La couverture de l'oeuvre
Après DJASSA, La Civilisation de la fraternité, Yaya Fofana dévoile TOGODA, Là où la terre devient mémoire, un roman historique consacré aux migrations, aux héritages et aux liens humains ayant façonné les peuples d’Afrique de l’Ouest.
Du Djassa à Togoda, c’est une même quête qui se poursuit : comprendre comment les peuples, à travers les migrations, les échanges et les transmissions, ont construit des histoires communes bien avant l’existence des frontières modernes.
Après DJASSA, La Civilisation de la fraternité, l’écrivain Yaya Fofana propose avec TOGODA, Là où la terre devient mémoire une réflexion littéraire sur la mémoire collective, l’enracinement et la manière dont les générations héritent des parcours de leurs ancêtres.
L’œuvre s’inscrit dans une lecture historique de l’Afrique de l’Ouest comme un espace de circulation permanente. Depuis plusieurs siècles, les routes commerciales, les déplacements de populations et les alliances entre communautés ont façonné des sociétés profondément interconnectées.
Les peuples ne se sont pas construits uniquement à partir de territoires délimités. Ils se sont également constitués par les rencontres, les influences réciproques, les échanges culturels et les solidarités développées au fil du temps.
Le Djassa représente cette dynamique de rencontre. Ces espaces d’échanges ne servaient pas seulement au commerce des marchandises. Ils étaient aussi des lieux de transmission des savoirs, des langues, des traditions et des expériences humaines.
Dans cette histoire figurent notamment les communautés marchandes dioula, dont les réseaux commerciaux ont contribué pendant des siècles au rapprochement entre les zones sahéliennes et forestières d’Afrique de l’Ouest.
Le Djassa raconte les chemins empruntés par les hommes et les femmes. Togoda raconte ce que ces chemins deviennent lorsqu’ils s’inscrivent durablement dans une terre, une famille et une mémoire.
À travers plusieurs générations, TOGODA explore la naissance d’un village, les liens sociaux qui s’y développent et les transformations provoquées par les grands bouleversements historiques. Depuis la fin du XIXᵉ siècle, les migrations, les installations familiales, les activités agricoles et commerciales ont façonné une identité collective.
Puis viennent les périodes coloniales, les nouvelles administrations, les frontières politiques et l’émergence des États indépendants. Les territoires changent de statut, mais les relations humaines construites avant ces transformations continuent d’exister.
La mémoire comme héritage et responsabilité collective
La force de TOGODA réside dans cette idée essentielle : l’histoire des peuples ne peut être réduite aux frontières administratives actuelles.
Comprendre une communauté, c’est aussi comprendre les chemins qui l’ont façonnée. Les identités africaines sont le résultat de multiples interactions : déplacements, mariages, voisinages, alliances, conflits dépassés et expériences partagées.
À travers le « Cahier du Togoda », symbole de transmission, l’auteur rappelle l’importance de préserver la mémoire sans en faire un instrument de division. La connaissance du passé doit permettre de mieux comprendre le présent et de préparer l’avenir.
Car une société qui oublie les parcours de ses anciens risques de considérer comme étrangers ceux qui furent autrefois des partenaires, des voisins ou des compagnons de route.
DJASSA, La Civilisation de la fraternité interrogeait la rencontre entre les peuples et la naissance d’espaces de coexistence. TOGODA, Là où la terre devient mémoire approfondit cette réflexion en montrant comment ces rencontres deviennent un héritage transmis aux générations suivantes.
Le premier raconte les chemins qui rapprochent. Le second raconte la terre où ces chemins prennent racine.
À travers cette œuvre historique et initiatique, Yaya Fofana rappelle une vérité fondamentale : nous ne sommes pas seulement les héritiers d’un territoire. Nous sommes aussi les héritiers des parcours humains qui ont conduit nos ancêtres les uns vers les autres.
TOGODA, Là où la terre devient mémoire apparaît ainsi comme une invitation à regarder l’histoire non comme une source de séparation, mais comme un patrimoine commun à préserver.
Du Djassa à Togoda, des routes à la terre, des peuples aux générations, une même conviction demeure : la mémoire doit éclairer nos origines tout en nous aidant à construire un avenir partagé.
Anne Konan