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C R O C I N F O S

[Affaire Franck Ettien] Pourquoi le mutisme du président du Conseil régional ?

[Affaire Franck Ettien] Pourquoi le mutisme du président du Conseil régional ?

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Au Gboklè, la démission annoncée de Franck Ettien de son poste de Directeur de Cabinet soulève une vive controverse. Salaires perçus et activités officielles maintenues : le silence du président Kébé Mamadou alimente soupçons et interrogations persistantes.

Abidjan, le 1er mars 2026 (crocinfos.net) — Au Gboklè, la démission proclamée de Franck Ettien, Directeur de Cabinet, soulève des doutes. Salaire perçu et fonctions exercées : le silence du président Kébé Mamadou interroge sur une possible irrégularité administrative.

Au sein du Conseil régional du Gboklè, l’affaire fait désormais grand bruit. Franck Ettien, Directeur de Cabinet du président Kébé Mamadou, affirme avoir démissionné de ses fonctions en avril 2025 afin de se consacrer pleinement au congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

Mais derrière cette déclaration, les faits observés sur le terrain racontent une tout autre histoire.

Une démission aux contours flous

Selon des sources internes concordantes, Franck Ettien aurait continué à percevoir l’intégralité de son salaire de Directeur de Cabinet jusqu’en décembre 2025. Une situation qui pose une question simple mais fondamentale : comment un agent ayant officiellement quitté ses fonctions peut-il demeurer sur les états de paiement pendant plusieurs mois ?

À ce jour, aucune notification administrative formelle de cette démission n’aurait été produite ou transmise aux services compétents. Or, dans une collectivité territoriale, toute cessation de fonction obéit à un formalisme strict. L’absence de traçabilité officielle fragilise la thèse d’un départ effectif.

Une présence toujours active

Plus troublant encore, le « démissionnaire » présumé a été aperçu lors de cérémonies officielles, représentant le président du Conseil régional. Il aurait également pris part à la dernière session de l’institution.

Ces éléments factuels rendent difficilement soutenable l’argument d’un retrait effectif. Aux yeux de nombreux observateurs, l’incompatibilité entre la démission proclamée et l’exercice continu des fonctions interroge sur la régularité administrative de la situation.

Le silence du président, au cœur des interrogations

Dans cette affaire, un acteur central demeure silencieux : le président Kébé Mamadou.

En sa qualité d’ordonnateur principal du budget régional, il ne peut ignorer la situation administrative et financière de son plus proche collaborateur. Dès lors, son absence de prise de parole publique suscite de nombreuses interrogations.

Pourquoi aucune clarification officielle n’a-t-elle été apportée ?

Sur quelle base légale les paiements auraient-ils été autorisés ?

Existe-t-il une décision écrite encadrant cette situation hybride ?

En administration publique, le silence face à une possible irrégularité peut être interprété comme une forme de validation tacite. Sans préjuger d’une quelconque infraction, cette absence d’explication nourrit un climat de suspicion.

*Enjeu de gouvernance et crédibilité institutionnelle*

Au-delà des considérations individuelles, c’est l’image même du Conseil régional du Gboklè qui se retrouve exposée. Dans une région confrontée à d’importants défis de développement, la rigueur dans la gestion des ressources publiques demeure un impératif.

Si la démission a été effective, il revient à l’institution d’en apporter la preuve formelle. Si tel n’est pas le cas, la situation pourrait relever d’un dysfonctionnement administratif aux conséquences potentiellement graves.

Pour l’heure, ni Franck Ettien ni le président Kébé Mamadou n’ont officiellement éclairé l’opinion sur les zones d’ombre de ce dossier.

Une chose est certaine : tant que persistera ce mutisme, le doute continuera d’éroder la confiance des administrés. Et dans les affaires publiques, le silence est parfois plus accusateur que les mots.

*Médard K.*