Le président de la République, Alassane Ouattara, a envoyé un signal de fermeté sur la gouvernance publique
Dans son message à la Nation pour le 66e anniversaire de l’Indépendance, Alassane Ouattara affiche sa fermeté contre les abus d’autorité, la corruption et les infractions assimilées, promettant sanctions et respect strict de l’État de droit.
ABIDJAN, 6 août 2026 (crocinfos) – Le président de la République, Alassane Ouattara, a envoyé un signal de fermeté sur la gouvernance publique. Dans son message à la Nation du jeudi 6 août 2026, à la veille du 66e anniversaire de l’Indépendance, le chef de l’État a insisté sur le respect de la loi et la responsabilité des acteurs agissant au nom de l’État.
Cette année, la célébration nationale se tient à Yopougon. Pour Alassane Ouattara, cette commune « incarne l’énergie de notre jeunesse, la diversité de notre peuple, le dynamisme et la vitalité de la Côte d’Ivoire moderne ».
Après Bouaké en 2025, le retour de la fête nationale à Abidjan traduit, selon lui, la volonté de faire du 7 août un moment de rassemblement entre les grandes villes et l’intérieur du pays.
Mais le passage le plus ferme de son allocution concerne la gouvernance et l’État de droit. Le président a évoqué les opérations de déguerpissement menées en dehors du cadre légal, notamment à Koumassi.
« Toutes les responsabilités seront établies et elles donneront lieu aux sanctions prévues par la loi », a-t-il averti.
Elle rappelle que l’exercice de l’autorité publique reste soumis à la légalité. Elle exclut, en principe, toute protection liée au statut, à la fonction ou à la proximité avec le pouvoir.
Le chef de l’État a ensuite posé une ligne rouge. « Personne ne peut agir au nom de l’État en dehors de l’État, sans en subir les conséquences », a-t-il déclaré.
Cette formule donne une portée politique et juridique particulière au message présidentiel. Elle rappelle que l’exercice de l’autorité publique reste soumis à la légalité. Elle exclut, en principe, toute protection liée au statut, à la fonction ou à la proximité avec le pouvoir.
Sans qualifier juridiquement l’affaire de Koumassi de corruption, Alassane Ouattara l’inscrit dans une logique plus large de lutte contre l’impunité et les infractions commises dans l’exercice ou sous couvert de l’autorité publique.
Le président a également rappelé trois exigences : « la protection des populations, le respect de la dignité humaine et l’application de la loi ».
Le message intervient alors que les opérations concernées font l’objet d’enquêtes approfondies. Le chef de l’État promet que les responsabilités seront individualisées. Les éventuelles sanctions devront donc relever des procédures prévues par la loi.
Dans le même discours, Alassane Ouattara a annoncé deux mesures de clémence. Un premier décret accorde la grâce présidentielle à 2 064 détenus. Un second prévoit une remise de peine pour 2 597 détenus dont le reliquat de peine est inférieur à 36 mois.
Au total, 4 661 détenus de droit commun, condamnés pour des infractions mineures, sont concernés.
Entre fermeté contre les violations de la loi et usage constitutionnel du droit de grâce, le président a voulu afficher une même ligne : l’autorité de l’État doit s’exercer dans le cadre du droit.
Koné Sériba