À titre d'illustration. Ph.Dr
La RDC fait face à une nouvelle flambée du virus Ebola, touchant Ituri, Nord-Kivu et maintenant le Sud-Kivu, avec un premier décès confirmé à Bukavu. Le pays appelle la communauté internationale à une aide urgente.
Abidjan, le 21 mai 2026 (crocinfos)— La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une nouvelle flambée du virus Ebola, principalement localisée dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, avec l’apparition d’un premier cas confirmé dans le Sud-Kivu. Les autorités congolaises et les acteurs humanitaires appellent la communauté internationale à se mobiliser afin de contenir la propagation de ce virus potentiellement mortel.
Le foyer initial de l’épidémie reste concentré dans la province de l’Ituri, située au Nord-Est du pays, une région déjà marquée par l’insécurité et l’instabilité, rendant l’accès aux populations affectées particulièrement difficile. Des cas ont également été détectés dans le Nord-Kivu, province voisine à l’Est, traversée par des lignes de front opposant les forces gouvernementales aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par Kigali. Les zones contrôlées par le M23 compliquent considérablement l’intervention des équipes sanitaires et humanitaires.
Jeudi 21 mai 2026, un porte-parole du M23 a confirmé par communiqué la détection d’un premier cas de transmission d’Ebola dans le Sud-Kivu. Le diagnostic a été établi à Bukavu, chef-lieu de la province tombé sous le contrôle du mouvement rebelle en février 2025. La victime, un homme de 28 ans originaire de Kisangani, dans la province de la Tshopo, est décédée avant la confirmation officielle du test. Ce cas marque une étape critique, illustrant l’extension géographique du virus vers des zones jusque-là épargnées.
Au cours des cinquante dernières années, cette maladie a fait plus de 15 000 victimes en Afrique. À ce jour, aucun vaccin ni traitement homologué n’existe pour cette souche particulière, limitant les options thérapeutiques à la prise en charge symptomatique et à l’isolement des patients.
L’épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, connue pour provoquer une fièvre hémorragique sévère. Bien que moins contagieuse que le virus de la rougeole ou celui du Covid-19, Ebola demeure extrêmement meurtrier. Au cours des cinquante dernières années, cette maladie a fait plus de 15 000 victimes en Afrique. À ce jour, aucun vaccin ni traitement homologué n’existe pour cette souche particulière, limitant les options thérapeutiques à la prise en charge symptomatique et à l’isolement des patients.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évalué mercredi que le risque épidémique en RDC demeure « élevé » pour l’Afrique centrale, tout en étant « faible » au niveau mondial. Face à cette situation, plusieurs initiatives diplomatiques et sanitaires ont été affectées. L’Inde et l’Union africaine ont annoncé le report du quatrième sommet du Forum Inde-Afrique, initialement prévu du 28 au 31 mai à New Delhi, soulignant la nécessité de prendre en compte la sécurité sanitaire sur le continent.
Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent coupées par les lignes de front entre les forces gouvernementales et le M23. Depuis sa résurgence en 2021, le mouvement rebelle s’est emparé de vastes territoires, compliquant la circulation des équipes médicales, la distribution des équipements de protection individuelle et l’acheminement des médicaments essentiels. Les autorités congolaises n’ont pas encore publié de déclaration officielle sur le cas de Bukavu, mais des sources locales confirment une intensification des mesures de surveillance et de confinement.
Face à ce contexte, le gouvernement congolais, en coordination avec l’OMS et les ONG internationales, a lancé un appel urgent à l’aide humanitaire et médicale. Des équipes spécialisées sont mobilisées pour mener des campagnes de sensibilisation, assurer l’isolement des malades et renforcer les pratiques d’hygiène dans les villages affectés. Le virus Ebola, propagé par contact direct avec les fluides corporels des malades ou des défunts, nécessite une réponse rapide pour éviter une diffusion exponentielle, notamment dans les camps de personnes déplacées et les zones rurales isolées.
Les experts sanitaires insistent sur l’importance d’un effort international coordonné. La mise à disposition de vaccins expérimentaux, de kits de diagnostic rapide, de personnel médical formé et de moyens logistiques adaptés est cruciale pour contenir la flambée. Par ailleurs, la sensibilisation des populations locales sur les signes précoces de la maladie et le respect strict des protocoles sanitaires constituent des mesures complémentaires indispensables.
Cette nouvelle épidémie met en lumière la fragilité structurelle des systèmes de santé dans l’Est de la RDC, où la violence armée, les déplacements forcés et l’insuffisance des infrastructures sanitaires aggravent la vulnérabilité des populations. Les appels à la solidarité internationale se multiplient, alors que le pays tente de limiter les pertes humaines et d’empêcher la propagation du virus vers d’autres provinces ou vers les pays voisins.
Avec la confirmation du cas à Bukavu, la RDC se retrouve à un tournant sanitaire critique. Les autorités locales et les acteurs humanitaires doivent agir rapidement et en coordination avec la communauté internationale pour prévenir une crise sanitaire majeure, dans un contexte sécuritaire particulièrement complexe. L’issue de cette épidémie dépendra autant de la mobilisation internationale que de la capacité du pays à gérer l’accès aux zones sous contrôle rebelle et à protéger ses populations les plus exposées.
Athanase Kangah
[Une 17ᵉ flambée de choléra frappe l’Ituri et le Nord-Kivu]
Kinshasa, 21 mai 2026 — La République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17ᵉ flambée de choléra depuis le début de l’année, principalement localisée dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, des zones difficiles d’accès et marquées par une insécurité persistante.
Selon les autorités sanitaires nationales, la progression de l’épidémie a été accélérée par des conditions de vie précaires, l’absence d’eau potable dans plusieurs localités et la difficulté d’acheminer l’aide humanitaire vers les territoires affectés. Des foyers ont été recensés notamment dans les territoires d’Irumu et de Beni, où les populations vivent souvent dans des camps temporaires pour personnes déplacées.
Le ministère de la Santé publique a confirmé que plusieurs équipes d’intervention d’urgence, comprenant des médecins et des agents de prévention, ont été dépêchées sur le terrain. L’objectif est de procéder à des campagnes de sensibilisation, à la distribution de kits d’hygiène et à l’administration rapide de traitements antibiotiques aux patients infectés. Toutefois, la sécurité reste un obstacle majeur, avec des attaques sporadiques de groupes armés qui compliquent la logistique et le suivi des cas.
Le choléra, maladie diarrhéique aiguë causée par la bactérie Vibrio cholerae, se propage rapidement dans les zones où l’assainissement est insuffisant. Les symptômes incluent diarrhées sévères et déshydratation, pouvant entraîner la mort si le traitement médical n’est pas immédiat. Les experts alertent sur le risque d’une propagation plus large si les interventions humanitaires sont retardées.
Les autorités sanitaires ont appelé la population à observer strictement les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains et le traitement de l’eau avant consommation. Elles insistent également sur l’importance de consulter rapidement les centres de santé dès l’apparition des premiers signes de la maladie.
Cette nouvelle flambée rappelle la vulnérabilité chronique des provinces orientales de la RDC aux épidémies, exacerbée par l’insécurité, le déplacement des populations et le déficit d’infrastructures sanitaires. Les organisations humanitaires internationales, en coordination avec le gouvernement congolais, suivent de près l’évolution de la situation afin de limiter le nombre de victimes et de prévenir une propagation plus étendue à d’autres provinces.
Athanase K.