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La Côte d'Ivoire, leader mondial de la production de cacao, fait face au défi majeur de la transformation locale. Bien que les exportations de cacao transformé aient augmenté, l'objectif de 50 % d'ici 2030 reste ambitieux.
Abidjan (Côte d’Ivoire), le 1er avril 2026 (crocinfos)---La Côte d'Ivoire est indiscutablement le leader mondial de la production de cacao. En 2023, le pays a produit 1,9 million de tonnes de fèves, soit environ 40 % de la production mondiale, selon l'Organisation Internationale du Cacao (ICCO). Cette position dominante permet à la Côte d'Ivoire de récolter d'importants revenus d'exportation, estimés à 2 018 milliards de francs CFA pour l'année 2023. Cependant, malgré ce leadership incontestable, un défi de taille persiste : celui de la transformation locale du cacao.
La transformation du cacao représente un enjeu stratégique pour le pays, permettant non seulement de maximiser la valeur ajoutée mais aussi de réduire les inégalités dans la chaîne de valeur. En effet, une étude de la FAO sur la répartition de la valeur dans la filière cacao-chocolat révèle des inégalités notables : 70 % de la valeur totale et 90 % des marges générées par cette filière sont captées par les marques et distributeurs, tandis que les producteurs, qui se situent en amont de la chaîne, ne récupèrent que 18,6 % de la valeur totale et moins de 7,5 % des marges.
Face à cette réalité, le gouvernement ivoirien et ses partenaires ont entrepris des efforts soutenus pour stimuler la transformation locale. En 2023, les exportations de cacao transformé ont augmenté de 35 % par rapport à 2019, atteignant 648 000 tonnes, contre 482 000 tonnes en 2019. Cette progression démontre un réel progrès, bien que le taux de transformation demeure encore faible au regard de l’objectif ambitieux de la Côte d'Ivoire : transformer 50 % de son cacao d'ici 2030.
Le pays bénéficie d'un climat des affaires en amélioration et d'une politique économique favorable, axée sur l'attraction des Investissements Directs Étrangers (IDE). Ces efforts devraient offrir de belles perspectives pour l’avenir de la filière cacao ivoirienne, qui aspire à plus de valeur ajoutée et à une meilleure redistribution des bénéfices.
Source : ICCO Bulletin N°2, 2024