Simplice Dé Messé Zinsou
Dans une interview exclusive à Global Africa Telesud, Simplice Dé Messé Zinsou revient sur son parcours à l'Africa Sports d'Abidjan, ses défis de dirigeant et ses regrets, tout en évoquant l’avenir du football ivoirien.
Abidjan, le 3 janvier 2026 (crocinfos)---Dans une interview récemment accordée à Global Africa Telesud, Simplice Dé Messé Zinsou, figure emblématique du football ivoirien, revient sur son expérience avec l'Africa Sports d'Abidjan, son club de cœur. Un entretien où l’ancien dirigeant du club partage ses réflexions sur son parcours, ses réalisations et les obstacles qu'il a rencontrés.
Simplice Dé Messé Zinsou évoque d'abord la situation de l'Africa Sports et la difficulté de maintenir un engagement constant envers le club : « Bon, j'ai vu qu'à l'Africa aussi c'était compliqué. J'ai dit : 'Bon mon petit, tu as donné au football, maintenant l'Africa, on va en parler.' » Il poursuit en affirmant qu'il avait pris la décision de ne plus aborder le sujet de son passé à l'Africa Sports, mais qu'il se sentait dans l’obligation de répondre à la demande des médias : « On va en parler quand bien même j'ai pris la décision de ne plus en parler, mais je vois que vous insistez beaucoup. »
Pour Zinsou, l’Africa Sports représente une page désormais fermée. Il précise néanmoins qu'il aborde ce sujet avec sérénité, sans passion ni aigreur, soulignant que son engagement dans ce club appartient désormais au passé : « Mais pour moi, c'est fini. Je ne reviendrai plus dans cette affaire. » Cependant, l'entretien révèle des regrets, notamment en ce qui concerne la gestion du club : « J’ai dû me battre à l’intérieur contre tous ces déstabilisateurs qui m’ont poussé à abandonner le club. » Il reconnaît avoir rassemblé autour de lui de jeunes cadres passionnés, mais il n’avait pas imaginé que ces derniers se révéleraient être des obstacles à son projet de développement du club.
Zinsou ne manque pas de comparer son expérience à celle de l’ASEC d'Abidjan, qu'il considère comme un modèle de pérennité et de réussite. Le club rival a su créer un centre de formation de qualité, formant des joueurs qui ont ensuite été vendus à des clubs européens. « Ça, c'est l'exemple à suivre. Mais moi, je n’ai pas pu le faire à l'Africa », admet-il, soulignant les différences dans les stratégies de gestion des deux clubs.
Il évoque également les difficultés de développer un club de football dans un contexte aussi complexe que celui de l’Africa Sports : « Je devais développer le club, mais en même temps, je devais me battre à l’intérieur contre des forces déstabilisatrices. » Ces obstacles internes, selon Zinsou, ont contribué à son départ, bien qu'il reste nostalgique de l'époque où il avait l’opportunité de travailler avec des joueurs de talent, notamment en recrutant des stars du football africain.
Son réseau de recrutement s’étendait au-delà des frontières ivoiriennes. Le Nigeria, avec ses nombreux talents, a été une source inestimable de joueurs pour l’Africa. Zinsou se souvient de certains grands noms comme Rachid Yekini et Thomson Olia, qui ont marqué l’histoire du club. Il n’hésitait pas à se déplacer pour observer des matchs de football à Abidjan ou à l'étranger, repérant des talents prometteurs. Une anecdote marquante de son parcours fut sa rencontre avec l’équipe de Power Dynamo du Mozambique, qu’il qualifie de « plus beau côté gauche du football africain ». Après avoir repéré deux joueurs exceptionnels lors d’un tournoi à Abidjan, Zinsou a négocié leur transfert vers l’Africa Sport, des recrutements qui, selon lui, ont marqué sa carrière de dirigeant.
Au-delà de l'évocation de son passé, Zinsou conclut l’entretien en évoquant l'avenir et les leçons qu'il tire de ses expériences. Si l'Africa Sports ne représente plus pour lui qu'une page tournée, il garde l'espoir de voir d'autres dirigeants ivoiriens prendre les rênes du football avec la même passion et le même engagement, dans l'objectif de faire grandir le sport en Côte d'Ivoire et sur le continent.
Ainsi, l'interview de Simplice Dé Messé Zinsou, tout en étant une réflexion sur son passé, révèle également une prise de position sur l’avenir du football ivoirien, un secteur qu’il espère voir se structurer et se professionnaliser davantage.
Charles Kpan