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Le ministère délégué chargé des Affaires maritimes a livré sa version des faits après la grève du SYNABEPAM du 8 juin 2026, justifiant les interpellations opérées et affirmant avoir privilégié le dialogue jusqu’au dernier moment.
Abidjan, le 15 juin 2026 (crocinfos.net) – Le ministère délégué chargé des Affaires maritimes revient sur la grève du SYNABEPAM, les négociations engagées, les arrestations de 50 agents et les poursuites judiciaires visant 34 d’entre eux.
Le bras de fer entre le Syndicat Agir pour le Bien-Être des Agents des Affaires Maritimes (SYNABEPAM) et les autorités maritimes ivoiriennes connaît un nouveau développement. Dans une note officielle signée par le Colonel-Major Laurent Assoumou, Inspecteur général des services des Affaires maritimes, le ministère délégué chargé des Affaires maritimes a apporté des précisions sur les circonstances ayant conduit aux arrestations d’agents lors du mouvement de grève observé le 8 juin dernier.
Neuf revendications à l’origine du conflit
Selon le document officiel, le conflit trouve son origine dans un préavis de grève illimitée déposé le 20 avril 2026 par le SYNABEPAM auprès du ministère de la Fonction publique. Ce préavis était motivé par neuf revendications portant notamment sur les conditions de travail et les avantages financiers des agents.
Dès le dépôt du préavis, plusieurs rencontres ont été organisées afin d’éviter un arrêt de travail. Le Directeur général des Affaires maritimes a reçu les responsables syndicaux le 27 avril 2026 avant que le ministre délégué chargé des Affaires maritimes ne les rencontre à son tour le lendemain.
À l’issue de ces échanges, le mot d’ordre de grève avait été provisoirement suspendu afin de permettre la poursuite des discussions.
Des négociations sans compromis
Pour approfondir les échanges, un groupe de travail présidé par l’Inspection générale des services des Affaires maritimes a été mis en place. Les discussions ont permis, selon le ministère, de dégager un consensus sur sept des neuf revendications soulevées par le syndicat.
Les deux principaux points de blocage concernaient la revalorisation de la prime trimestrielle et le paiement du complément à l’indemnité contributive au logement.
Concernant la prime trimestrielle, les autorités expliquent que des contraintes budgétaires empêchent pour l’instant une augmentation immédiate, le volume actuel des dépenses de personnel dépassant déjà les plafonds réglementaires autorisés.
S’agissant de l’indemnité contributive au logement, le ministère affirme avoir déjà initié un projet de décret destiné à intégrer ce complément dans le budget de l’État. Des preuves de cette démarche auraient été présentées aux responsables syndicaux au cours des négociations.
Malgré ces explications, le SYNABEPAM aurait maintenu ses exigences, réclamant notamment une augmentation de 40 % de la prime trimestrielle ainsi que le paiement effectif du complément de logement avant le 30 juin 2026.
Une ultime médiation avant la grève
Face à l’impasse, de nouvelles rencontres ont été organisées, notamment le 19 mai puis le 7 juin 2026, veille du déclenchement de la grève.
Le ministère indique que le directeur de cabinet du ministre des Transports et des Affaires maritimes avait demandé au syndicat de surseoir à son mouvement afin de permettre au ministre, alors en mission, de recevoir les responsables syndicaux dès son retour.
Cette proposition n’a toutefois pas été acceptée par le SYNABEPAM qui a maintenu son mot d’ordre.
Le ministère évoque des troubles à l’ordre public
Selon la note officielle, le mouvement de grève du 8 juin a dépassé le simple cadre d’une cessation de travail.
Les autorités affirment qu’un groupe d’agents s’est rassemblé devant le siège de la Direction générale des Affaires maritimes, certains portant des cagoules tandis que d’autres exhibaient des pancartes. Le ministère soutient que les manifestants auraient empêché l’accès aux locaux administratifs et obstrué la voie publique, perturbant la circulation des usagers et des riverains.
Estimant que la situation constituait un trouble à l’ordre public, les autorités sécuritaires auraient alors ordonné l’intervention des forces de l’ordre.
50 interpellations et 34 agents poursuivis
L’opération menée par la Police nationale et la Gendarmerie a conduit à l’interpellation de cinquante agents des Affaires maritimes.
Après les premières vérifications, seize personnes ont été relâchées, les enquêteurs estimant qu’elles n’étaient pas impliquées dans les faits reprochés.
En revanche, trente-quatre agents ont été déférés devant le Procureur de la République. Leur comparution devant la justice est prévue pour le 23 juin 2026.
Le ministère défend le droit de grève mais condamne certains actes
Dans ses observations finales, l’administration maritime rappelle que le droit de grève est reconnu aux fonctionnaires et agents de l’État. Toutefois, elle souligne que ce droit ne saurait inclure l’occupation des accès administratifs, l’entrave à la libre circulation des usagers ou encore l’obstruction de la voie publique.
Pour le ministère, les agents concernés n’ont pas été interpellés pour avoir exercé leur droit de grève, mais pour des actes considérés comme des atteintes à l’ordre public.
Cette position officielle intervient alors que le SYNABEPAM continue de dénoncer une répression syndicale et réclame la libération de ses membres arrêtés. Le dossier, désormais sur le terrain judiciaire, pourrait constituer un nouveau test pour le dialogue social au sein des affaires maritimes ivoiriennes.
Médard KOFFI