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C R O C I N F O S

[Rencontre importante pour l'avenir de l'UNJCI] Vers un Congrès apaisé

[Rencontre importante pour l'avenir de l'UNJCI] Vers un Congrès apaisé

Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement. Archives

La rencontre du 11 février 2026, initiée par le ministre Amadou Coulibaly, a permis d’apaiser les tensions avant le 12e Congrès de l’UNJCI, avec des propositions de report et un processus électoral plus consensuel.

Abidjan, le février 2026 (crocinfos)---Le 11 février 2026, une réunion importante s’est tenue au Cabinet du ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, pour tenter de calmer les tensions croissantes à l’approche du 12e Congrès ordinaire de l'Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), prévu initialement les 13 et 14 février 2026. Cette rencontre, organisée dans un climat tendu, visait à instaurer un dialogue entre les acteurs clés du secteur médiatique ivoirien et à trouver des solutions consensuelles avant le Congrès. Le directeur de la campagne de la liste “Nouvelle Vision pour l’UNJCI”, Félix Bony, a relayé les enjeux et la position de sa liste après cette rencontre.


Un contexte électoral fragile

Le processus électoral pour le renouvellement des instances de l'UNJCI a été marqué par des irrégularités et des tensions persistantes. Dès le 6 février 2026, la direction de la campagne de Marie Laure N’Goran, candidate à la présidence de l’UNJCI, a formulé une saisine demandant l’annulation de la liste électorale provisoire affichée le 2 février. En effet, des anomalies, telles que l’inclusion de noms non validés et le manque de transparence dans la constitution de la liste, ont conduit la liste “Nouvelle Vision pour l’UNJCI” à réclamer un comité paritaire pour élaborer une nouvelle liste consensuelle.

La situation s’est exacerbée le 10 février, avec une nouvelle saisine auprès du Conseil d’administration de l’UNJCI, où la Direction de campagne a pointé du doigt le biais présumé du Comité d’Organisation des élections, en particulier le rôle de son président, M. Kradjé Arsène, qui faisait partie des membres de la liste de l’un des candidats, Franck Ettien.


L'intervention du ministre Amadou Coulibaly

Pour tenter de désamorcer la crise, le ministre Amadou Coulibaly a convoqué, le 11 février, toutes les parties prenantes pour une réunion de conciliation. Cette rencontre a réuni, en plus du ministre et de son cabinet, des représentants du Conseil d’administration de l’UNJCI, de la CIJP, de l’ASDM, ainsi que les candidats des deux listes principales et les leaders d’un collectif demandant le respect des textes de l’Union.

Lors de la réunion, le ministre a présenté les griefs soulevés par les parties, notamment ceux du collectif pour la défense des textes de l’UNJCI, qui exigeait l’invalidation de la liste de Franck Ettien en raison de présomptions de fraude sur la carte de la CIJP. Le ministre a fermement condamné ces accusations et a insisté sur l'importance de respecter la régularité des documents officiels.


Le président du comité d'organisation démissionne

Une des issues majeures de cette rencontre a été la démission annoncée de M. Kradjé Arsène, président du Comité d'Organisation du Congrès. Face à ses propres aveux concernant son implication partisane dans le processus électoral, il a reconnu la nécessité de laisser place à un consensus plus large et à un climat apaisé. Cependant, le ministre a souligné qu’il ne s’agissait pas de sa responsabilité de se substituer aux instances de l'UNJCI, et a encouragé M. Kradjé à se tourner vers ces dernières pour traiter sa démission.


Les solutions en pistes

Au terme de quatre heures de débats, plusieurs solutions ont été mises en place pour apaiser la situation. Parmi elles, le report du Congrès afin de prendre en compte les griefs formulés et de permettre une réflexion approfondie sur l’organisation des élections. Un comité paritaire a été proposé pour refondre la liste électorale de manière consensuelle, et un nouveau calendrier sera établi après une réunion urgente du Conseil d'Administration et du Conseil exécutif de l’UNJCI.


La tension persistante et la position de la liste “nouvelle vision pour l’UNJCI”

Bien que la réunion ait permis des avancées, Félix Bony, directeur de campagne de la liste “Nouvelle Vision pour l’UNJCI”, a exprimé des préoccupations face aux accusations d’immixtion de la tutelle, formulées par certains proches de la liste concurrente. Certains ont dénoncé l’implication du ministre dans les affaires internes de l'UNJCI, ce qui, selon eux, pourrait nuire à l’indépendance du processus électoral.

La liste “Nouvelle Vision pour l’UNJCI” a insisté sur l’importance d’adopter un ton constructif et respectueux envers les autorités de tutelle et les autres parties prenantes. Elle appelle la communauté journalistique à privilégier l'unité et la confraternité, malgré les divergences politiques et électorales, afin de garantir le succès d’un Congrès apaisé, prévu pour les 20 et 21 février 2026.


Un congrès pour l’unité

En définitive, la situation demeure fragile mais des pas importants ont été faits pour éviter une crise majeure. Les prochaines semaines seront cruciales pour garantir que les élections de l’UNJCI se dérouleront dans la transparence et le respect des textes de l'Union. Si la direction du Ministère de la Communication et les acteurs concernés parviennent à un consensus sur la question de la liste électorale et des conditions de l’élection, le Congrès pourrait devenir un moment symbolique de renouveau pour l’UNJCI, portant haut les valeurs de solidarité et d’éthique journalistique. Le défi sera de parvenir à surmonter les divisions internes pour préserver la crédibilité et l'unité de l'Union, essentielle pour son rôle de défenseur des droits des journalistes en Côte d'Ivoire.


Charles Kpan