Assalé Tiémoko Antoine. Ph. Archives
Antoine Assalé Tiémoko, président du mouvement Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire, a été placé sous contrôle judiciaire vendredi 15 mai, après sa convocation pour diffusion de fausses nouvelles et trouble à l’ordre public.
ABIDJAN, 15 mai 2026 (crocinfos)— Le président du mouvement politique Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire (ADCI), Antoine Assalé Tiémoko, a été placé sous contrôle judiciaire, vendredi 15 mai, après sa comparution devant la doyenne des juges d’instruction en charge du 8ᵉ cabinet au Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau.
À l’issue de cette audition, il lui a été notifié son inculpation pour « diffusion de fausses nouvelles », « trouble à l’ordre public » et « émission d’expressions outrageantes », selon les éléments communiqués autour de la procédure. L’actuel maire de Tiassalé a regagné son domicile après cette décision, qui le maintient libre mais sous l’autorité du juge d’instruction.
La chronologie de l’affaire éclaire sa portée politique. Le 23 avril 2026, Antoine Assalé Tiémoko avait été placé en garde à vue, avant que celle-ci ne soit levée, son état de santé ayant conduit à son maintien en observation médicale. Quelques semaines plus tard, le 11 mai, il a été empêché d’embarquer sur un vol à destination du Canada, sans présentation d’un document officiel, d’après son mouvement politique ADCI. Le 12 mai, une convocation lui a ensuite été remise pour se présenter le 15 mai devant la doyenne des juges d’instruction du 8ᵉ cabinet d’Abidjan.
Sur le plan strictement procédural, le contrôle judiciaire est une mesure prévue par le Code de procédure pénale ivoirien. Il peut être ordonné par le juge d’instruction lorsqu’une personne inculpée encourt une peine d’emprisonnement, sans préjuger de sa culpabilité.
Mais, pour plusieurs juristes, l’enchaînement des faits — garde à vue, empêchement de voyager, convocation judiciaire, inculpation puis contrôle judiciaire — donne à cette affaire une coloration essentiellement politique. Ils estiment que les qualifications retenues, notamment le trouble à l’ordre public et la diffusion de fausses nouvelles, doivent être appréciées avec prudence lorsqu’elles visent un acteur engagé dans le débat public.
Le mouvement politique, ADCI a, de son côté, appelle ses militants au calme et à la sérénité, tout en poursuivant son implantation politique. La procédure suit désormais son cours devant le juge d’instruction.
Athanase Kangah