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La Fondation Akwaba Green Champion et le REJAIPCI ont organisé, lundi 2 novembre 2026 à Abidjan, une formation destinée aux journalistes pour renforcer leur compréhension des enjeux de l’efficacité énergétique en Côte d’Ivoire.
Abidjan, le 3 novembre 2026 (crocinfos.net) – La Fondation Akwaba Green Champion et le Réseau des journalistes pour l’accès à l’information publique en Côte d’Ivoire (REJAIPCI) ont organisé, ce lundi 2 novembre 2026, une session de formation consacrée à l’efficacité énergétique. Cette initiative, destinée aux journalistes de la première cohorte 2026-2027, s’est déroulée dans les locaux de la structure KoCam’bio, à Abidjan, avec pour objectif de renforcer les capacités des professionnels des médias sur les enjeux énergétiques et environnementaux.
Placée sous le thème « L’efficacité énergétique, une priorité nationale et un enjeu pour les médias », cette rencontre a réuni plusieurs experts autour des politiques publiques, des mécanismes de financement vert, de l’audit énergétique et du cadre juridique applicable en Côte d’Ivoire.
Premier intervenant, Gnigbognima Sikriki, directeur de la Maîtrise de l’énergie au ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a exposé les grandes orientations de l’État ivoirien en matière d’efficacité énergétique. Son intervention a mis en évidence quatre priorités majeures.
La première concerne la réduction de la consommation électrique des bâtiments publics. À ce niveau, la climatisation, l’isolation thermique et l’automatisation des équipements figurent parmi les principaux défis relevés par les audits énergétiques.
La deuxième priorité porte sur la sensibilisation des populations. Les campagnes de communication et l’éducation scolaire sont notamment présentées comme des leviers essentiels pour encourager durablement les économies d’énergie.
La troisième orientation vise à faciliter l’accès à l’énergie solaire. Les exonérations fiscales et l’agrément des professionnels constituent, à cet effet, des mesures destinées à réduire les coûts et à améliorer la qualité des installations.
Enfin, le gouvernement entend faire de l’énergie un moteur de création d’emplois. La certification professionnelle et la promotion du contenu local devraient contribuer à favoriser l’insertion des jeunes et le développement des entreprises ivoiriennes.
Abordant la question de l’étiquetage énergétique et de la sensibilisation, Gnigbognima Sikriki a annoncé la préparation d'une vaste campagne nationale de communication sur les économies d’énergie et l’étiquetage des équipements. Celle-ci devrait mobiliser plusieurs canaux, notamment la télévision, la radio, la presse écrite et l’affichage.
Il a également fait savoir qu’un plan pluriannuel de communication et de sensibilisation couvrant la période 2027-2031 a été élaboré et inscrit dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030.
L’intégration de l’efficacité énergétique dans les programmes scolaires constitue un autre axe de cette stratégie. « Nous travaillons également à l’introduction de modules sur l’efficacité énergétique dans les programmes scolaires. Nous savons que l’éducation et la sensibilisation doivent commencer dès le plus jeune âge », a-t-il expliqué.
À ce sujet, il a indiqué qu’une première séance de travail s’est déjà tenue avec le ministère de l’Éducation nationale. Un courrier a été adressé au ministre et des échanges ont également eu lieu avec la directrice de la pédagogie. Les travaux se poursuivent afin de permettre l’intégration progressive de ces notions dans les enseignements.
Le financement des projets d’efficacité énergétique a constitué le deuxième axe de la formation. Sur cette problématique, Pierre-Joseph Kingbo, expert en finance-climat, a développé le thème : « Efficacité énergétique en Côte d’Ivoire : qui finance, et comment ? ».
Selon lui, deux grandes catégories de mécanismes permettent de soutenir les initiatives dans ce domaine : les prêts verts proposés par les établissements bancaires et les financements issus des fonds climatiques internationaux, notamment le Fonds vert pour le climat.
S’agissant du dispositif SUNREF, financé par l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre des prêts verts, l’expert a indiqué que deux établissements bancaires présents en Côte d’Ivoire, NSIA Banque et la Société Générale Côte d’Ivoire (SGCI), peuvent être sollicités par les entreprises et les PME souhaitant financer leurs projets écologiques.
Quant aux fonds climatiques internationaux, notamment les fonds d’adaptation, ils sont accessibles aux États, aux administrations, aux banques de développement et, dans certains cas, aux acteurs du secteur privé.
Pour illustrer les possibilités offertes par ces mécanismes, Pierre-Joseph Kingbo a évoqué les financements mobilisés en faveur de la Côte d’Ivoire. « Le Fonds vert pour le climat a approuvé 18 projets liés à la Côte d’Ivoire, pour environ 190 millions de dollars, soit 106 milliards de FCFA, en avril 2026. Le programme LARACI sur l’agriculture résiliente, doté de 50 millions de dollars, a été approuvé en juillet 2026 », a-t-il annoncé.
Le troisième intervenant, Yao Hubert, ingénieur et auditeur énergétique agréé, par ailleurs directeur général d’Atewa Energy, a axé sa communication sur le thème : « Du kilowattheure au reportage : lire, mesurer et vérifier la performance énergétique ».
Son intervention a permis aux journalistes de mieux comprendre les différentes étapes d’un audit énergétique et les éléments techniques nécessaires à l’analyse de la consommation d’énergie.
Selon l’expert, cette démarche repose sur quatre principales étapes.
La première consiste à collecter les données disponibles, notamment les factures d’électricité couvrant une période de 12 à 36 mois, les plans des bâtiments, l’inventaire des équipements et les données relatives aux activités.
La deuxième étape porte sur les mesures effectuées sur le terrain. Elle comprend notamment l’évaluation de la puissance, des températures, des débits et la détection des éventuelles fuites.
La troisième phase concerne l’analyse des données recueillies afin de déterminer la consommation de référence, d’identifier les usages énergétiques significatifs et de repérer les possibilités d’économies.
Enfin, la quatrième étape consiste à formuler des recommandations à travers un plan d’actions chiffré, précisant les investissements nécessaires, les économies envisageables et les délais de retour sur investissement.
Cette approche technique vise notamment à permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les données énergétiques, de vérifier les performances annoncées et de produire des reportages plus rigoureux sur les questions liées à l’énergie.
Pour clôturer cette session, Oriane Tiecoura, représentante de la Fondation Akwaba Green Champion, a présenté le cadre juridique ainsi que les responsabilités des différents acteurs en matière d’efficacité énergétique.
Cette dernière intervention a permis de compléter les échanges en apportant un éclairage sur les dispositions réglementaires et les obligations liées à la maîtrise de la consommation énergétique.
À travers cette initiative, la Fondation Akwaba Green Champion et le REJAIPCI entendent renforcer le rôle des médias dans la vulgarisation des politiques énergétiques et la sensibilisation des populations aux bonnes pratiques.
À terme, le programme ambitionne de former 100 journalistes ivoiriens à l’efficacité énergétique. Un objectif qui traduit la volonté des initiateurs de faire des professionnels de l’information des relais essentiels dans la promotion de la sobriété énergétique et de la transition écologique en Côte d’Ivoire.
Médard KOFFI