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C R O C I N F O S

[Vaccination 2026] La Côte d'Ivoire lance le Big Catch-Up pour combattre le retard vaccinal

[Vaccination 2026] La Côte d'Ivoire lance le Big Catch-Up pour combattre le retard vaccinal

Lors de l'allocution de Soro Kountélé, directeur de cabinet du ministre de la Santé. À l'extrême droite Ouattara Clément (chemise marron)

Le programme Big Catch-Up a été lancé en 2026 pour rattraper le retard vaccinal de plus de 2 millions d'enfants en Côte d'Ivoire. Avec des équipements et un soutien renforcé, le pays cible les enfants non vaccinés, notamment dans les zones rurales.

Abidjan, le 19 février 2026 (crocinfos)---La cérémonie du lancement officiel du Big Catch-Up a eu lieu à la Formation Sanitaire Urbaine à Base Communautaire (FSUCOM) de Yopougon, dans le quartier de Ouassakara Attié, le jeudi 19 février 2026. Cette initiative, portée par Soro Kountélé, directeur de cabinet du ministre de la Santé, Pierre N'Gou Dimba, marque un tournant dans la lutte contre le retard vaccinal qui touche plus de deux millions d'enfants en Côte d'Ivoire. En effet, suite aux perturbations causées par la pandémie de COVID-19, qui a désorganisé les services de santé et de vaccination à travers le pays, ce programme vise à inverser cette tendance alarmante.

Entre 2020 et 2023, la pandémie a provoqué la fermeture des structures sanitaires, des confinements et une méfiance croissante des parents face à la vaccination, engendrant un retard significatif dans la couverture vaccinale des enfants. « À ce jour, plus de 2 millions d'enfants âgés de 0 à 59 mois n'ont pas été complètement vaccinés, exposant ainsi la population à des risques sanitaires évitables, notamment des épidémies », a indiqué M. Soro. Ce chiffre préoccupant a conduit à la mise en place du programme Big Catch-Up, qui vise principalement les enfants dits "zéro dose", c'est-à-dire ceux n'ayant reçu aucune vaccination, ainsi que ceux sous-vaccinés.

Le programme se concentre sur une approche ciblée pour atteindre ces enfants, en mettant l'accent sur les zones rurales et difficiles d'accès, où la couverture vaccinale est encore plus faible. Dans son discours, le directeur de cabinet a soutenu que plusieurs mesures ont été prises pour assurer l'efficacité de ce programme, parmi lesquelles le renforcement des ressources humaines dédiées à la vaccination, l'implantation de nouveaux dépôts de vaccins, l'introduction de technologies innovantes pour la distribution des produits de santé, et l'augmentation du nombre de sites de vaccination, qui passeront de 2 650 en 2022 à 3 186 en 2026.

Le soutien de partenaires internationaux, comme Gavi, a permis à la Côte d'Ivoire de recevoir 8 885 100 doses de vaccins, intensifiant ainsi les actions de vaccination à l'échelle nationale. Cependant, malgré ces avancées notables, des poches de difficulté persistent, notamment dans certaines régions du sud et du nord du pays, ainsi que dans des zones d'Abidjan. Pour y remédier, le programme Big Catch-Up a été prolongé jusqu'au 31 mars 2026, avec pour objectif d'atteindre une couverture vaccinale complète et équitable pour tous les enfants ivoiriens.

Toutefois, l’allocution du Dr BROU Gbotto Raymond, directeur coordonnateur du Programme Élargi de Vaccination (PEV), axé sur la redevabilité, s’est conclue par la remise de dons aux établissements et aux parents ayant scrupuleusement suivi le protocole de vaccination.


Les doléances des ESCOM

Lors de cette cérémonie, le président de la Confédération Nationale des Établissements de Santé à Base Communautaire de Côte d'Ivoire (FSUCOM), Ouattara Clément, a exprimé ses préoccupations et formulé des doléances urgentes concernant la situation sanitaire en Côte d'Ivoire, en particulier dans les établissements communautaires. Il a salué l'initiative du Big Catch-Up et la mobilisation des autorités sanitaires, mais a souligné des défis persistants qui nuisent à l'efficacité du système de santé.

L'une des préoccupations majeures soulevées par M. Ouattara est le faible nombre d'ambulances disponibles pour les établissements de santé communautaire. Malgré des progrès significatifs, comme l’acquisition de 15 ambulances pour 40 structures, certaines zones, notamment Niangon et Abobo, sont encore mal desservies en termes d'évacuation sanitaire. À Abobo, par exemple, avec ses 12 structures de santé, une seule ambulance est disponible, rendant les évacuations sanitaires difficiles, voire dangereuses, pour les patients. Le président de la FSUCOM a donc lancé un appel pressant pour l’acquisition d’ambulances supplémentaires afin d’assurer une couverture équitable et d’améliorer l’efficacité des interventions sanitaires, en particulier pour les femmes enceintes et les enfants.

En outre, il a souligné que la prévention reste un défi majeur. Bien que des efforts aient été fournis pour renforcer les équipements logistiques nécessaires à la vaccination mobile et communautaire, ces actions coûtent cher, et les moyens restent insuffisants. Il a rappelé que la réussite de la vaccination implique d'aller au-devant des populations, notamment dans les zones rurales et les régions difficiles d'accès, nécessitant un financement adéquat, des ressources humaines suffisantes et une logistique optimisée. Il a félicité le Directeur-Coordinateur du DCPEV, Dr Brou Raymond, pour son engagement et ses réussites dans la mise en place de solutions innovantes, telles que la distribution de réfrigérateurs, de thermos et d'équipements logistiques.

En plus de la question des ambulances, d'autres défis subsistent, notamment en ce qui concerne la gestion des infrastructures sanitaires, l'amélioration des conditions de sécurité autour des structures de santé, ainsi que l'accès à des soins de qualité. Le PCA de la FSUCOM de Ouaassakara a également remercié les autorités locales et les partenaires financiers pour leurs efforts, mais a insisté sur la nécessité de poursuivre l’engagement en faveur des communautés, surtout les plus vulnérables.

Tout en exprimant des remerciements sincères pour les progrès réalisés, Ouattara Clément a appelé à une continuité dans les efforts pour renforcer les infrastructures sanitaires et améliorer l’accès aux soins. Il a insisté sur l'importance de garantir une couverture vaccinale pour tous les enfants et d'assurer un système de santé robuste et équitable. Selon lui, un véritable progrès en matière de santé publique ne pourra être atteint que si les besoins urgents sont pris en compte et les ressources adéquates allouées à l’amélioration des services.


KONE Sériba


[Renforcement des activités de vaccination et distribution d’équipements aux structures sanitaires d’Abidjan]


Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) a officiellement lancé ses activités de vaccination pour l'année 2026, marquées par la récompense des districts sanitaires et la cérémonie du Big Catch-Up, présidée par le représentant du ministre de la Santé, de l'hygiène publique et de la couverture maladie universelle (MSHPCMU). Cette initiative a eu lieu dans le cadre d'une rencontre de redevabilité entre le ministère et les structures sanitaires de la capitale, visant à renforcer l'efficacité du programme de vaccination.

En collaboration avec ses partenaires, le ministère a fourni des équipements essentiels pour améliorer les conditions de vaccination. Parmi les dons, on compte 286 réfrigérateurs solaires pour la conservation des vaccins dans les zones non électrifiées, 165 kits incluant bâches, tables et chaises pour faciliter les séances de vaccination, ainsi que 226 balises sonorisées pour garantir une meilleure organisation des campagnes dans les zones difficiles d'accès. Ces équipements ont été officiellement remis aux 43 Formations sanitaires à base communautaire (FSUCOM) d'Abidjan, dans un effort pour consolider les résultats de l'année 2025 et entamer la nouvelle phase du programme "Big Catch-Up".

Le ministère a également honoré les établissements sanitaires et les parents qui ont respecté le protocole de vaccination. Après 24 mois d'exécution, 5 637 355 doses ont été administrées, représentant 63% de l'objectif initial, avec un stock résiduel de 3 247 745 doses. Afin d'optimiser l'impact de ces doses restantes et d'éviter leur réaffectation à la vaccination systématique, une prolongation exceptionnelle du programme a été décidée, couvrant la période du 1er février au 31 mars 2026. Cette initiative vise à garantir une couverture vaccinale complète et à renforcer la lutte contre les maladies évitables en Côte d'Ivoire.


K. S.