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C R O C I N F O S

[Kalieh Festival 2026 à Dianra] Faraba célèbre la culture nigbi entre danses et site sacré

[Kalieh Festival 2026 à Dianra] Faraba célèbre la culture nigbi entre danses et site sacré

La danse de moussobalabê

À Faraba, dans le département de Dianra, la deuxième journée du Kalieh Festival 2026 a offert une immersion culturelle, entre danses traditionnelles nigbi et découverte d’un site sacré au cœur d’une forêt classée.

Abidjan, le 27 mars 2026 (crocinfos.net) – À Faraba, la deuxième journée du Kalieh Festival 2026 a mis en lumière les danses traditionnelles nigbi et la richesse culturelle de Dianra, à travers notamment la découverte d’un site sacré situé en forêt classée.

Après une ouverture officielle haute en couleurs, organisée la veille à Gbatosso, cette étape a conduit une importante délégation composée de festivaliers, d’enseignants-chercheurs, de journalistes, d’étudiants et d’acteurs culturels, sous la houlette du commissaire général, le professeur Nanourougo Coulibaly, à Faraba, localité de la sous-préfecture de Dianra, ce vendredi 27 mars 2026, pour une immersion au cœur des traditions nigbi et la visite d’un site sacré en forêt classée.

Le Djembé

Placée sous le signe de la découverte et de la valorisation du patrimoine, cette journée baptisée « Yé-Kadjo » a offert au peuple Nigbi l’occasion d’exprimer toute la richesse de son héritage culturel. Sous l’autorité du chef de canton, Sa Majesté Mamadou Bamba, les populations locales ont proposé une succession de prestations artistiques, témoignant d’un savoir-faire ancestral solidement préservé.

Au cœur de cette célébration, les danses traditionnelles ont occupé une place centrale. La danse Yaha, exécutée par les femmes lors des cérémonies d’accueil, de mariage ou des travaux champêtres, a ouvert les festivités. Elle a été suivie par d’autres expressions culturelles, notamment le Kroubi, le Moussobabê et le Gbéfé, chacune porteuse de significations sociales et historiques profondes.

Le Kroubi

Au-delà des prestations artistiques, la journée a été marquée par une immersion singulière avec la visite du site sacré « Gnôrô », niché au cœur de la forêt classée de Foumbou. Ce lieu, hautement symbolique, illustre le lien étroit entre spiritualité, nature et traditions dans cette région du Béré.

Revenant sur cette double expérience, le commissaire général du festival, le professeur Nanourougo Coulibaly, a souligné sa portée pédagogique et culturelle. Selon lui, la découverte de la montagne sacrée, entourée d’une vaste forêt classée, contribue à déconstruire les idées reçues présentant le nord de la Côte d’Ivoire comme une zone aride. « Ce fut une expérience enrichissante, riche en découvertes et en émotions », a-t-il confié.À l’en croire, cet après-midi consacré aux danses a révélé une autre dimension du patrimoine nigbi. En effet, bien que portées par des femmes, ces danses s’inspirent de rites guerriers et célèbrent le retour des combattants après les affrontements. Elles traduisent à la fois la joie des retrouvailles et la mémoire collective, dans une tradition où l’annonce des pertes intervient au retour, marquant ainsi le début du deuil.

Cette immersion culturelle intense a laissé les participants à la fois émerveillés et éprouvés, preuve de la richesse et de l’authenticité de l’expérience proposée par le Kalieh Festival.

La danse de la communauté sénoufo vivant à Faraba

La cérémonie a également enregistré la présence de Gnangadjomon Koné, député de la circonscription de Dianra, venu témoigner son soutien à cette initiative qui valorise le patrimoine local et renforce l’attractivité culturelle de la région du Béré.

À travers cette étape à Faraba, le Kalieh Festival confirme son ambition de promouvoir les identités culturelles locales tout en favorisant la transmission intergénérationnelle et le tourisme culturel en Côte d’Ivoire.Médard KOFFI, envoyé spécial à Dianra