et la coordination des interventions.
Six mois pour intensifier la lutte
Le vice-Premier ministre a qualifié l’orpaillage illégal de « préoccupation nationale », en raison notamment de ses conséquences évoquées par les autorités sur la sécurité, l’environnement, les terres agricoles et les ressources en eau.
Il a rappelé la décision du CNS d’engager une nouvelle phase d’action sur une période de six mois, tout en réaffirmant que les opérations doivent être conduites dans le respect de la loi et des droits des populations.
Plus de 1 000 sites déguerpis selon le CNS
Le ministre, directeur de Cabinet du Président de la République et secrétaire exécutif du CNS, Fidèle Sarassoro, a présenté le bilan des opérations menées par le GSLOI.
Selon les chiffres communiqués par les autorités, celles-ci ont permis le déguerpissement de plus de 1 000 sites, le déferrement de 4 665 individus et la saisie de 745 pelleteuses, ainsi que d’importantes quantités d’or.
Malgré ces opérations, le CNS fait état d’un regain des activités clandestines. Fidèle Sarassoro a notamment évoqué des complicités locales et des financements extérieurs parmi les facteurs avancés pour expliquer cette reprise.
Les recommandations issues de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, tenu à Yamoussoukro en septembre, ont été intégrées au dispositif présenté par les autorités. Elles portent notamment sur le renforcement du renseignement, de la surveillance, de la coordination et des capacités opérationnelles.
Les préfets placés au cœur du dispositif
Le préfet de région de l’Indénié-Djuablin, préfet d’Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène, a souligné le rôle désormais dévolu aux préfets dans la conception et la planification des opérations avec les forces locales et le GSLOI.
Le général de corps d’armée Touré Alexandre Apalo, commandant supérieur de la Gendarmerie nationale, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité des unités engagées dans ces opérations. Il a annoncé des sanctions contre les agents qui seraient impliqués dans des actes de corruption ou de collaboration avec les acteurs de l’orpaillage illégal.
La cérémonie a également été marquée par une dotation en carburant accordée au CNS par la Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI), au titre de sa responsabilité sociétale.
Avec cette première livraison, le CNS entend ainsi renforcer les moyens matériels des forces engagées sur le terrain et améliorer la coordination du dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal dans les régions concernées.
Médard KOFFI