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Après avoir mobilisé plus de 214 000 milliards de FCFA en moins de vingt ans, la Côte d’Ivoire doit convertir ses investissements en héritage durable, fondé sur la gouvernance, la justice et la prospérité partagée.
Plus de 214 000 milliards FCFA mobilisés en moins de vingt ans, le véritable défi est désormais celui de l’héritage
Lorsqu’une nation mobilise plus de 214 000 milliards de francs CFA en moins de vingt ans pour accélérer son développement, elle ne réalise pas seulement un effort budgétaire exceptionnel. Elle engage sa responsabilité devant l’Histoire. Car les peuples ne sont jamais jugés à la hauteur des ressources qu’ils mobilisent, mais à la qualité de l’héritage qu’ils transmettent.
Du premier au quatrième Plan National de Développement, la Côte d’Ivoire a choisi l’ambition. Sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, notre pays a retrouvé la croissance, renforcé ses infrastructures et amélioré l’accès à l’électricité, aux routes, aux écoles et aux établissements de santé. Ces progrès sont réels et méritent d’être reconnus.
Mais une grande nation ne s’arrête jamais à l’autosatisfaction. Le développement ne se mesure pas uniquement au volume des investissements. Il se mesure surtout à leur capacité à transformer durablement la vie des citoyens.
Le temps des grands investissements doit désormais s’accompagner du temps de l’évaluation. Une Nation qui aspire à la grandeur ne craint jamais de mesurer ses résultats. Au contraire, elle les examine pour mieux préparer l’avenir.
Quatre interrogations majeures s’imposent aujourd’hui
La première concerne le coût réel de notre ambition. Quel sera l’impact des intérêts de la dette sur les générations actuelles et futures ? Chaque emprunt doit produire davantage de richesses qu’il ne coûte et contribuer à renforcer durablement la souveraineté économique du pays.
La deuxième porte sur l’efficacité des investissements réalisés. Quels sont, de manière transparente, les résultats obtenus pour chaque franc investi ? Quel est le taux réel d’exécution des projets annoncés ? Quel est le calendrier de remboursement des emprunts contractés ? Les citoyens sont en droit de connaître les effets concrets des ressources mobilisées. La transparence demeure le socle de la confiance entre l’État et la Nation.
La troisième interrogation nous projette vers l’avenir. Quels sont les axes prioritaires qui permettront de consolider les acquis obtenus ? L’industrialisation, la transformation locale de nos matières premières, la qualité de l’éducation, l’innovation, l’emploi des jeunes, le renforcement du système de santé, la compétitivité économique et la modernisation des institutions devront constituer les nouveaux moteurs de notre développement.
Enfin, la quatrième interrogation touche à la force morale de la République. Comment renforcer plus efficacement la lutte contre la corruption, le trafic de drogue, la délinquance et toutes les formes de dérives qui fragilisent notre jeunesse ? Comment faire progresser le civisme, le sens de l’État, la responsabilité individuelle et l’exemplarité publique ? Car aucune infrastructure, aussi moderne soit-elle, ne remplacera jamais les valeurs qui fondent une Nation forte.
Le véritable patriotisme consiste à construire aujourd’hui sans compromettre demain. Nous ne pouvons léguer à nos enfants des infrastructures modernes accompagnées d’un fardeau financier insoutenable. Nous devons leur transmettre une République plus solide, une économie plus compétitive et des institutions plus fortes.
La Côte d’Ivoire possède tous les atouts pour réussir cette nouvelle étape. Encore faut-il que l’investissement matériel s’accompagne d’un investissement moral. Aucun ouvrage d’art ne remplacera jamais l’intégrité, le sens de l’État, la discipline collective et le civisme.
L’avenir de notre pays dépendra moins du nombre de milliards mobilisés que de notre capacité à les transformer en prospérité partagée, en justice sociale et en opportunités pour la jeunesse.
Les milliards bâtissent des infrastructures. Seules la bonne gouvernance, la justice et le travail bâtissent une Nation durable.
L’Histoire ne demandera jamais combien de milliards nous avons mobilisés. Elle demandera simplement ce que nous avons laissé à nos enfants. Une dette ou une destinée.
Les plans de développement s’achèvent. Les gouvernements se succèdent. Les chiffres s’effacent avec le temps.
Mais l’Histoire retient toujours les peuples qui ont su transformer leurs ressources en prospérité, leur prospérité en justice, leur justice en fraternité et leur fraternité en civilisation.
C’est à cette responsabilité que la Côte d’Ivoire est désormais appelée.
Fait à Abidjan, le 12 juillet 2026
Yaya Fofana
Président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)