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L’OIA Café-Cacao a pris ses distances avec les récentes déclarations d’un de ses administrateurs sur les prix du café et du cacao, appelant producteurs et acteurs de la filière à l’apaisement.
Abidjan, le 9 septembre 2026 (crocinfos.net) – L’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière Café-Cacao de Côte d’Ivoire (OIA Café-Cacao) a réagi aux récentes prises de position de l’un de ses administrateurs concernant les prix annoncés pour la campagne 2026-2027.
Dans une déclaration publique faite mardi 8 septembre 2026, à son siège de Cocody-Angré, à Abidjan, l’organisation a précisé que les propos tenus par Thibeaut Yoro, administrateur de l’OIA Café-Cacao, relevaient d’une initiative personnelle et n’engageaient aucunement les instances dirigeantes de l’interprofession.
La mise au point a été lue par Obed Blondé Doua, porte-parole de l’organisation, au nom du président du Conseil d’administration, Siaka Diakité.
Des déclarations à titre personnel
Cette réaction intervient après les prises de position de Thibeaut Yoro sur les prix fixés par le Gouvernement à l’ouverture de la campagne 2026-2027. L’administrateur avait notamment exprimé sa déception et formulé des critiques concernant certains mécanismes de commercialisation du café et du cacao, notamment les ventes par anticipation et les fonds de réserve.
L’OIA Café-Cacao assure toutefois qu’aucune délibération de ses organes compétents n’a précédé ces déclarations.
« Ces déclarations n’engagent ni l’Organisation, ni son Président, ni son Conseil d’Administration, ni son Bureau, ni l’ensemble de ses membres », précise la déclaration rendue publique mardi.
L’interprofession invite ainsi ses administrateurs et ses membres à respecter les textes qui régissent son fonctionnement ainsi que les procédures internes en matière de communication.
L’OIA réaffirme son soutien à la politique gouvernementale
L’organisation rappelle par ailleurs la position qu’elle avait exprimée le 3 septembre dernier, à l’occasion de l’ouverture officielle de la campagne 2026-2027. Elle avait alors appelé les producteurs à la sérénité et à maintenir leur confiance dans les pouvoirs publics.
Pour justifier cette position, l’OIA Café-Cacao met en avant plusieurs mesures prises en faveur des producteurs. Elle cite notamment le prix de 2 800 FCFA le kilogramme, appliqué lorsque les conditions du marché le permettaient, ainsi que le maintien du prix à 1 200 FCFA/kg, malgré la forte baisse enregistrée sur le marché international.
L’interprofession rappelle également l’évolution du prix du cacao, passé de 1 100 FCFA/kg en 2011 à 2 200 FCFA/kg avant la crise, ainsi que la prise en charge à 100 % de la Couverture maladie universelle (CMU) des producteurs.
À cela s’ajoute, selon l’organisation, la défense du Différentiel de revenu décent (DRD) de 400 dollars, destiné à contribuer à l’amélioration des revenus des producteurs de cacao.
Pour l’OIA Café-Cacao, ces mesures témoignent de la volonté des pouvoirs publics de soutenir les producteurs et de préserver les revenus au sein de la filière.
« Notre combat n’est pas un combat contre notre Gouvernement. Notre combat, c’est ensemble, pour une filière plus juste », soutient l’organisation.
Appel au dialogue et rejet des appels à la grève
Tout en reconnaissant la légitimité des préoccupations exprimées par les producteurs, l’OIA estime que les difficultés et revendications doivent être examinées dans le cadre d’un dialogue constructif avec le Gouvernement et l’ensemble des acteurs de la filière.
Elle appelle donc ses administrateurs et ses membres à privilégier les mécanismes de concertation prévus par les textes et à éviter toute prise de position susceptible de créer des tensions au sein de l’interprofession.
L’OIA Café-Cacao invite également les producteurs à poursuivre leurs activités « dans le calme et la responsabilité », tout en respectant les règles relatives à la traçabilité et à la carte du producteur.
Dans le même esprit, elle demande aux producteurs et aux Organisations professionnelles agricoles (OPA) de ne pas donner suite aux appels à la grève, à la rétention des produits ou au boycott lancés par certaines organisations syndicales.
Selon l’interprofession, de telles actions pourraient fragiliser la stabilité de la filière et porter atteinte à la cohésion sociale.
Une tournée d’écoute annoncée dans les zones de production
Pour renouer et renforcer le dialogue avec les producteurs, l’OIA Café-Cacao annonce une tournée d’écoute, d’information et de sensibilisation dans plusieurs zones de production.
Le lancement de cette opération est prévu le samedi 12 septembre 2026 à Divo.
À travers cette initiative, l’organisation entend aller à la rencontre des producteurs afin d’écouter leurs préoccupations, de mieux expliquer les décisions prises dans le cadre de la campagne 2026-2027 et de favoriser une meilleure compréhension entre les différents acteurs.
Cette tournée devrait également contribuer à créer les conditions d’une campagne de commercialisation apaisée, alors que les débats autour des prix et des mécanismes de commercialisation continuent de susciter des réactions dans la principale filière agricole d’exportation de la Côte d’Ivoire.
L’OIA Café-Cacao réaffirme ainsi sa volonté de privilégier le dialogue, la concertation et la responsabilité collective pour relever les défis de la filière et défendre durablement les intérêts des producteurs.
Médard KOFFI