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C R O C I N F O S

[Félix Houphouët-Boigny] Babily Dembélé analyse le « miracle ivoirien », la paix et la cohésion nationale

[Félix Houphouët-Boigny] Babily Dembélé analyse le « miracle ivoirien », la paix et la cohésion nationale

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Dans cette deuxième partie de son témoignage, Babily Dembélé revisite l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, entre miracle ivoirien, formation des cadres, infrastructures, culture, religion, paix et cohésion nationale, sans éluder les contradictions de cette époque.

Abidjan, le 4 septembre 2026 (crocinfos.net) – Dans cette deuxième partie de son témoignage, Babily Dembélé aborde plusieurs aspects majeurs de l’héritage de Félix Houphouët-Boigny : le « miracle ivoirien », l’éducation et la formation des cadres, son propre parcours académique et professionnel, de Paris au Caire puis à la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que la place de la culture, de la religion et de la cohésion nationale dans la construction de la Côte d’Ivoire.

Sur le plan économique, il a évoqué une période de transformation spectaculaire, portée par le développement du cacao et du café, l’arrivée des investissements privés et étrangers, la construction d’infrastructures et l’essor industriel. Cette dynamique, communément appelée le « miracle ivoirien », a permis au pays de moderniser ses villes, ses réseaux de transport, son agriculture et son tissu industriel, faisant de la Côte d’Ivoire l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.

Mais ce modèle a montré ses fragilités dans les années 1980, lorsque la chute des cours des matières premières, notamment du cacao et du café, l’endettement et les déséquilibres économiques ont plongé le pays dans une profonde crise.

Babily Dembélé a également souligné que la construction nationale ne s’est pas limitée aux performances économiques. Elle s’est aussi appuyée sur l’éducation, la formation et la promotion du mérite. Il a ainsi rappelé qu’il a été lauréat en mathématiques en 1978-1979, avant de rencontrer Félix Houphouët-Boigny le 21 juillet 1979, en présence de sa mère et de son oncle.

Selon son témoignage, cette rencontre a constitué un tournant décisif dans son existence. Il a présenté le premier président ivoirien comme celui qui l’a encouragé à poursuivre ses études et qui a accompagné son ascension académique et sociale.

Son parcours l’a ensuite conduit à l’international. À Paris, il a poursuivi des études à l’Académie des Sciences dans les domaines de l’architecture, de la construction et de l’aménagement. Il s’est ensuite rendu au Caire, en Égypte, où il a poursuivi une formation consacrée à l’anthropologie et aux cultures ancestrales africaines.

Il a par la suite exercé comme expert dans le domaine des infrastructures à la Banque africaine de développement. À travers cet itinéraire, il a mis en avant une conception du développement fondée sur le mérite, la connaissance, la formation des cadres et la maîtrise des compétences nécessaires à la transformation de l’Afrique.

Son témoignage a également accordé une place importante à la culture, à la religion et à la cohésion nationale. Babily Dembélé a associé l’action de Félix Houphouët-Boigny à une conception plurielle de la nation ivoirienne, fondée sur la coexistence des communautés, l’ouverture aux populations venues des pays voisins et le dialogue entre les différentes composantes de la société.

Il a particulièrement insisté sur les dimensions religieuse et culturelle de cet héritage, qu’il a liées à la tolérance et à la coexistence pacifique.

Yamoussoukro, devenue capitale politique et administrative en 1983, a constitué l’un des symboles les plus forts de cette ambition. Les grands projets qui y ont été réalisés, notamment la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix et la Basilique Notre-Dame de la Paix, ont traduit la volonté de donner à la Côte d’Ivoire une visibilité internationale et de faire de la paix un élément central de son identité.

Parmi les souvenirs les plus marquants de son témoignage, Babily Dembélé a évoqué une rencontre qu’il a située en France, en avril 1992, alors que Félix Houphouët-Boigny était malade.

Il a rapporté que le président s’est alors préoccupé de l’avenir du pays et a souhaité voir la Côte d’Ivoire rester unie après sa disparition. Pour Babily Dembélé, ce souvenir a résumé l’un des messages humains les plus forts laissés par le « Vieux » : la paix n’est jamais définitivement acquise et la préservation de l’unité nationale demeure une responsabilité collective.

À travers cette lecture de l’histoire, Babily Dembélé a dressé le portrait d’une époque à la fois riche en réalisations et marquée par des contradictions. Il a reconnu les avancées enregistrées sous Félix Houphouët-Boigny dans la construction de l’État, le développement des infrastructures, la croissance économique, la formation des cadres et la stabilité du pays.

Il a toutefois rappelé que cette période a également été marquée par une forte concentration du pouvoir, le parti unique et une grave crise économique dans les années 1980.

Au-delà des réalisations matérielles et des indicateurs économiques, Babily Dembélé a surtout retenu une philosophie politique fondée sur la paix, le dialogue, le pardon, le mérite, la formation et la cohésion nationale.

Son propre parcours, de sa distinction en mathématiques à ses études à Paris et au Caire, puis à son expérience professionnelle à la BAD, lui a ainsi permis d’illustrer ce qu’il a considéré comme l’importance de la formation et de la promotion des compétences.

En revisitant la gouvernance de Félix Houphouët-Boigny, Babily Dembélé a donc livré une lecture d’une page majeure de l’histoire ivoirienne, avec ses réussites comme ses contradictions, ses lumières comme ses ombres.

De cette mémoire, il a surtout retenu une conviction : la solidité d’un État ne repose pas uniquement sur ses infrastructures et sa puissance économique. Elle dépend également de sa capacité à former sa jeunesse, à préserver la paix, à respecter la diversité et à maintenir le dialogue au service de l’unité nationale.

Une contribution de Babily Dembélé, président de l’Alliance pour la République (APR).